En mai 2020, l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm) avait alerté sur la survenue de troubles neuropsychiatriques en lien avec la prise d’hydroxychloroquine, utilisée hors autorisation de mise sur le marché dans le traitement de la Covid-19. 

 

Elle avait en effet reçu une notification de son homologue espagnole sur des troubles apparus principalement pendant les premiers jours du traitement, chez des patients dont les antécédents psychiatriques étaient soit absents soit inconnus (la quasi-totalité ayant reçu une dose initiale de 800 mg le premier jour, suivie d’une dose de 400 mg/j).

Aujourd’hui, la revue de l’ensemble des données disponibles, initiée en mai à la demande des autorités espagnoles, confirme la survenue de ces troubles en lien avec la prise de doses élevées de ce médicament – un risque qui était déjà connu (psychose, nervosité, insomnies, dépression, etc.), même aux doses et dans les indications autorisées, à savoir le traitement de certaines maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus), et la prévention du paludisme.

Faisant suite à ces informations, le comité européen de pharmacovigilance a préconisé l’amélioration de l’information des professionnels de santé et des patients sur ces risques, et l’Ansm a informé que les résumés des caractéristiques du produit (RCP) et les notices de tous les médicaments contenant de l’hydroxychloroquine ou de la chloroquine seraient prochainement mis à jour.

Elle rappelle aussi qu’en cas de troubles de la santé mentale (par exemple : pensées irrationnelles, anxiété, hallucinations, confusion ou dépression, pensées suicidaires ou automutilations), les patients ou leurs proches doivent immédiatement contacter un médecin.

L.M.A., La Revue du Praticien