Jeanne Garnier était une jeune veuve confrontée très tôt au deuil de son mari et de ses deux enfants. À la suite de ce drame, en 1842, elle fonde à Lyon une association de veuves qui s’investissent dans l’accompagnement de femmes incurables rejetées par les hôpitaux, posant ainsi les fondements des soins palliatifs. Au fil du temps, elle fait des émules et Aurélie Jousset crée à son tour, en 1874, l’hospice du Calvaire à Paris, qui prend le nom de maison médicale Jeanne-Garnier en 1971. Gérée par une association à but non lucratif, celle-ci est devenue la plus grande unité de soins palliatifs d’Europe avec 81 lits ; elle accueille 1 300 personnes chaque année.
À l’occasion de ses 150 ans, un ouvrage collectif brosse le portrait de Jeanne Garnier, de l’Œuvre des dames du Calvaire et revient sur l’histoire de la structure. De l’émergence des soins palliatifs à la pratique actuelle, ce livre décrit aussi l’évolution du cadre juridique et de la prise en soins. Il ouvre la réflexion sur le rapport à la mort, à la fin de vie et sur l’avenir des soins palliatifs dans la société.
Comme le rappelle Jean Leonetti dans la préface, « en soins palliatifs, on ne lutte pas contre le temps, on l’enrichit (…). On meurt encore trop mal en France. Les Français redoutent de souffrir, plus encore que de mourir. »