Titouan, 23 ans, consulte pour des desquamations et de nombreuses croûtes apparues au niveau de son nouveau tatouage situé sur le mollet (figure). 

Un tatouage correspond à l’introduction d’un produit exogène (l’encre) dans la peau. Le corps y réagit en trois étapes : une phase inflammatoire jusqu’au troisième jour, durant laquelle la peau peut être rouge, chaude ou légèrement œdématiée ; ensuite, une phase de régénération cellulaire jusqu’à la deuxième semaine, pouvant engendrer un prurit ; et une phase de réparation tissulaire, enfin, allant de la deuxième à la quatrième semaine, au cours de laquelle desquamations et croûtes apparaissent. Ces réactions sont physiologiques.

L’entretien du tatouage est primordial pour une bonne cicatrisation. Ainsi, une antisepsie régulière, l’application d’une crème hydratante et une protection solaire sont essentielles. Il faut également conseiller aux patients de ne pas se gratter, de ne pas toucher les éventuelles lésions et de ne pas s’exposer au soleil ou se baigner lors du premier mois. Le lavage des mains doit être systématique avant de toucher le tatouage. Par ailleurs, ce dernier doit être nettoyé à l’aide d’un savon au pH neutre et doit être laissé à l’air libre.

Des complications sont possibles, au premier rang desquelles l’allergie à l’encre (rouge, rose ou violette), avec une dermatite, difficilement traitable par trois mois de dermocorticoïdes. Cette allergie peut engendrer une surinfection bactérienne. Une contre-indication définitive à la couleur incriminée est alors établie. Par ailleurs, des pathologies dermatologiques préexistantes telles que le psoriasis, le lichen plan ou le vitiligo peuvent récidiver après un tatouage. Enfin, des réactions granulomateuses sont possibles, avec des papules ou des nodules récidivants. 

Pour en savoir plus 
Kluger N. Tatouages : quelles complications ? Actu Rev Prat sept. 2023.

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