Trois essais cliniques de vaccins contre la Covid-19 démarreront en décembre en France, d’après l’annonce faite le 2 décembre par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), sous réserve que les dossiers récemment déposés auprès de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et de produits de santé (Ansm) et du Comité de protection des personnes soient acceptés. 40 000 volontaires, inscrits sur la plateforme COVIREIVAC, sont prêts à recevoir les vaccins.

 

Ces essais concernent les vaccins des laboratoires Janssen, AstraZeneca et Moderna : pour les deux premiers, il s’agit d’essais de phase III qui porteront sur plus de 1 000 volontaires chacun ; le troisième fera l’objet d’un essai académique sur 180 volontaires dont le but est d’évaluer plus finement la réponse immunitaire induite par ce vaccin.

La Pr Odile Launay, coordinatrice de la plateforme COVIREIVAC, explique en effet que « même pour les vaccins qui pourraient être autorisés rapidement, il y a encore de nombreux sujets d’étude à conduire ; à titre d’exemple, […] nous souhaitons faire des études fines sur l’évolution de la réponse immunitaire sur les personnes les plus âgées ». Ainsi, parmi les 180 volontaires concernés par ce dernier essai, 120 sont âgés de 70 ans et plus. 

L’enjeu est non seulement de répondre à des questions qui restent en suspens même pour des vaccins qui ont déjà annoncé des résultats prometteurs (entre autres : quelles est la durée de l’immunité ? y aura-t-il besoin de rappels ? à quelles populations pourra-t-on proposer la vaccination, des personnes âgées aux femmes enceintes ?), mais aussi de développer plusieurs vaccins, enjeu important pour la couverture vaccinale, car la poursuite des recherches permet d’élaborer des produits avec des efficacités complémentaires, plus faciles à administrer ou moins chers à produire.

Quant au chevauchement entre les premières phases de la vaccination dans le pays et la conduite de ces essais, Odile Launay évoque quelques pistes de réflexion amorcées avec l’Ansm : limiter l’inclusion dans les essais au personnes non prioritaires dans la stratégie vaccinale ; s’orienter sur des protocoles vaccin contre vaccin plutôt que vaccin contre placebo sur les personnes à risque, étant donné que « les volontaires pourront légitimement se demander s’ils souhaitent toujours participer à un essai dans lequel une partie d’entre eux recevrait un placebo » dès lors qu’un vaccin est autorisé – une question qui « se posera avec plus d’acuité encore pour les personnes à risque de développer une forme grave, qui seront prioritaires les premiers mois de la campagne de vaccination ».

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