Maladie inflammatoire pouvant durer de 6 semaines à plusieurs années, l’urticaire chronique peut altérer fortement la qualité de vie. Les nouvelles recommandations de la Société française de dermatologie (SFD) viennent d’être publiées dans le British Journal of Dermatology. Ce qu’il faut en retenir pour la pratique dans cette fiche synthétique illustrée par un algorithme et un exemple d’ordonnance.

 

Caractérisée par une éruption papuleuse, érythémateuse, prurigineuse et fugace, l’urticaire chronique peut être superficielle (œdème dermique superficiel) et/ou profonde (angiœdème dermo-hypodermique). L’urticaire chronique spontanée (UCS) est définie par une urticaire évoluant par poussées quotidiennes ou quasi-quotidiennes depuis au moins 6 semaines, sans intervention d’un stimulus externe, et non reproductibles par des tests de provocation.

L’objectif du traitement est de contrôler les symptômes et d’améliorer la qualité de vie des malades.

Les principaux points des recommandations de la SFD sont les suivants (algorithme ci-dessous) :

– En première intention, un antihistaminique H1 (AH1) de deuxième génération à dose usuelle est recommandé, pendant plusieurs mois : cétirizine, lévocétirizine, loratadine, desloratadine, fexofénadine, rupatadine, bilastine.

– En cas d’échec de l’AH1 à posologie usuelle : augmentation rapide de la posologie (en 1 semaine à 2 mois), par palier, jusqu’à 4 fois la dose habituelle par jour. Pas d’adjonction d’antihistaminiques H2 ou de montélukast (pas d’efficacité démontrée), ni de stéroïdes systémiques.

– En 3e intention (environ 10 % des patients ne répondent à aucune posologie d’AH1) : ajout d’omalizumab (300 mg toutes les 4 semaines) ou de ciclosporine (4 à 5 mg/kg/j en 2 prises, avec la surveillance et le bilan pré-thérapeutique adéquats, pendant 6 mois). Dans des essais contrôlés randomisés, l’omalizumab était plus efficace que le placebo, avec une bonne tolérance à court terme, mais aucun essai comparatif n’a comparé l’omalizumab et la ciclosporine.

– Ne sont pas recommandés (données insuffisantes) : hydroxychloroquine, dapsone, sulfasalazine, vitamine D à forte dose, photothérapie, miltéfosine.

– Les régimes d’exclusion alimentaire systématiques n’ont pas prouvé leur efficacité.

– Pour les enfants de < 12 ans, les données sont rares. Des antihistaminiques H1 en dose unique peuvent être utilisés, en privilégiant la rupatadine et la desloratadine en cas d’escalade posologique (plus de données disponibles).

– Pendant la grossesse et l’allaitement, une dose unique de cétirizine, de lévocétirizine ou de desloratadine est préférée. En cas d’urticaire réfractaire, une consultation spécialisée est indiquée.

Figure 1

Attention : avant de débuter l’escalade thérapeutique proposée par les recommandations, il convient de s’assurer de l’observance du traitement, de l’absence de prise d’AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou de corticoïdes par voie générale.

En pratique, on peut rencontrer des difficultés dans la prescription des posologies hors AMM des AH1. Un exemple d’ordonnance ici :

Figure 2

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

Plus en savoir plus :

SFD. Recommandations urticaire chronique spontanée.  Décembre 2019.

Du-Thanh A. Urticaire chronique.  Rev Prat 2021;71(3);293-7.

Figures et tableaux