Le vieillissement est responsable de différentes pathologies du rachis pouvant entraîner un handicap important : scoliose ou cyphose lombaire dégénérative, canal lombaire étroit, ostéoporose fracturaire avec tassements vertébraux, camptocormie… Diagnostic et prise en charge doivent être précoces pour limiter la douleur et le retentissement fonctionnel. Ce qu’il faut retenir pour la pratique dans cet article bien illustré par le Dr Jean-Paul Steib, hôpital de Hautepierre, Strasbourg.

 

Le vieillissement du rachis commence tôt pour tous ses tissus constitutifs, il faut donc y penser dès 45-50 ans. Le vieillissement des structures ostéoarticulaires, musculaires et ligamentaires associé au vieillissement des autres structures, en particulier neurologiques, est responsable de différentes pathologies du rachis : scoliose dégénérative, cyphose lombaire dégénérative, canal lombaire étroit, ostéoporose fracturaire avec tassements vertébraux, spondylolisthésis dégénératif, camptocormie et tête tombante. Leur point commun : le retentissement sur la statique du rachis avec perte de l’équilibre du tronc (fig. 1 et 2).

Les conséquences de ces pathologies sont lourdes : douleurs, difficultés à la marche, préjudice esthétique lié à la déformation, parfois troubles digestifs et respiratoires (en cas de camptocormie notamment).

La prévention, cruciale, repose sur :

– le diagnostic et le traitement précoce des pathologies de l’enfant et de l’adolescent (scoliose, cyphoses liées le plus souvent à la maladie de Scheuermann, en particulier lombaire et thoracolombaire) et des pathologies apparaissant à la ménopause (ostéoporose, scoliose dégénérative) ;

– la surveillance du rachis des patients parkinsoniens ;

– le maintien d’un bon capital musculaire au cours du vieillissement, grâce à une activité physique régulière.

La prise en charge doit être précoce, dès l’apparition de douleurs, d’une déformation de la colonne vertébrale, de troubles radiculaires, de difficultés à marcher. Elle repose sur la kinésithérapie, avec un travail postural, musculaire et proprioceptif, les infiltrations radioguidées par des radiologues expérimentés et les corsets plastiques et/ou tissus faits sur mesure en collaboration étroite entre médecin et orthoprothésiste.

À lire ici :

Marty-Poumarat C et Carlier R. Thérapeutiques orthopédiques non chirurgicales du rachis chez le sujet âgé. Rev Prat 2021;71(5);522-9.

Dans : Dubousset J. Dossier : vieillissement du rachis.Rev Prat 2021;71(5);495-535.

Figures et tableaux