Pour résumer les changements dans le domaine de la santé applicables dès le 1er janvier 2026, le ministère de la Santé a dévoilé le 31 décembre 2025 sur son site internet un communiqué faisant le point sur 8 nouvelles mesures en place dès le jour de l’An (ou début 2026). Qu’en retenir ?
Revalorisation d’actes
Le document indique qu’à compter du 1er janvier 2026, plusieurs revalorisations d’actes et de consultations sont entrées en vigueur. Elles sont davantage détaillées dans 2 articles publiés respectivement par l’Assurance maladie et la Fédération des médecins de France (FMF), et comportent :
- le passage de 54 à 60 € pour les 3 examens obligatoires de l’enfant avec certificat (COE) [8e jour, 9e et 24e mois] ;
- dans les DROM, presque tous les tarifs CCAM majorés de 4 % ;
- le cumul des honoraires de certains actes de rhumatologie, de gynécologie et de pneumologie réalisables en MG avec ceux de la consultation de référence ;
- des majorations spécifiques pour les consultations longues assurées par les médecins traitants aux patients de plus de 80 ans et pour les visites à domicile réalisées dans le cadre de la permanence des soins ou du service d’accès aux soins.
Le 1er janvier 2026 marque aussi l’entrée en vigueur du nouveau forfait unique versé par l’Assurance maladie à chaque médecin généraliste en fonction de la taille de sa patientèle et des caractéristiques de celle-ci.
En plus de ces améliorations, 3 nouveaux actes de consultations longues pour les plus de 80 ans par le médecin traitant doivent bientôt apparaître. Valorisés à 60 €, ils correspondront aux 3 situations suivantes : retour à domicile après hospitalisation, ouverture d’un dossier d’accompagnement social (APA) pour favoriser le maintien à domicile, révision des traitements pour les patients polymédiqués.
Nouveau carnet de maternité
L’arrêté fixant le nouveau modèle de carnet de maternité a été publié dans le Journal officiel du 24 décembre 2025. Il prévoit l’entrée en vigueur d’une nouvelle version au 1er mars 2026 pour suivre les recommandations du Haut Conseil de la santé publique. Il est mis à disposition sur le site du ministère de la Santé depuis le 3 janvier (lien ici). Il vise à accompagner la femme de la grossesse au post-partum. Il délivre des informations et conseils de prévention, des éléments médicaux partagés entre la femme enceinte et les professionnels de santé, ainsi que des ressources utiles. Le carnet maternité est remis gratuitement par le Conseil départemental à la femme lors du premier examen prénatal (soit avant la fin du 3e mois de grossesse). Confidentiel et protégé par le secret médical, il doit être conservé par la femme enceinte et présenté à chaque consultation.
Élargissement des compétences des infirmiers
Le décret du 24 décembre 2025 (qui entre en vigueur au plus tard le 30 juin 2026) élargit les compétences des infirmiers, qui peuvent désormais initier des soins relevant de leur rôle propre sans prescription préalable, mais aussi réaliser des consultations comprenant un bilan clinique, un diagnostic infirmier et un plan de soins infirmiers personnalisé.
Le texte introduit aussi la possibilité de prescrire certains produits de santé et examens complémentaires dans un cadre réglementé (liste d’actes qui doit être fixée par arrêté), ainsi que la prise en charge autonome de plaies simples. Enfin, il renforce la place des infirmiers dans la coordination des parcours, la prévention, l’éducation à la santé et la vaccination.
Amélioration de la prise en charge des prothèses capillaires
À compter du 1er janvier 2026, dans le cadre du 100 % Santé, la prise en charge des prothèses capillaires est renforcée. Elle correspond à l’entrée en vigueur d’une nouvelle nomenclature, publiée au Journal officiel. Les prothèses capillaires sont désormais réparties en 4 classes selon leur composition et leur qualité. L’amélioration de la base de remboursement par l’Assurance maladie permet aux classes 1 et 2 d’être intégralement prises en charge, et aux classes 3 et 4 de bénéficier d’une prise en charge plus élevée qu’aujourd’hui, réduisant encore le coût du reste à charge des patients. L’Assurance maladie a également consacré un article à ce sujet.
Contrôle des PFAS dans l’eau
À partir de janvier 2026, le contenu du programme d’analyses, ses modalités d’adaptation et les fréquences de prélèvement et d’analyse de l’eau destinée à la consommation humaine seront profondément révisés pour s’aligner sur le cadre européen. La liste des paramètres suivis évolue également en intégrant par décret de nouveaux contaminants (notamment les PFAS) et la mise en place d’une vigilance sur certains paramètres non réglementés.
Le registre national des cancers enfin créé
Un décret publié dans le Journal officiel du 28 décembre crée un registre national des cancers au 1er janvier 2026 pour renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients sur l’ensemble du territoire. Attendu depuis longtemps, ce registre doit recenser l’ensemble des cas de cancers en France en rassemblant des informations issues de différentes sources du système de santé, comme les registres existants, les données de soins, de dépistage, cliniques ou biologiques. Il est mis en œuvre par l’Institut national du cancer (INCa).
Les données collectées sont traitées de manière strictement encadrée et sécurisée, dans le respect de la confidentialité et de la protection des données personnelles. Leur exploitation permettra de mieux comprendre l’évolution des cancers, de suivre les parcours des patients avant, pendant et après les soins, et d’identifier d’éventuelles inégalités entre les territoires ou les populations.
Expérimentation contre la soumission chimique
Un décret du 11 décembre 2025 prévoit une expérimentation relative à la lutte contre la soumission chimique à compter du 1er janvier 2026. Déployée pour trois ans dans les régions Hauts-de-France, Île-de-France, Pays de la Loire et bientôt Guadeloupe, l’initiative prévoit le remboursement des examens de biologie médicale permettant de détecter un état de soumission chimique, et ce sans qu’il soit nécessaire de déposer une plainte au préalable. Toute personne munie d’une ordonnance prescrite par un médecin mentionnant la recherche de substances impliquées dans la soumission chimique pourra se rendre dans un laboratoire de biologie médicale. Les analyses seront effectuées dans des laboratoires spécialisés en toxicologie et pourront être mobilisées, le cas échéant, dans un cadre judiciaire.
Nouvelle taxe sur les boissons sucrées
Enfin, toujours au 1er janvier 2026, une nouvelle taxe sur les boissons édulcorées, modifiée par la loi de financement de la sécurité sociale 2025, est entrée en vigueur en France. Alors que la taxe était précédemment basée sur la présence, ou non, d’édulcorant avec une contribution fixe, la nouvelle taxe sera désormais modulée selon la teneur en édulcorant. L’objectif annoncé d’une telle mesure est d’améliorer son pouvoir incitatif pour limiter l’usage de ces substances en substitution du sucre, et permettre ainsi aux consommateurs de faire des choix alimentaires plus favorables à la santé.
Assurance maladie. Accès aux soins, prévention, suivi médical : ce qui change pour les assurés et les médecins libéraux en 2026. 22 décembre 2025.
Fédération des Médecins de France. Les nouveautés conventionnelles tarifaires du 1er janvier 2026. 7 décembre 2025.
Dans cet article
- Revalorisation d’actes
- Nouveau carnet de maternité
- Élargissement des compétences des infirmiers
- Amélioration de la prise en charge des prothèses capillaires
- Contrôle des PFAS dans l’eau
- Le registre national des cancers enfin créé
- Expérimentation contre la soumission chimique
- Nouvelle taxe sur les boissons sucrées