Gérer les urgences dentaires n’est pas aisé en médecine générale. Pour aider les praticiens, la Mission nationale PRIMO et l’Union française pour la santé bucco-dentaire ont imaginé le site Mémo Dento. Arbre décisionnel avec conduite à tenir, vidéos d’examen clinique, conseils prévention… Découvrez les ressources proposées par cet outil pratique.

Les médecins généralistes sont régulièrement amenés à recevoir des patients consultant pour des douleurs dentaires. Ces situations posent toujours des difficultés, avant tout diagnostiques, avec en arrière-pensée la crainte de passer à côté d’une urgence infectieuse.

Ces difficultés viennent notamment du manque de formation sur l’anatomie et l’examen buccodentaire.

Pourtant, en tant que professionnels de premier recours, le médecin généraliste peut être amené à prendre en charge une douleur dentaire, au même titre qu’une dyspnée ou une douleur thoracique.

La Mission nationale PRIMO – mission de prévention des infections et de l’antibiorésistance – et l’UFSBD ont imaginé le site Mémo Dento pour répondre à ces enjeux. L’objectif : rapporter les éléments nécessaires et suffisants pour interroger et examiner un patient consultant pour une urgence dentaire.

L’objectif est de se sentir légitime et compétent en tant que médecin généraliste pour gérer ces situations.i

Des outils pour la pratique

Le site contient notamment un arbre décisionnel imaginé pour orienter facilement le médecin à partir d’éléments de l’interrogatoire simples et discriminants, et quelques éléments d’examen clinique accessibles même au non chirurgien-dentiste.

Il n’est évidemment pas possible de proposer un diagnostic de certitude dans les conditions d’exercice du cabinet de médecine générale, mais cet outil permet de répondre à deux questions essentielles :

  • Le patient a-t-il besoin d’une antibiothérapie ?

  • Le patient doit-il recourir au chirurgien-dentiste, et si oui dans quels délais ?


En effet, et contrairement aux idées reçues, rares sont les situations nécessitant une consultation urgente chez le chirurgien-dentiste.

Une fois la pathologie identifiée, l’arbre décisionnel propose une conduite à tenir pragmatique, avec les prescriptions et conseils utiles (figure 1).

Des liens de renvoi vers un lexique (figure 2), des supports iconographiques ainsi que des vidéos d’examen clinique adaptées à la consultation au cabinet du médecin généraliste (par exemple celle consacrée à l’examen buccodentaire) facilitent l’appropriation de la sémiologie et des gestes de l’examen buccodentaire.

Antibiotiques : des indications restreintes

Que ce soit dans l’imaginaire collectif ou dans les habitudes des professionnels de santé, l’urgence dentaire est souvent synonyme de prescription d’antibiotique. Les enjeux actuels autour de la lutte contre l’antibiorésistance incitent à rationaliser les prescriptions.

En rappelant la physiopathologie et les signes cliniques des différentes entités, Mémo Dento favorise la compréhension du raisonnement diagnostique et aide à l’appropriation de la décision de ne pas prescrire d’antibiotique.

Quelques messages forts pour les professionnels de ville sur ce point :

  • les situations nécessitant une antibiothérapie sont rares : cellulite, abcès apical, péricoronarite, sinusite maxillaire d’origine dentaire essentiellement ;

  • lorsqu’une antibiothérapie est indiquée :

    • pas d’indication de l’association spiramycine-métronidazole,

    • des durées plus courtes : 3 à 5 jours dans la majorité des infections (hors sinusite, qui reste à 7 jours) ;

  • la prévention contribue à un moindre usage des antibiotiques.


Un travail en réseau

Enfin, la gestion des urgences dentaires est une opportunité pour développer la collaboration interprofessionnelle, à plusieurs niveaux :

  • en permettant aux chirurgiens-dentistes, parfois éloignés des projets d’équipe, de s’investir et d’apporter leur expertise ;

  • en formalisant le parcours patient au sein d’une équipe : dans une logique d’efficience, dans le contexte actuel de difficultés d’accès au chirurgien-dentiste, l’enjeu est de pouvoir orienter les bons patients au bon moment. Ce parcours ne peut s’imaginer qu’en impliquant l’ensemble des acteurs concernés ;

  • en favorisant le développement d’actions de prévention auprès du grand public, dans lesquelles tout soignant, chirurgien-dentiste ou non, peut s’investir. Sans oublier les soignants eux-mêmes, qui ont sûrement des choses à apprendre sur leur propre santé buccodentaire !


Mémo Dento peut servir à la fois de prétexte mais également d’outil de travail pour lancer cette réflexion.

Pour en savoir plus
Lien du site : https://memodento.fr/

Dans cet article

Ce contenu est exclusivement réservé aux abonnés

Une question, un commentaire ?