La surveillance de la grippe depuis la semaine 40 montre qu’à ce jour il n’y a pas de circulation active des virus grippaux en France : seuls 11 ont été détectés (10 en milieu hospitalier et 1 par le réseau Sentinelles), dont au moins 2 chez des personnes de retour d’un voyage à l’étranger.

 

Selon le dernier Bulletin épidémiologique, datant du 13 janvier 2020, il n’y a eu aucun cas grave de grippe requérant une admission en réanimation ni d’épisodes d’infections respiratoires aiguës liés à la grippe dans les collectivités de personnes âgées depuis le début de la surveillance. 

Les souches détectées sont : 1 virus grippal de type B/Victoria en médecine de ville ; à l’hôpital, 6 virus de type B, dont 1 chez un patient de retour de voyage en Afrique de l’Ouest, 3 virus de type A(H3N2), dont 1 chez un patient également de retour d’un voyage en Afrique de l’Ouest, et 1 virus de type A non sous-typé.

Contrastant fortement avec les années précédentes (v. figures ci-dessous), cette situation, en lien avec la pandémie de Covid-19, peut s’expliquer par plusieurs facteurs : outre les mesures de distanciation sociale et de restriction de la circulation – confinement, télétravail, etc. –, les gestes barrière, le port du masque, et les mesures d’hygiène comme lavages des mains ont sans doute permis de réduire la circulation de la grippe, ces virus ayant des modes de transmission similaires (gouttelettes, aérosol, surfaces contaminées), comme le soulignait Vanessa Escuret, du Centre national de référence des infections respiratoires (dont la grippe), à propos de l’absence d’épidémie grippale en hiver dans l’hémisphère Sud, qui a préfiguré le même phénomène dans l’hémisphère Nord (selon les données recueillies par l’OMS pour celui-ci, la grippe y circule en cette saison à des niveaux très bas, typiques de l’été). 

Le phénomène d’interférence virale peut aussi jouer un rôle, a-t-elle expliqué : on observe habituellement, en automne et en hiver une circulation des rhinovirus, puis du VRS, puis l’épidémie de grippe, avec un recouvrement partiel des courbes, qui sont successives comme s’il y avait un mécanisme de compétition entre les différents virus. En ce sens, le SARS-CoV-2 aurait pris en quelque sorte « toute la place ».

Rappelons, en outre, que la couverture vaccinale contre la grippe des personnes à risque a augmenté de plus de 15 points par rapport à la saison 2019-2020 (34,4 % contre 19 % selon les estimations de fin octobre 2020, selon le BEH de la semaine 50).

Grippe1

Grippe2

L.M.A., La Revue du Praticien

Références

Source des figures : Santé publique France. Bulletin épidémiologique grippe, semaine 1. Saison 2020-2021.