En plus des risques de transmission d’agents pathogènes, qui varie selon les espèces et les zones géographiques, les moustiques peuvent occasionner des nuisances à cause de leurs piqûres, avec un risque de surinfection cutanée, de lésions de grattage, voire de retard à la cicatrisation dans les climats chauds et humides. À côté des autres mesures de protection efficaces (port de vêtements couvrants, utilisation de moustiquaires en zone tropicale, climatisation, ventilation…), les répulsifs occupent une place importante… mais lesquels utiliser selon les toutes dernières recos du Haut Conseil de la santé publique ?
Seuls les produits avec AMM sont recommandés
Parmi les nombreux produits actuellement en vente, les substances actives ayant une AMM (et donc un numéro « FR-Année-X » sur l’étiquette) sont le DEET, l’IR 3535 et l’icaridine, aussi appelée KBR3023 ou picaridine. Les quantités à appliquer et le nombre d’applications par jour, en fonction de l’âge ainsi que la durée estimée de la protection, sont détaillés dans les RCP respectives.
En pratique, les produits à base de DEET à 30 - 50 % sont très efficaces mais ne sont recommandés ni chez les femmes enceintes ni chez les moins de douze ans. Dans ces populations, des concentrations plus faibles sont désormais utilisables (voir tableau ci-contre). De même, pour l’IR3535 et l’Icaridine, les concentrations maximales à utiliser chez l’adulte, l’enfant et la femme enceinte sont indiqués dans le tableau.
L'huile d’Eucalyptus citronné est en cours d’évaluation au niveau européen ; il n’a pas encore d’AMM.
Si l’imprégnation des vêtements avec des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes n’est plus recommandée (rapport bénéfice-risque défavorable), des produits d’imprégnation à base d’IR3535 ont obtenu une AMM ; d’autres à base de DEET ou d’icaridine sont en cours d’évaluation.
Enfin, les serpentins fumigènes ne sont plus recommandés en raison de risques identifiés pour la santé humaine. Les diffuseurs électriques d’insecticides, pour la plupart à base de pyréthrinoïdes, peuvent être utilisés dans des pièces aérées, mais sans exposer les femmes enceintes et les petits enfants, compte tenu d’un risque pour le développement neurologique de l’enfant.
Bon usage des répulsifs cutanés
Il est recommandé de :
lire la notice d’utilisation, vérifier les restrictions d’usage (notamment selon l’âge) et respecter les conditions d’application ;
préférer les répulsifs en crème ou lotion aux répulsifs en spray, en raison du risque d’inhalation ;
les appliquer uniquement sur la peau exposée (et non sous les vêtements) ;
éviter le contact avec une peau lésée, blessée ou irritée, les contours des yeux ou de la bouche ; épargner les mains ou le visage des enfants, les mains ou les seins d’une femme allaitante ;
en cas d’usage de crème solaire : appliquer d’abord cette dernière, puis attendre au moins 20 minutes avant le répulsif cutané ; après la baignade, réappliquer le répulsif dans la limite du nombre maximal d’utilisations quotidiennes recommandé.