Une équipe internationale a réalisé une revue systématique de la littérature et une méta-analyse à large échelle à partir de bases de données de référence (dont Medline, Scopus et Web of Science) afin de comparer les effets des régimes lacto-ovo-végétariens et végétaliens avec ceux d’un régime omnivore chez diverses populations d’enfants de 18 pays. Le corpus analysé consistait en 59 études portant sur 48 628 participants dont 7 280 lacto-ovo-végétariens, 1 289 végétaliens et 40 059 omnivores, tous dépourvus de maladie chronique.
Les résultats de l’étude, parus en décembre 2025 dans Critical Reviews in Food Science and Nutrition1, montrent que les enfants des groupes lacto-ovo-végétariens consomment moins d’énergie, de protéines, de gras, de vitamines B12 et D et de zinc que les omnivores mais davantage de fibres, de fer, d’acide folique, de vitamine C et de magnésium. Les végétaliens présentent des résultats comparables avec, toutefois, des taux de calcium particulièrement bas. L’équipe de recherche s’est ensuite intéressée à la croissance et à la constitution corporelle de ces patients pédiatriques. Les analyses ont révélé que, globalement, les végétariens et les végétaliens ont un phénotype plus mince que les omnivores. Chez les végétariens, la taille, le poids, l’IMC, la masse grasse et la densité minérale osseuse sont plus faibles. La taille et l’IMC sont également plus bas chez les végétaliens.
L’étude des biomarqueurs a révélé des taux plus faibles de ferritine dans les deux groupes, couplés à des taux plus bas de vitamine D (25 -OH) chez les végétariens et d’hémoglobine chez les végétaliens. Bien que les résultats moyens de chacun des deux groupes demeurent dans les niveaux de référence pédiatriques pour les différents nutriments et biomarqueurs, il existe un surrisque de carence en fer et d’anémie chez les lacto-ovo-végétariens et de carence en vitamine B12 chez les végétaliens. En revanche, ces deux groupes présentent des taux de cholestérol total et LDL plus bas que les omnivores, représentant ainsi des profils à plus faible risque de maladie CV.
Les auteurs concluent que les régimes sans viande sont possibles chez les enfants à condition de suivi médical et de la prise de suppléments alimentaires. L’analyse comporte toutefois certaines limites, notamment l’hétérogénéité des études considérées qui varient en termes de taille de populations, de méthodes d’analyse de l’alimentation et de documentation de la prise de suppléments alimentaires. Des études prospectives devront compléter ces premières observations.