Les résultats de l’enquête menée en 2022 par l’EHSP et l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, en partenariat avec l’Éducation nationale, auprès de 9 337 élèves français, sont particulièrement préoccupants : 24 % des lycéens affirmaient avoir eu des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois (31 % de filles et 17 % de garçons).
Pour comprendre et aider la prise en charge de la détresse des adolescents, trois éminentes voix ont animé la session d’ouverture des JNMG, notre congrès de médecine générale.
Olivier Bonnot, pédopsychiatre, chef du service de psychiatrie de l’EPSM Barthélemy Durand (Sainte-Geneviève-des-Bois) et président du Syndicat des universitaires de psychiatrie, a exposé le tableau des adolescents d’aujourd’hui et les facteurs qui participent à leur mal-être.
Antoine Pelissolo, chef de service de psychiatrie Hôpital Henri Mondor Créteil, a détaillé les signes d’alerte et donné des pistes sur la conduite à tenir en cas de crise suicidaire. Il a décrit les situations qui doivent conduire à une orientation rapide et avec quelles transmissions pour convaincre de l’urgence.
Ralph Balez, docteur en psychologie à Brest, a précisé que faire lorsqu’il ne s’agit pas d’une urgence, mais qu’une orientation est indiquée, en attendant d’obtenir un rendez-vous en pédopsychiatrie. Que peut déjà mettre en place le médecin généraliste ? À partir d’une vignette très simple, plusieurs pistes concrètes ont été abordées : psychoéducation, mini-analyse fonctionnelle, analyse des facteurs qui préparent/déclenchent/maintiennent, repérage des conduites d’évitement et mise en place d’une exposition graduée, outils simples pour gérer la panique et les ruminations, place des parents et organisation du suivi.