Avec une prévalence d’environ 1 %, les TSA affectent 700 000 personnes. Une intervention avant 3 ans permet d’agir sur le fonctionnement cérébral et d’améliorer le pronostic. Les thérapies fondées sur la guidance parentale et les nouvelles technologies ont des résultats prometteurs.
Agathe Jay1, Marie-Joëlle Oreve1, Marie-Maude Geoffray2, Mario Speranza1,3
Ces troubles neuro-développementaux ont une expression hétérogène mais ils se caractérisent tous par une altération des interactions sociales et de la communication réciproque, et le caractère restreint, répétitif et stéréotypé du comportement, des intérêts et des activités (
).
L’hétérogénéité clinique est liée à la variabilité du quotient intellectuel (QI), du niveau de langage et de la sévérité de la symptomatologie autistique, entraînant divers degrés de handicap. S’y associent fréquemment un déficit de l’attention avec hyperactivité ou d’autres troubles de langage ou moteurs spécifiques, ainsi que certaines pathologies neurologiques (épilepsie) ou génétiques (X fragile).
Les symptômes autistiques ont des effets négatifs persistants sur l’apprentissage et le développement de l’autonomie à l’âge adulte. Le poids et le coût pour l’individu, les proches et la société sont parfois très élevés. Les patients restent majoritairement dépendants de leur famille.

Pourquoi agir tôt ?

Les premières prises en charge ont été développées dans les années 1970. Le diagnostic n’était pas fait avant l’âge de 3 ans, et le dépistage était beaucoup moins répandu. Elles étaient de type comportemental selon les principes de l’
(ABA) et portaient sur les troubles déjà installés. L’efficacité de ces techniques a été largement documentée, notamment sur la gestion des comportements-problèmes (automutilation, hétéro-agressivité ;
).
Depuis, les signes précurseurs avant l’âge de 3 ans sont de mieux en mieux connus, et il est possible de proposer des prises en charge de plus en plus précoces, dont on sait qu’elles ont plus de chances d’améliorer le devenir à long terme des patients. En effet, à ce stade, le cerveau du jeune enfant a encore une plasticité très importante. L’objectif est d’agir sur le fonctionnement cérébral et par conséquent sur la trajectoire développementale. C’est pourquoi, dans les nouvelles recommandations de la HAS (2018),1 la priorité est donnée au dépistage chez le petit enfant, ce qui implique une vigilance accrue vis-à-vis des signes d’alerte (encadré 1).
L’intervention des parents est valorisée parce qu’elle facilite l’intégration des possibilités d’apprentissage dans les activités quotidiennes et la généralisation des compétences. Elle peut être isolée ou complétée par celle du professionnel.
De nombreuses méthodes existent, ayant des niveaux de preuves variables. On en distingue 2 types :
– thérapies développementales et s’appuyant sur la guidance parentale ;
– approches fondées sur les nouvelles technologies.

Thérapies développementales

L’
(ESDM) et le
(PACT) ont montré leur efficacité avec un bon niveau de preuve. Elles sont prises en charge par la Sécurité sociale si délivrées dans le secteur public (CMP ou hôpital de jour).

Programme de Denver 2

Il s’agit d’une thérapie multidisciplinaire issue des théories de l’apprentissage et des effets de l’autisme sur le développement précoce (
). Il s’inspire des principes de l’ABA et du
(PRT) mais également des travaux sur le neurodéveloppement et la cognition.
L’objectif est d’accélérer le rythme du développement dans tous les domaines : communication, imitation, compétences sociales, jeux, cognitions, motricité, autonomie. Hypothèse principale : l’enfant souffre d’un trouble de la motivation sociale, qui se manifeste par une difficulté à montrer une préférence pour les informations sociales de l’environnement, et une focalisation sur les objets. Or, c’est dans le lien avec l’adulte que le très jeune enfant se développe le mieux. Éloigné de cet environnement source d’apprentissage, il va cumuler du retard.
Les stratégies d’intervention de l’ESDM visent à renverser ce processus. Elles sont indiquées à partir de 12 mois et jusqu’à 48 mois.
Le...

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