Avec 58 459 nouveaux cas diagnostiqués de cancer du sein et 12 146 décès en 2018,1 le cancer du sein demeure le cancer le plus fréquent et une des premières causes de décès par cancer en France chez la femme. Une diminution de la mortalité a été constamment observée entre 1990 et 2018 et peut être liée d’une part aux progrès des thérapeutiques du cancer du sein, et d’autre part à un diagnostic plus précoce lié au dépistage par imagerie. Les programmes nationaux de dépistage organisé du cancer du sein ont été fondés sur les résultats de grands essais randomisés publiés au cours des dernières années, l’âge restant le principal critère de sélection de la population de femmes à inviter au dépistage, cet âge pouvant varier entre les pays, à partir de 40-50 ans, et jusqu’à 69-74 ans. Selon les pays, le rythme des mammographies de dépistage varie également, de tous les ans (aux États-Unis) à tous les 3 ans (au Royaume-Uni). Plusieurs larges essais randomisés contrôlés et méta-analyses ont ainsi évalué l’apport du dépistage organisé dans la réduction de la mortalité par cancer du sein, avec une réduction estimée de la mortalité de 12 à 58 %,2, 3 et une moyenne estimée à 21 %. Nous ferons ici le point sur l’apport de l’imagerie dans le dépistage du cancer du sein, pour les femmes sans facteurs de risque mais aussi pour les femmes à risque identifié.

Efficacité du dépistage organisé du cancer du sein

Onze grands essais randomisés (New York Health Insurance Plan [HIP], Malmö I and II, Comté de Suède 2 ­[Kopparberg et Östergötland], Canada I et II, Stockholm, Göteborg, UK Age Trial, et Edinburgh) ainsi que plusieurs revues systématiques de la littérature ont évalué l’apport du dépistage organisé dans la réduction de la mortalité par cancer du sein4, 5 et ont montré l’efficacité du dépistage du cancer du sein par la mammographie, par une réduction de 20 % en moyenne. L’évaluation par un panel d’experts anglais indépendant en 2013 a estimé que le dépistage par mammographie à partir de 50 ans permettrait d’éviter un décès par cancer du sein pour environ 250 femmes invitées.4 Une méta-analyse récente3 incluant 36 études de cohorte, 17 études cas-contrôle et 7 essais randomisés a montré que la mortalité par cancer du sein pouvait même diminuer encore plus que précédemment, allant jusqu’à 58 % dans certains pays d’Europe de l’Ouest.3 L’important, toutefois, pour arriver à ces résultats est la participation des femmes aux programmes proposés ; cependant, les taux de participation ne sont pas toujours optimaux, comme en France où ils ont atteint un seuil inférieur à 50 % (49,9 %) en 2017, avec une hétérogénéité selon les départements (de 32 à 68 %).6

Modalités du dépistage du cancer du sein en France

Dépistage organisé

En France, le programme de dépistage du cancer du sein a été établi en 1994 en se fondant sur les recommandations européennes avec des programmes pilotes dans quelques régions françaises, puis a été généralisé à l’ensemble du territoire français en 2004 lors du 1er Plan cancer. L’objectif était d’obtenir une baisse de la mortalité par cancer du sein par une participation des femmes suffisante au dépistage, tout en générant le moins possible de cas faux positifs. Le dépistage organisé cible les femmes de 50 à 74 ans, qui reçoivent tous les 2 ans une invitation à participer au dépistage, avec une mammographie gratuite. Ce dépistage comprend : un examen clinique mammaire par le radiologue présent sur place et une mammographie bilatérale avec deux incidences (incidences de face et oblique externe)...

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