Introduction

Plus d’un siècle après la découverte du système de groupe sanguin ABO, la transfusion demeure aujourd’hui une thérapeutique majeure. Chaque année, plus de 3 millions de produits sanguins labiles sont transfusés dans les établissements de soins et permettent de traiter plus de 500 000 malades.
Le don de sang, bénévole, anonyme et gratuit, fait suite à un entretien médical pré-don. C’est la première étape de la chaîne transfusionnelle. Deux types de don existent : le don de sang total et le don par aphérèse, permettant de séparer et sélectionner un composant du sang. Chaque don bénéficie d’une qualification biologique qui consiste en une série d’analyses biologiques, permettant de déterminer les caractéristiques immuno-hématologiques du produit mais aussi de dépister des maladies transmissibles par le sang.
L’étape de préparation permet ensuite de transformer un don en produit sanguin injectable suivant les caractéristiques des produits définies dans l’arrêté du 1er avril 2019.[1] L’ensemble de ces différentes étapes sont soumises au respect des bonnes pratiques transfusionnelles (BPT).[2]

Types de produits sanguins labiles et leurs indications (tableaux 1 et 2)

On distingue différents produits sanguins labiles : les concentrés de globules rouges, les concentrés de plaquettes, le plasma frais congelé sécurisé et les concentrés de granuleux. Les concentrés de plaquettes s’obtiennent :
  • soit à partir des couches leuco-plaquettaires issues d’un don de sang total de maximum 12 donneurs – on parle de mélange de concentrés de plaquettes ;
  • soit à la suite d’un don par aphérèse issu d’un seul donneur ; on parle de concentrés de plaquettes d’aphérèse.
Les caractéristiques de base des principaux produits sanguins labiles sont présentées dans le tableau 1. À l’Établissement français du sang, le plasma frais congelé est sécurisé par deux procédés distincts :
  • la sécurisation par quarantaine, où le donneur est reconvoqué 60 jours après le don. De nouvelles analyses biologiques sont réa­lisées et, si les résultats sont négatifs, le produit peut être libéré ;
  • l’illumination aux UVA en présence d’amotosalène (IA). L’amotosalène est un agent intercalant de l’ADN et de l’ARN qui, après illumination aux UVA, bloque la réplication des agents pathogènes bactériens et viraux.
Le Centre de transfusion sanguine des armées prépare également du plasma, lyophilisé à partir d’un mélange de plasmas frais congelés sécurisés. Ce produit sanguin labile a l’avantage de pouvoir être conservé à température ambiante, à la différence du plasma frais congelé qui se conserve à des températures inférieures à -25 °C.
Il existe également un plasma traité par solvant détergent faisant appel à un processus industriel et entrant dans la catégorie médicament. Il est géré par les pharmacies des établissements de soins et répond aux règles de la pharmacovigilance. En l’état actuel des connaissances, ces quatre plasmas sont considérés comme équivalents et ont les mêmes indications.
L’indication de la transfusion suit les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS), qui précisent les indications des produits sanguins labiles et les seuils transfusionnels.[3-5]
De plus, elle s’intègre aujourd’hui dans le « patient blood management » visant par une approche multidisciplinaire à optimiser les soins des patients susceptibles d’être transfusés, dans le but de maîtriser les besoins transfusionnels, les coûts de santé tout en augmentant la disponibilité des produits sanguins labiles.

Indications de la transfusion de concentrés de globules rouges

La transfusion de concentrés de globules rouges a pour objectif d’augmenter les capacités de transport de l’oxygène (O2) ; l’indication de la transfusion doit prendre en compte la tolérance clinique de l’anémie, l’existence ou non d’un saignement, l’évaluation du rapport bénéfices-risques et l’existence d’éventuelles alternatives. D’une manière générale, chez l’adulte, le seuil transfusionnel est à 10 g/dL lorsqu’il y a une intolérance clinique ou des signes d’insuffisance coronarienne aiguë, 8 g/dL s’il existe des antécédents cardiovasculaires, et 7 g/dL pour les autres cas. Les anémies carencielles, d’installation très progressive, sont généralement bien supportées, et le traitement étiologique permet dans certains cas d’éviter un recours à un support transfusionnel.
Cas particulier de la drépanocytose
Anciennement appelée anémie falciforme, la drépanocytose est la plus fréquente des maladies génétiques en France. Elle se caracté­rise par la présence d’une hémoglobine anormale, l’HbS (S pour sickle : faucille), entraînant des anomalies du globule rouge à l’origine d’une anémie chronique et de crises vaso-­occlusives. Une transfusion simple sera indiquée dans les cas d’aggravation et d’intolérance clinique de l’anémie par rapport au taux basal de l’individu. Des échanges transfusionnels peuvent être indiqués en curatif ou en préventif pour...

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