L’arthroplastie totale de la hanche est un traitement efficace de la coxarthrose, mais les registres nationaux indiquent que 10 % des implants nécessitent par la suite une reprise chirurgicale, ce nombre passant à 30 % pour les patients opérés avant 50 ans.1 À court terme, les reprises chirurgicales sont effectuées pour luxation, infection ou échec mécanique ; à long terme, les reprises sont principalement effectuées en raison de la prothèse ou de son descellement mécanique qui ne sont pas toujours symptomatiques.1 Malgré le nombre élevé d’arthroplasties totales de la hanche pratiquées dans le monde, il n’y a pas de consensus concernant la surveillance des implants en postopératoire.2 Il est cependant essentiel d’effectuer un suivi clinique et radiologique approprié des arthroplasties pour identifier une prothèse défaillante – même de manière asymptomatique – et préparer une chirurgie de reprise, réduisant ainsi le risque de complications ou la complexité de la chirurgie.3 Cependant, on ne sait pas s’il est possible de démontrer que la surveillance de la prothèse améliore les résultats pour le patient ou réduit les coûts liés à la reprise chirurgicale.3

Modalités de surveillance

Une enquête auprès des membres de la Hip Society a été réalisée aux États-Unis pour déterminer la fréquence des visites de suivi après la pose d’une prothèse totale de la hanche.2 Le délai moyen avant la première visite de suivi était de 4,9 semaines, et 63 % des patients étaient vus 6 semaines après la chirurgie : 90 % des répondants ont vu les patients 1 an après la mise en place de la prothèse ; les visites de suivi après la première année étaient plus variables. Nous recommandons pour le suivi à long terme un contrôle radioclinique tous les 3 à 5 ans, en fonction du type de prothèse, afin de dépister une complication. Bien entendu, le patient est invité à reconsulter plus tôt en cas de problème. Dans tous les cas, un bilan radiographique doit être réalisé pour chaque consultation, avec des radiographies en charge (bassin de face et faux profil de Lequesne).

Risques à long terme, facteurs favorisants et conduite à tenir

L’objectif de la surveillance à long terme est de déterminer et, si possible, d’anticiper les complications. La Hip Society a listé 19 complications pouvant survenir après une prothèse totale de la hanche.4 Parmi ces risques à long terme, il faut retenir : les infections sur prothèse (infections tardives et infections secondaires), l’usure des surfaces articulaires, l’ostéolyse, le descellement aseptique de la prothèse, les démontages et les fractures d’implant, l’instabilité, la formation d’ossifications périprothétiques et les fractures périprothétiques.

Infections tardives

En cas de douleur, il faut toujours envisager une infection de la prothèse. Il est difficile de déterminer la fréquence des infections sur prothèse, mais le taux de 1 % est généralement admis (comprenant les infections aiguës et tardives). À long terme, deux types d’infection peuvent être diagnostiquées : les infections tardives et les infections secondaires. Les infections tardives sont des infections à très bas bruit, à germes peu agressifs, évoluant pendant plusieurs années. Elles deviennent symptomatiques à l’occasion d’une déficience générale du patient. Les infections secondaires prennent une forme plus aiguë, alors que la...

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