Dermatophytie du visage (tinea faciei)

Killian, 9 mois, est vu en consultation médicale pour une rhinopharyngite. Sa mère demande également un traitement local pour sa dermite du visage, qu’elle attribue à un eczéma. Le contact avec les deux chiens du foyer et l’aspect circulaire, squameux, à bords surélevés des lésions (figure), orientent plutôt vers une dermatophytie.

La dermatophytie du visage, ou tinea faciei, est une entité fréquente d’origine fongique. Cette dermatose est favorisée par un climat chaud et humide ; la contamination par des animaux domestiques est possible (chats ou chiens). Deux formes sont classiquement observées :

  • la forme annulaire arrondie appelée « dermatophytie circinée » ;
  • la forme inflammatoire profonde, avec atteinte fongique du follicule pileux.
 

La dermatophytie circinée se caractérise par des lésions papulosquameuses. Le centre est plus ou moins squameux, avec parfois une zone hypopigmentée. Les bords sont souvent limités par un bourrelet qui peut prendre l’aspect d’un agglomérat de papules érythémateuses ou de vésicules. Ces lésions s’étendent progressivement et de manière centrifuge. Quelquefois, plusieurs unités annulaires deviennent coalescentes, formant un placard de dimension importante. Ces formations sont souvent asymptomatiques ou légèrement prurigineuses.

Le traitement repose essentiellement sur l’administration de topiques antifongiques (imidazolés par exemple) pour une durée minimale de quinze jours. 

Pour en savoir plus
Chabasse D. Infections à dermatophytes. Revue Prat Med Gen 2013;27(899):275-7.
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Métastases cutanées d’un cancer du sein

Madeleine, 75 ans, consulte pour des lésions nodulaires multiples apparues au niveau du cou  quelques semaines auparavant (figure). 
Lors d’une consultation antérieure, le diagnostic de prurigo a été posé, en dépit de l’absence totale de prurit. Le traitement par antihistaminique n’a pas permis d’amélioration. 
Compte tenu de leur aspect, une biopsie des lésions a été effectuée.

Les métastases cutanées sont rares (moins de 10 % des cas chez les patients avec néoplasie). Parmi les cancers le plus souvent en cause, on relève principalement ceux du sein (70 % des cas), du côlon (10 %), le mélanome malin (5 %) et les cancers de l’ovaire et du poumon (4 %). Dans le cancer du sein, la diffusion métastatique s’effectue par voie lymphatique le plus fréquemment.

Cliniquement, chez les femmes, les métastases cutanées du cancer du sein siègent surtout au niveau du thorax et de l’abdomen (75 % des cas). Cependant, elles sont parfois mises en évidence au niveau de la tête et du cou. Classiquement, les lésions observées sont des nodules de couleur chair (généralement nombreux et coalescents). Ils ont une consistance ferme. Il est important de noter qu’ils sont indolores. Leur taille est variable, mais elle n’excède pas 2 cm dans la plupart des cas. D’autres tableaux sont possibles : télangiectasies et lésions très inflammatoires faisant penser à un érysipèle, induration de la peau prenant l’aspect d’une cuirasse avec de nombreuses papules. Localement, au niveau du sein, il est possible d’objectiver un placard érythémato-squameux semblable à un eczéma mais qui se révèle être une maladie de Paget. 

La prise en charge repose en premier lieu sur la réalisation d’une biopsie cutanée pour affirmer le diagnostic. Dans le cas du cancer du sein, le traitement par chimiothérapie vise à limiter l’extension du processus malin ; le pronostic reste néanmoins très réservé.

Pour en savoir plus
Maghfour S, Soua Y, Abdeljelil N, et al. Métastases cutanées d’un adénocarcinome mammaire : une présentation atypique. Ann Dermatol Vénéréol 2018;145(4):A77-8.  
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Nævus de Sutton ou halo-nævus

Jean-Pascal, 58 ans, consulte initialement pour une toux récalcitrante.
Au décours de l’examen clinique, une masse angiomateuse de couleur violine (à l’aspect d’un angiome rubis) entourée d’un halo dépigmenté (figure) est mise en évidence.

Le nævus de Sutton, ou halo-nævus, se caractérise par une zone dépigmentée qui ceinture un nævus. Ce phénomène est en lien avec une réponse immunitaire dirigée contre les cellules næviques – le plus souvent, les nævi concernés sont jonctionnels ou composés – dont la couleur varie du bleu au noir.Le halo hypopigmenté signe une disparition progressive du nævus, disparition ayant lieu après plusieurs mois.Sa survenue peut être associée à des plaques de vitiligo. 

La prise en charge repose sur l’abstention thérapeutique, car la lésion disparaît spontanément en quelques mois. 

Pour en savoir plus
Amico S, Boniface K, Jacquemin C, et al. Une présentation clinique surprenante de halo-naevus. Ann Dermatol Vénéréol 2018;145(12):S219. 
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Induration nodulaire du périnée

Un homme de 40 ans, sportif, consulte pour une tuméfaction périnéale située entre le scrotum et l’anus, apparue depuis un an (fig. 1). Cette tuméfaction n’est pas douloureuse mais le gêne esthétiquement.

L’induration nodulaire du périnée, ou « troisième testicule », correspond à un pseudokyste développé à partir d’un foyer de nécrose aseptique du fascia superficiel du périnée. Ce pseudokyste se constitue à la suite de microtraumatismes chroniques répétés. Il a été tout particulièrement décrit chez les cyclistes, le fascia étant pris en « sandwich » entre la selle et les tubérosités ischiatiques. 

Chez l’homme, il apparaît sous la forme d’un nodule sous-cutané, unique ou multiple, situé en arrière du scrotum, le plus souvent en position paramédiane, mesurant 10 à 50 mm de diamètre (fig. 2). Il est ferme, rénitent, parfois douloureux à la pression. Il a également été décrit chez la femme, mais le terme de « testicule accessoire » n’est alors plus adapté… 

Le diagnostic repose sur l’anamnèse et l’examen clinique. L’imagerie est inutile et l’analyse histologique sans particularité notable. 

Le traitement repose sur l’arrêt transitoire de la pratique du sport en cause. Il est rarement nécessaire d’avoir recours à la ponction évacuatrice ni à une infiltration de lidocaïne et d’un corticoïde à action retardée pour obtenir la résorption du nodule s’il est récent. L’exérèse chirurgicale ne doit être envisagée qu’en dernier recours.

La prévention repose notamment sur l’adaptation de la selle. 

Pour en savoir plus
Stoneham A, Thway K, Messiou C, et al. Cyclist’s nodule: no smooth ride. BMJ Case Rep 2016;2016:bcr2015213087.   
Grimaux X, Delorme B, Le Clec’h C. Perineal nodular induration: A report of three cases in France. Int J Dermatol 2017;56:455-7.
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