Jusqu’à présent, après un épisode prouvé de Covid, une seule dose de vaccin était recommandée (autour de 6 mois après l’infection). La HAS complète ces recos à la lumière des résultats de nouvelles études. Que faut-il en retenir en pratique ?

 

Depuis février, la recommandation pour les personnes immunocompétentes ayant déjà eu un épisode de Covid-19 (symptomatique ou non) – avec un diagnostic confirmé par test PCR ou antigénique – était de ne recevoir qu’une seule dose de vaccin, administrée dans l’idéal environ 6 mois après l’infection (et au minimum 3 mois). Une sérologie pour détecter une possible infection antérieure asymptomatique n’était pas indiquée.

 

La HAS a donné le 3 juin 2021 des précisions sur cette recommandation.

D’une part, une seule dose est suffisante quelle que soit l’ancienneté de l’épisode de Covid, les personnes ayant déjà été infectées conservant une mémoire immunitaire durable.

En effet de nouvelles études – dont deux de l’Institut Pasteur – ont confirmé non seulement que la réponse immunitaire après infection persiste au moins 13 mois (probablement plus longtemps), mais aussi qu’une seule dose de vaccin chez les personnes précédemment infectées par le SARS-CoV-2 induit une augmentation importante des anticorps neutralisants contre le virus, y compris contre les variants (avec des titres même plus élevés qu’après 2 doses de vaccin). Et ce, quelle que soit l’ancienneté de l’infection.

 

D’autre part, la HAS recommande désormais la réalisation d’un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) sur prélèvement sanguin en parallèle de l’administration de la 1ère dose de vaccin. Pourquoi ce changement ?

Selon les estimations de l’Institut Pasteur, seulement 8 % de la population a été dépistée par test PCR ou antigénique alors que les personnes déjà infectées atteindraient près de 23 % de la population. De nombreuses infections seraient ainsi passées inaperçues, notamment chez les jeunes adultes et adolescents (à partir de 12 ans), plus susceptibles d’avoir eu une forme asymptomatique de la maladie, et qui peuvent aujourd’hui bénéficier de la vaccination. L’objectif est évident : simplifier le schéma vaccinal de ces personnes et libérer des doses pour accélérer la couverture vaccinale de la population.

En pratique, le test sérologique pourrait être réalisé juste avant l’injection de la première dose, car le résultat est obtenu en 15 min, ce qui correspond au temps de surveillance en salle d’attente du patient après administration du vaccin. 

Cependant, la HAS souligne qu’avant de généraliser cette démarche, il est essentiel de vérifier :

– que la mise en œuvre en conditions réelles de ce dépistage ne perturbe pas l’organisation de la vaccination actuelle (dans les centres de vaccination et en ville) ;

– les TROD utilisés aient des performances conformes aux exigences de la HAS

 

Attention : les tests sérologiques pour détecter un antécédent d’infection ne sont pas les mêmes que ceux utilisés pour évaluer l’efficacité de la vaccination, mais leurs résultats ne sont pas interprétables s’ils sont réalisés en post-vaccination. Donc faire un TROD chez une personne ayant déjà reçu une dose de vaccin n’a pas de sens. 

En revanche, si le patient a effectué un test sérologique à n’importe quelle date avant la vaccination, il peut montrer le résultat (positif) en centre de vaccination ou au médecin vaccinateur lors du rendez-vous pour la première dose, afin d’être épargné de la 2e (dans ce cas, il ne faut pas retarder l’injection de la première dose de 3 mois comme en cas de PCR ou test antigénique positif).

 

Une possibilité est de demander aux patients de réaliser le TROD en pharmacie avant la consultation de vaccination : ce site renseigne les localisations des pharmacies qui proposent ces tests.

 

 

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

 

Pour en savoir plus

HAS. Covid-19 : des TROD pour optimiser l’utilisation des doses de vaccins disponibles. 3 juin 2021.

 

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