En 2050, 600 millions de personnes souffriront d’arthrose dans le monde. Cette affection dégénérative des articulations, longtemps décrite uniquement comme une fatalité inéluctablement liée au vieillissement, est maintenant considérée comme la pierre angulaire de la santé des seniors.1

L’arthrose : une maladie des articulations et bien au-delà !

L’arthrose est la plus courante des affections musculo-squelettiques. Sa prévalence clinique augmente progressivement avec l’âge, mais de façon plus importante après 45 ans. Elle est généralement caractérisée par des signes et symptômes facilement identifiables à l’examen clinique : douleur aux mouvements, déformation des extrémités osseuses, gonflement, craquements et limitation de l’amplitude articulaire. La douleur est un élément déterminant dans l’évolution de la maladie. Elle est souvent déclenchée ou accentuée par le mouvement, ce qui peut induire chez le patient arthrosique une kinésiophobie et un comportement d’évitement, tous deux causes de sédentarité et de déconditionnement physique. Ces comportements délétères peuvent à leur tour entraîner de l’anxiété, de la dépression, voire un déconditionnement psychologique et social. Ces facteurs sont autant d’amplificateurs de la douleur chronique qui peuvent plonger le patient dans un cercle vicieux biopsychosocial (v. infra). Cependant, le modèle biopsychosocial ne suffit pas, à lui seul, à expliquer l’ensemble des phénotypes de la maladie. Récemment, une relation entre le syndrome métabolique et l’arthrose a été démontrée. En effet, le syndrome métabolique dans son ensemble ou ses déterminants pris individuellement (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, hyperglycémie et obésité) sont des facteurs de risque de l’incidence et de la progression radiologique de la gonarthrose. Cette relation entre arthrose et syndrome métabolique est à double sens, puisque l’arthrose est une cause de sédentarité, elle-même facteur de risque du syndrome métabolique.2 Cette « découverte » a donné une dimension systémique à la maladie. De plus, l’arthrose contribue à l’inflammation systémique, à bas bruit, associée au vieillissement. Ce phénomène, appelé inflammaging par les Anglo-Saxons, a été identifié comme facteur pathogénique de l’athérosclérose et donc des maladies cardiovasculaires (v. figure).4, 5 Enfin, la dysbiose (déséquilibre du microbiote intestinal) et l’augmentation de la perméabilité intestinale pourraient favoriser le passage dans le sang de bactéries commensales et de facteurs inflammatoires ensuite véhiculés jusqu’aux articulations.6 Ces découvertes majeures sur la physiopathologie de la maladie ouvrent de nouvelles perspectives de traitement de l’arthrose. Elles justifient une approche holistique du patient inté-grant non seulement le problème articulaire mais aussi les comorbidités et les répercussions psychosociales de la maladie.

Bien soigner l’arthrose pour bien vieillir

L’existence d’une relation entre l’arthrose et les comorbidités liées au vieillissement est indéniable (v. p. 505 Guillemin). Bien soigner l’arthrose, c’est également préserver la santé des seniors. Il est donc important d’améliorer le statut algofonctionnel des patients souffrant d’arthrose des membres inférieurs afin de leur permettre de rester actifs et de lutter contre la sédentarité et le déconditionnement physique. L’amélioration du statut algofonctionnel requiert l’association de moyens pharmacologiques et non pharmacologiques. Les traitements pharma-cologiques à visée antalgique et anti-inflammatoire doivent être administrés avec l’objectif de favoriser la reprise progressive et l’exécution d’activités physiques de manière régulière.

Le socle de la prise en charge est non pharmacologique

Les traitements non pharmacologiques incluent de nombreuses modalités thérapeutiques dont les mieux étudiées et communément recommandées par les sociétés...

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR

Une discipline exigeante nécessite une information exigeante

ABONNEZ-VOUS À PARTIR DE 1€ PAR JOUR