Prescrits dans plusieurs indications (schizophrénie, troubles bipolaires, formes sévères de dépression résistante…), les neuroleptiques exposent à un risque de constipation, parfois sévère, en raison de leurs propriétés anticholinergiques.
Il s’agit d’un effet indésirable connu, fréquent, inscrit dans les notices et dans les RCP de ces médicaments. Pourtant, elle continue d’être à l’origine de complications graves, parfois mortelles.
Dans ce contexte, l’ANSM rappelle aux professionnels de santé l’importance d’une prévention adaptée, d’une vigilance accrue et d’une prise en charge précoce de toute constipation chez les patients traités par neuroleptiques.
Recommandations pour les médecins
Pour prévenir la constipation sévère sous neuroleptiques, les médecins doivent être particulièrement vigilants, surtout chez les patients âgés de 60 ans, aux associations médicamenteuses, afin d’éviter une accumulation de médicaments à effets anticholinergiques. La détection précoce des signes d’alerte (douleurs abdominales, constipation sévère, diarrhée inexpliquée) est primordiale.
En cas d’atonie colique aiguë, la prise en charge doit être rapide : arrêt des antipsychotiques si nécessaire, évacuation d’un fécalome, traitement chirurgical éventuel.
Ainsi, l’ANSM recommande de :
évaluer la charge anticholinergique de la prescription (par exemple à l’aide du calculateur Omedit ) ;
prescrire un traitement préventif dès l’instauration du neuroleptique en cas de facteurs de risque de constipation ;
conseiller au patient d’adopter des mesures hygiéno-diététiques : hydratation suffisante, alimentation riche en fibres, activité physique adaptée ;
apprendre au patient et à son entourage à reconnaître les signes et l’importance de consulter rapidement (cf. ci-dessous) ;
questionner régulièrement le patient à propos de son transit, même en l’absence de plainte.
Que dire aux patients ?
Surveillez votre transit et signalez toute douleur abdominale, constipation sévère ou diarrhée inexpliquée à votre médecin ou à votre pharmacien ;
hydratez-vous suffisamment et adoptez une alimentation riche en fibres ;
ne modifiez pas votre traitement sans avis médical ;
consultez rapidement en cas de symptômes évocateurs d’une constipation sévère ou de complications : absence de selles, douleurs abdominales intenses, ventre gonflé, vomissements, fièvre...
Bourla A, Mouchabac S, Ferreri F. Surveiller un patient sous neuroleptiques. Rev Prat Med Gen 2020;34(1049);745-6.