Les violences conjugales désignent l’ensemble des violences exercées par un partenaire ou un ancien partenaire au sein d’une relation affective. Plusieurs formes de violences sont fréquemment intriquées : elles peuvent être psychologiques (insultes, humiliations, menaces), physiques ou sexuelles. Les actes violents se déroulent sur une durée longue, avec une augmentation de la fréquence et de l’intensité des épisodes de violences au cours du temps.
En Europe, la France fait partie des pays où le pourcentage de violences physiques ou sexuelles relevé est le plus élevé (26 %).
Selon l’enquête CVS, entre 2012 et 2019, 64 % des femmes victimes de violence au sein du couple font état de blessures physiques, et 66 % de dommages psychologiques « plutôt ou très importants » : perte de confiance, sentiment de vulnérabilité et d’anxiété, symptômes dépressifs, troubles du sommeil et difficultés sur le plan relationnel.
Les violences au sein du couple ont également un impact sur les enfants présents au domicile. Si tous les enfants ne sont pas affectés de la même manière, les conséquences de cette exposition précoce à la violence peuvent être multiples. Différentes études ont mis en évidence des prévalences plus élevées de troubles cognitifs, de difficultés académiques et de symptômes anxieux et dépressifs. Ces difficultés peuvent également se poursuivre à l’âge adulte, avec des troubles d’usage de substance(s) et une prévalence plus élevée de violences au sein du couple. En France, les enfants témoins de violences au sein du couple sont considérés comme victimes et non plus comme simples témoins, depuis le décret n° 2021 - 1516 du 23 novembre 2021.
Le dépistage des violences au sein du couple par les professionnels de santé est capital et peut débuter dès la salle d’attente, où des brochures et affiches de prévention peuvent être visibles (violentomètre, par exemple). La question des violences doit systématiquement être abordée en consultation.
La prise en charge d’une victime de violence nécessite une approche globale et la mobilisation d’un réseau de professionnels. En dehors des soins médicaux et psychologiques, elle doit être informée de ses droits, du caractère illégal des violences, des démarches à accomplir pour un dépôt de plainte et des différentes ressources à sa disposition.
Les violences commises par un partenaire intime font partie des situations les plus à risque de développer un trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ce risque est plus élevé que pour de nombreux autres événements traumatiques. Lorsque les violences se répètent dans le temps, et qu’il est difficile ou impossible de partir, elles sont souvent associées à des formes de TSPT complexe.Le repérage est essentiel en médecine de ville.
Ces multiples aspects sont abordés dans le dossier du Cn2r, qui s’adresse aux victimes directes, à leurs proches, aux professionnels de la santé, et à toute personne soucieuse de comprendre et d’accompagner les victimes de violences conjugales.
Le dossier est téléchargeable ici.
Cn2r. Dossier. Violences conjugales et psychotraumatisme. Mars 2026.