Hépatologie. En présence d’un adénome, biopsier pour connaitre le sous-type de la tumeur, car certains sont à risque de complications.
Les tumeurs bénignes hépatiques solides se développent le plus souvent sur un foie sain et incluent principalement les hémangiomes hépatiques, les hyperplasies nodulaires focales et les adénomes hépatocellulaires. Un diagnostic précis est nécessaire afin d’éliminer le diagnostic différentiel des tumeurs malignes primitives et secondaires, et pour identifier le sous-type de la tumeur, car les adénomes hépatocellulaires sont à risque de complications à l’inverse des angiomes hépatiques et des hyperplasies nodulaires focales. L’imagerie hépatique joue un rôle clé dans l’algorithme diagnostique.

Hémangiome hépatique

C’est la plus fréquente des tumeurs bénignes du foie, avec une prévalence estimée entre 0,4 et 20 % selon les études radiologiques ou autopsiques.1 L’hémangiome hépatique est une tumeur bénigne non épithéliale évoquant une malformation vasculaire locale. Il a une prédominance féminine, avec un sex-ratio autour de 3 pour 1, et l’âge de découverte est le plus souvent entre 30 et 50 ans.2 Il est en général unique et de taille inférieure à 4 cm mais peut être plus grand, voire « géant » lorsqu’il dépasse 10 cm.3

Comment en faire le diagnostic ?

Cette tumeur est le plus souvent découverte fortuitement, sur des imageries faites dans un autre contexte ou pour douleurs abdominales non liées à l’hémangiome. Les symptômes liés à l’angiome (douleurs) ainsi que les complications sont exceptionnels et ne sont quasiment retrouvés qu’en cas d’angiome géant.
Le diagnostic est fondé sur l’imagerie hépatique. L’aspect typique à l’échographie est une lésion bien limitée, hyperéchogène, homogène avec un renforcement postérieur. L’échographie est le seul examen nécessaire au diagnostic lorsque tous les critères sont réunis pour une lésion de moins de 3 cm sur foie sain.4 En cas d’atypie, d’une taille supérieure, d’un antécédent de cancer solide ou en présence d’une hépatopathie sous-jacente, une imagerie en coupe avec injection de produit de contraste pourra être réalisée. L’imagerie par résonance magnétique (IRM) hépatique est l’examen de choix pour la caractérisation des tumeurs hépatiques bénignes : l’hémangiome a un aspect spontanément très hyperintense en séquence T2 caractéristique, hypodense en T1 sans injection puis prend le contraste en motte progressivement de la périphérie vers le centre (fig. 1A, 1B, 1C et 1D). Le diagnostic ne requiert pas d’analyse histologique, sauf dans de rares cas de présentation atypique liée par exemple au caractère sclérosant de l’hémangiome. Ce sont des tumeurs d’aspect spongieux, composées de cavités vasculaires anastomosées, associées parfois à des thromboses et à des remaniements scléreux (fig. 2A, 2B et 2C).5

Quelle prise en charge ?

L’hémangiome ne présente aucun risque de transformation maligne ni de saignement. En dehors d’exceptionnels cas d’angiome géant symptomatique,3 il n’y a donc aucune indication de traitement ni de surveillance, et la contraception orale peut être poursuivie. Le diagnostic radiologique d’hémangiome chez un patient ayant une hépatopathie chronique et a fortiori une cirrhose doit être fait dans un centre spécialisé afin d’écarter le diagnostic de carcinome hépatocellulaire.

Hyperplasie nodulaire focale

L’hyperplasie nodulaire focale a une incidence de 0,03 à 3 %, avec une nette prédominance féminine.6, 7 L’âge au moment du diagnostic se situe entre 30 et 50 ans. L’hyperplasie est généralement unique, mais elle est multiple dans près de 30 % des cas. Les hormones ne jouent pas de rôle dans son développement. Il s’agit d’une tumeur hépatique résultant d’une prolifération hépatocytaire polyclonale réactionnelle à une malformation vasculaire artérielle locale.

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