La communauté médicale internationale a décidé que le syndrome des ovaires polykystiques ne s’appellerait plus ainsi. Il porte désormais le nom de syndrome métabolique ovarien polyendocrinien (SMOP). Quelles sont les raisons de ce changement ? Quelles conséquences pour la pratique ?

Le terme SOPK – syndrome des ovaires polykystiques – est aujourd’hui considéré comme inadapté, car il ne reflète pas les caractéristiques endocriniennes et métaboliques de cette pathologie, contribuant au retard diagnostique, à une prise en charge fragmentée et à la stigmatisation. Ainsi, pour améliorer la prise en charge des patientes, un consensus d’experts publié le 12 mai 2026 dans le Lancet a acté le changement de nom de cette pathologie.

Une pathologie complexe

Le syndrome des ovaires polykystiques concerne 170 millions de femmes pendant leurs seules années de vie reproductive.

Le SOPK a longtemps été principalement perçu comme une affection gynécologique ou ovarienne ; or, l’accumulation des données a montré qu’il repose sur des perturbations endocriniennes impliquant l’insuline, les androgènes, ainsi que les hormones neuroendocriniennes et ovariennes.

Ses manifestations peuvent être multiples :

  • métaboliques : obésité, dysglycémie, diabète de type 2, hypertension artérielle, dyslipidémie, stéatose hépatique associée à un dysfonctionnement métabolique, maladie cardiovasculaire et apnée du sommeil ;

  • reproductives : troubles ovulatoires, cycles menstruels irréguliers, infertilité, complications de la grossesse et cancer de l’endomètre ;

  • psychologiques : dépression, anxiété, altération de la qualité de vie et troubles du comportement alimentaire ;

  • dermatologiques : acné, alopécie et hirsutisme.


L’IMC est souvent plus élevé chez ces patientes par rapport à la population générale et contribue à la sévérité de l’affection.

Un terme trop réducteur

Plusieurs arguments ont motivé le changement de nom.

Tout d’abord, le terme « ovaires polykystiques » implique la présence de « kystes ovariens pathologiques », ce qui ne constitue pas une caractéristique de l’affection. Cette dénomination impropre contribue à des malentendus entre patients et cliniciens.

Le nom actuel ne reflète qu’un seul organe et ne rend pas compte de la nature multisystémique du trouble.

La confusion découlant du nom actuel peut ainsi retarder le diagnostic – jusqu’à 70 % des personnes concernées restant non diagnostiquées –, contribuant à l’insatisfaction des patientes vis-à-vis des soins.

Enfin, ce nom axé sur la reproduction peut renforcer la stigmatisation.

C’est pourquoi, grâce à un processus mondial de consensus inédit et rigoureux, associant patientes, professionnels de santé multidisciplinaires et organisations mondiales, la communauté médicale internationale a pris la décision de modifier son appellation. La nouvelle dénomination – syndrome ovarien métabolique polyendocrinien, ou SMOP – supprime la référence trompeuse aux kystes ovariens et reflète plus exactement les manifestations diverses de l’affection.

Quelles conséquences ?

Diagnostic et bilan : inchangés

Après exclusion d’autres affections, le diagnostic chez l’adulte (de 20 ans ou plus), repose sur la présence d’au moins deux des critères suivants :

  • oligo-anovulation ;

  • hyperandrogénie clinique ou biochimique ;

  • ovaires polykystiques à l’échographie ou élévation de l’hormone antimüllérienne (AMH).


Chez les adolescentes, âgées de 10 à 19 ans, la présence des deux premiers critères est requise.

Le bilan hormonal doit être réalisé entre le 2e et le 5e jour du cycle (ou après déclenchement des règles par progestatifs type dydrogestérone), en l’absence de toute prise de corticoïdes et de contraception hormonale (au moins 3 mois après l’arrêt de cette dernière). Il est détaillé dans cet article.

Prise en charge : ce qui change (ou pas)

Mieux nommer une maladie ne suffit pas à mieux soigner, mais cela peut changer la manière d’écouter et prendre en charge les patients. La transition vers le nouveau nom se fera sur 3 ans selon les experts, avec l’objectif d’améliorer à la fois le diagnostic et la qualité des soins.

Ce changement de terminologie a une portée clinique directe : reconnaître la dimension systémique impose de sortir du suivi purement gynécologique (troubles de l’ovulation, infertilité) pour intégrer l’évaluation métabolique (profil lipidique, glycémie, stéatose hépatique…), inflammatoire et neuroendocrinienne dès le diagnostic.

Les recommandations internationales de prise en charge seront mises à jour d’ici 2028.

Pour en savoir plus
Teede HJ, Khomami MB, Morman R, et al. Polyendocrine metabolic ovarian syndrome, the new name for polycystic ovary syndrome: A multistep global consensus process.  Lancet 12 mai 2026.
Borges-Martins L. Vivre avec un syndrome des ovaires polykystiques. Rev Prat 2025;75(5);539-40.
Bachelot A. Hirsutisme : quelle prise en charge ?  Rev Prat (en ligne) 6 janvier 2026.
Martin Agudelo L. SOPK : quelle prise en charge en 2024 ? Rev Prat (en ligne) 7 mars 2026.

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