Même si la probabilité de grossesse est faible, la contraception doit être abordée systématiquement en périménopause. Quelles méthodes privilégier ? Comment distinguer une aménorrhée induite par une contraception progestative d’une entrée en ménopause ? À quel moment peut-on envisager l’arrêt de la contraception ?

D’après : Pérol S. Contraception dans trois situations fréquentes. Rev Prat Med Gen 2026 ;40(1110) :433 - 7.

La périménopause se définit par la période précédant la ménopause, marquée par la fluctuation de la fonction ovarienne.

Même si la probabilité de grossesse est faible dans cette période, il convient de prendre ce risque en considération. Les données du ministère de la Santé relèvent plus de 36 000 interruptions volontaires de grossesse chez les femmes de plus de 40 ans, en France, en 2024.1

Ainsi, il est indispensable de discuter de la contraception chez toutes les femmes tant que la ménopause n’est pas avérée, en prenant en considération les éléments de cette période.

Contre-indication à la forme œstroprogestative

En premier lieu, il est important de rappeler que, le risque thromboembolique augmentant avec l’âge, l’utilisation des contraceptions œstroprogestatives – quels que soient la voie d’administration et le type d’œstrogène – n’est pas recommandée au-delà de l’âge de 40 ans et est contre-indiquée après 35 ans en cas d’association à d’autres facteurs de risque (tableau 1).

Quelles alternatives ?

Il existe néanmoins deux autres choix pour la contraception des femmes en périménopause.

Contraception purement progestative

Les contraceptions progestatives pures peuvent être proposées et représentent une solution contraceptive pertinente chez les femmes ayant une problématique de saignements anormaux lors de cette période de la vie (après exploration étiologique des saignements).

Cependant, l’aménorrhée thérapeutique induite par les traitements progestatifs peut masquer l’entrée en ménopause. Il est ainsi recommandé de rechercher régulièrement les signes d’imprégnation œstrogénique persistants (mastodynies, douleurs pelviennes plus ou moins cycliques), marqueurs d’une activité ovarienne, ainsi que les signes d’hypo-œstrogénie (bouffées vasomotrices, sueurs nocturnes, troubles du sommeil…) et leur durée. En cas de suspicion de ménopause, un test d’arrêt de la contraception progestative peut être proposé, sous réserve du maintien temporaire d’une contraception mécanique.

Plusieurs tests à la progestérone permettent d’évaluer le statut hormonal : l’absence de règles déclenchées par la prise de progestérone pendant dix jours (progestérone 200 mg ou dydrogestérone 2 × 10 mg/j) signe une carence œstrogénique profonde en faveur de la ménopause (figure).

La réalisation d’un bilan hormonal dans cette situation n’est pas recommandée ; en effet, les fluctuations hormonales importantes durant cette période sont source d’erreur diagnostique.

Dispositif intra-utérin

L’utilisation de dispositifs intra-utérins est une alternative contraceptive possible à cette période de la vie. En effet, un DIU au cuivre posé après l’âge de 40 ans peut être maintenu en place jusqu’au diagnostic de ménopause. Il en est de même pour le DIU à 52 mg de lévonorgestrel posé après l’âge de 45 ans.

L’utilisation de contraceptions barrières (diaphragmes, capes) associées à un spermicide est peu recommandée chez les femmes jeunes à la fertilité normale, du fait des échecs contraceptifs observés (tableau 2). Ces méthodes peuvent toutefois être discutées chez les femmes en périménopause qui ne souhaitent pas d’autres méthodes contraceptives.

Que dire à vos patientes ?

  • La contraception évolue au fil du temps : elle doit prendre en compte les demandes individuelles, les étapes de vie et les événements de santé.

  • Elle doit être discutée à tous les âges, tant que persiste une activité ovarienne.


Référence
1 Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques. En 2024, 251 270 IVG ont eu lieu en France, dont 80 % sont médicamenteuses. 25 septembre 2025.

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