Marie-Claude, 83 ans, est vue pour une impotence fonctionnelle quasi totale apparue après une chute survenue deux mois plus tôt, associée à un œdème important au niveau du genou droit et à une appréhension de la station debout. 
Les radiographies ne révèlent pas de fracture (figure). Un syndrome post-chute est diagnostiqué, et une rééducation mise en place. 
Un mois plus tard, elle demande un certificat d’aptitude à la randonnée.

Le syndrome post-chute1 - 3 correspond à la régression ­psychomotrice induite par une chute. Ce syndrome survient chez des patients de plus de 65 ans, et son importance n’est pas corrélée avec la gravité et les conséquences d’une chute. Il survient chez 20 à 25 % des patients âgés. Parallèlement, du fait de différentes pathologies liées à leur âge, 60 % des personnes âgées ont peur de tomber.

Cliniquement, il existe une réduction des activités physiques (perte de l’autonomie) dans les jours qui suivent la chute du patient1 - 3. La marche devient alors hésitante, de peur de tomber à nouveau.

Rapidement, ce syndrome est à l’origine d’un isolement, d’un repli sur soi et d’une immobilité.

Son impact chez la personne âgée est d’autant plus grand lorsque s’y s’associent des difficultés à gérer le quotidien du fait d’une anxiété majeure facilement identifiable par le clinicien ; il peut également s’agir d’un état dépressif ­secondaire.

L’examen clinique permet de mettre en évidence des difficultés, voire une impossibilité, à rester debout.

La marche est souvent réalisée à petits pas, avec un élar­gissement du polygone de sustentation, et une absence de soulèvement des pieds. Il existe une rétropulsion, élément rendant difficile, voire impossible, la station debout. Il est aussi possible d’objectiver – surtout si cette symptomatologie est ancienne – une perte de la masse musculaire ainsi qu’une  dénutrition. La personne âgée manque d’appétit du fait d’un état dépressif engendré par cette perte d’auto­nomie, avec parfois des séquelles esthétiques comme des hématomes.

Les examens paracliniques ne révèlent jamais de lésion neurologique ou osseuse.

La prise en charge est pluridisciplinaire, avec un accompagnement indispensable. Elle repose sur trois piliers :1,2,4 

  • un programme rééducatif renforcé pour encourager le ­patient à se mobiliser sans craindre de marcher. Il est possible de prescrire des séances de kinésithérapie, ou une téléréé­ducation avec des exercices guidés, réalisables au domicile ;

  • une aide de l’entourage sollicitant régulièrement la personne âgée pour briser l’isolement et favoriser l’autonomie ;

  • le concours d’autres personnes, comme des aides ménagères pour assurer les repas, les courses (et qui peuvent ­aussi motiver les patients et les encadrer dans la gestion du quotidien) ou des infirmières pour contrôler la bonne prise des traitements (antidépresseurs par exemple).


Le but de ce programme est avant tout de redonner de la confiance aux aînés qui ont chuté et de préserver leur qualité de vie et leur autonomie. 

Références
1. Morisod J, Coutaz M. Le syndrome post-chute : comment le reconnaître et le traiter. Rev Med Suisse 2007;3(132):2531-6.
2. Haute Autorité de santé. Évaluation et prise en charge des personnes âgées faisant des chutes répétées. Avril 2009. https://urls.fr/yEXB2L
3. Belmin J, Chassagne P, Friocourt P. Gériatrie pour le praticien, 4e édition. Éd. Elsevier Masson, 2023.
4. L’Assurance maladie. Tomber n’est pas sans conséquences quand on est âgé. 2 octobre 2025. https://urls.fr/0ItGTC

Une question, un commentaire ?

promo