Peu connue, cette forme particulière d’urticaire aquagénique se manifeste par une réaction cutanée localisée, survenant quelques minutes après un contact avec de l’eau salée.

L’urticaire aquagénique, dont les premiers cas ont été décrits en 1964, est une forme d’urticaire physique caractérisée par l’apparition de papules urticariennes après un contact avec l’eau, quelle que soit sa température. Des lésions peuvent également être déclenchées par la sueur ou les larmes. Environ une centaine de cas ont été rapportés dans la littérature.

Une forme particulière, encore plus rare, a été décrite, appelée « localized salt-dependent aquagenic urticaria ». Méconnue et probablement à la fréquence sous-estimée, elle touche préférentiellement de jeunes femmes. Elle se manifeste par une urticaire localisée, le plus souvent au niveau de la partie inférieure du visage et sur le cou, apparaissant quelques minutes après un contact avec de l’eau de mer. Ces symptômes sont indépendants de la température de l’eau ou de la durée d’exposition.

En 2015, Margerin et al. ont rapporté le cas d’une femme de 32 ans présentant une urticaire quelques minutes après le début d’un bain de mer1. Le test de provocation, réalisé à distance de l’épisode aigu à l’aide d’une compresse imbibée d’eau de mer (appliquée pendant 30 minutes à 37 °C sur la zone atteinte), était positif. En revanche, le test contrôle, effectué avec de l’eau douce, ne déclenchait aucune réaction.

À ce jour, huit cas ont été décrits dans la littérature. En 2018, Vieira et al. ont décrit une femme de 25 ans ayant depuis quatre ans des épisodes d’urticaire quelques minutes après chaque bain d'eau de mer2. Chez cette patiente, les lésions disparaissaient en une trentaine de minutes après une douche à l’eau douce. Les tests de provocation étaient positifs avec une solution de NaCl à 3,5 %, ainsi qu’avec des solutions hypertoniques (KCl 3,5 % et NaHCO₃ 5,3 %) ; ce n’était pas le cas avec une solution glucosée à 20 % ou avec de l’eau du robinet.

La physiopathologie reste mal comprise.

Alors que l’urticaire aquagénique classique peut, dans certains cas, être accompagnée de réaction systémique (dysphagie, sifflement pulmonaire, essoufflement), de telles réactions n’ont pas été rapportées pour ce sous-type.

La prise en charge repose sur la prescription d’antihistaminiques H1 de deuxième génération. En cas d’échec, la PUVAthérapie, seule ou associée aux antihistaminiques, peut être utile. En dernier recours, l’omalizumab peut être proposé. Enfin, des mesures préventives sont recommandées, notamment l’application d’une crème barrière avant la baignade ainsi que la réduction de la durée d’exposition à l’eau de mer.

Références
1. Margerin F, Wettlé C, Merklen-Djafri C, et al. Urticaire aquagénique localisée à l'eau de mer. Ann Dermatol Venereol 2015;142(12):771-5.
2. Vieira M, Rosmaninho I, Lopes I, et al. Localized salt-dependent aquagenic urticaria, a rare subtype of urticaria: A case report. Eur Ann Allergy Clin Immunol 2018;50(3):141-4.