Quelles sont les dernières données scientifiques sur l’efficacité et la sécurité des vaccins contre les HPV permettant d’éclairer les professionnels de santé, les adolescentes et leurs parents​ ? 
L’amélioration de la couverture vaccinale contre les infections à papillomavirus (Human papillomavirus [HPV]), responsables chaque année de plus de 20 000 cas de condylomes (verrues anogénitales) chez les femmes de 15 à 26 ans, 23 000 cas de condylomes chez les hommes de 20 à 30 ans,1 35 000 conisations pour traiter les lésions précancéreuses du col de l’utérus2 et 6 300 cancers atteignant le col de l’utérus, l’anus, l’oropharynx, la vulve, le vagin, le pénis, la cavité orale et le larynx,3 est un enjeu de santé publique.
Or, en 2018, la couverture vaccinale française contre l’infection à papillomavirus n’est que de 29,4 % pour l’injection d’au moins une dose à 15 ans et de 23,7 % pour deux doses à 16 ans. Elle n’a jamais dépassé 30 %, en dépit des preuves de l’efficacité des vaccins contre les HPV en vie réelle et d’une littérature scientifique indépendante démontrant leur sécurité. La situation de la France est atypique par rapport à ce qui est observé dans la majorité des pays européens voisins qui affi­chent des taux de couverture vaccinale supérieurs à 80 % (Royaume-Uni, Portugal, Suède, Norvège, Islande).

Une infection sexuellement transmissible

Près de 200 types différents de papillo­mavirus humains ont été identifiés, dont certains sont définis comme étant à haut risque ou potentiellement oncogènes (HPV 16 et 18, par exemple) et d’autres à bas risque (HPV 6 et 11, par exemple), responsables des condylomes.
Les infections à HPV font partie des infections sexuellement transmissibles les plus fréquentes au niveau mondial. La plupart des femmes et des hommes sexuellement actifs seront infectés par ces virus au cours de leur vie.
Près de 90 % des infections détectées sont éliminées naturellement dans les 2 ans. Mais si l’infection persiste, elle peut entraîner, selon le degré de risque oncogène de la souche HPV en cause, le développement de condylomes ou de lésions précancéreuses et cancéreuses atteignant le col de l’utérus mais aussi l’anus, l’oropharynx, la vulve, le vagin, le pénis, la cavité orale et le larynx.
Ces infections peuvent être transmises malgré l’usage de préservatifs via les zones génitales non couvertes par celui-ci. Le sexe oral est aussi un mode de transmission de ces virus.

Cancers liés aux infections par les HPV

En France, en 2015, on estimait à plus de 6 300 le nombre actuel de cancers potentiellement dus aux papillomavirus, soit près de 2 % des cancers incidents.4 Les cancers du col de l’utérus (44 %), de l’anus (24 %) et de l’oropharynx (22 %) représentent la majorité des cas. Si les femmes sont les plus concernées par les cancers liés aux HPV (avec notamment 2 900 cancers du col de l’utérus et plus de 1 000 cancers de l’anus), près d’un tiers de ces cancers touchent les hommes, avec cinq localisations (1 060 cancers de l’oropharynx, 360 cancers de l’anus et plus de 300 cancers de la cavité orale, du larynx et du pénis).
Les principaux enjeux de santé publique relatifs aux cancers liés aux HPV sont :
– les conséquences des traitements utilisés (conisations) contre les lésions précancéreuses du cancer du col de l’utérus qui exposent au risque d’accouchement prématuré et de décès périnatal. Or au moins 18 000 femmes de moins de 39 ans ont été traitées pour des lésions pré­cancéreuses en 2016. À partir d’une méta-analyse, il a été estimé que la réalisation de 143 conisations à l’anse diathermique entraîne une naissance avant 32 à 34 semaines d’aménor­rhée ;5
– l’âge de survenue des cancers du col de l’utérus ; la moitié des cancers sont diagnostiqués avant 51 ans, contre 63 ans pour le cancer du sein et 75 ans pour le cancer colorectal chez la femme ;6
– la part des femmes ayant réalisé un dépistage sur la période 2010-2013 (taux de couverture en participation spontanée) était seulement de 61 % sur 4 ans et variait de 52 % à 72 % selon les départements ;
– l’augmentation de l’incidence annuelle du cancer de l’anus : + 3,3 % chez les hommes et + 5,7 % chez les femmes, entre 2010 et 2018 ;7
– l’augmentation de l’incidence des cancers oropharyngés dans certains pays (États-Unis, Danemark, Suède) ;
– la survie nette à 5 ans des femmes atteintes de cancer du col de l’utérus tend à se dégrader, passant de 68 % pour celles diagnostiquées entre 1989 et 1993 à 63 % pour celles diag­nostiquées entre 2005 et 2010.8 L’hypo­thèse évoquée pour expliquer ce phénomène est qu’avec le développement du dépistage les cancers restants sont de plus mauvais pronostic (cancers non dépistés, cancers de femmes n’effectuant pas de dépistage).

Prévention du cancer du col utérin : deux moyens complémentaires

Ces deux méthodes de prévention sont complémentaires pour diminuer l’incidence et la mortalité par cancer du col de l’utérus.
Concernant la vaccination (prévention primaire), la recommandation actuelle du Haut Conseil de la santé publique est de vacciner prioritairement les jeunes filles (deux doses entre 11 et 14 ans, ou trois doses entre 15 et 19 ans) et les hommes qui ont des relations sexuelles avec des hommes (trois doses jusqu’à 26...

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