Alors que l’incidence globale du cancer gastrique recule, celle des formes précoces ne cesse d’augmenter, notamment chez les diabétiques. Le lien entre le diabète, dont la prévalence augmente chez les jeunes, et le cancer gastrique précoce demeurait toutefois mal caractérisé.Cette vaste étude de cohorte nationale rétrospective a évalué, d’une part, l’association entre le statut glycémique (normoglycémie, intolérance au glucose, diabète) et le risque de cancer gastrique précoce et, d’autre part, l’impact des facteurs de risque modifiables (tabagisme et consommation d’alcool) selon le statut glycémique. Elle se fonde sur les données de santé de 2 439 112 patients de 20 à 49 ans (âge moyen : 37,68 ans), sans antécédent de cancer, issus du système national de santé sud-coréen, suivis de 2012 à 2022.Le critère de jugement principal était la survenue d’un cancer gastrique précoce confirmé. L’exposition principale était le statut glycémique, évalué selon la glycémie à jeun et classé en trois catégories : normoglycémie (glycémie  100 mg/dL), intolérance au glucose (glycémie = 100 à 125 mg/dL) et diabète (glycémie ≥ 126 mg/dL ou prise d’un traitement antidiabétique), avec une stratification supplémentaire selon la durée du diabète (plus ou moins de cinq ans).Les résultats révèlent une association entre statut glycémique et risque de cancer gastrique précoce. Sur un suivi cumulé de 17,9 millions de personnes-années, l’incidence du cancer gastrique précoce s’élevait à 0,2461 cas pour 1 000 personnes-années, soit 4 400 cas identifiés dans la cohorte.L’analyse stratifiée a révélé une augmentation progressive du risque en fonction de la sévérité du déséquilibre métabolique, avec une incidence de 0,23/1 000 chez les sujets normoglycémiques et de 0,30/1 000 en cas d’intolérance au glucose. Chez les patients nouvellement diagnostiqués pour un diabète, l’incidence atteignait 0,41/1 000. Ce risque augmentait avec la durée du diabète, atteignant 0,51/1 000 pour une durée inférieure à cinq ans et 0,62/1 000 au-delà.Enfin, une relation dose-effet linéaire a été confirmée entre la glycémie à jeun et le risque de cancer gastrique précoce, sans seuil apparent.Les résultats montrent également que le tabagisme actif et la consommation d’alcool augmentent le risque de cancer gastrique précoce dans tous les groupes glycémiques, avec un risque maximal chez les diabétiques.Des études complémentaires sont nécessaires pour évaluer la pertinence de ces résultats pour d’autres populations avec des contextes épidémiologiques comparables.

Références
eClinicalMedicine 2025;90:103637. Kim TS, Han K, Min YW, et al. Increased risk of early-onset gastric cancer among young adults age 20-49 years with diabetes: A nationwide cohort study. PMID: 41497510