La campagne vaccinale est bien avancée en France mais les messages institutionnels sont parfois ambigus et – urgence sanitaire oblige – en constante évolution. Indications des vaccins, des rappels, délais à respecter, contre-indications « légales »… Nous avons concocté pour vous un document très synthétique et illustré, que nous mettons à jour régulièrement, pour vous aider à vous y retrouver en un clin d’œil !

 

Quel vaccin selon l’âge du patient ?

Depuis le 1er juin, toutes les personnes de 18 ans et plus, quelle que soit leur situation, peuvent se faire vacciner.

La vaccination est aussi ouverte aux 12-17 ans, avec les vaccins Pfizer ou Moderna (à l’exception des adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique à la suite d’une infection par le SARS-CoV-2, pour lesquels la vaccination n’est pas recommandée). Pour les moins de 16 ans, l’autorisation de l’un ou l’autre des titulaires de l’autorité parentale est requise. Pour les modalités de remplissage dans Vaccin Covid, consulter ce lien.

Pour les femmes enceintes : la vaccination est possible dès le 1er trimestre de grossesse et recommandée dès le 2e trimestre (avis du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale du 21 juillet 2021). Le Centre de référence sur les agents tératogènes recommande de débuter, lorsqu’il est possible, le protocole entre 10 et 20 SA, c’est-à-dire après la fin de l’organogenèse et suffisamment tôt pour que la femme enceinte soit protégée au 3e trimestre.

 

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Concernant la campagne de rappels, la DGS encourage les praticiens à organiser rapidement ces séances auprès des patients éligibles (v. ci-dessous). Les modalités pratiques (commande des doses, conservation des flacons, etc.) pour la semaine du 11 octobre sont disponibles sur ce lien.

 

 

 

Combien de doses et à quel intervalle ?

Janssen :

1 dose + 1 rappel avec un vaccin à ARN au moins 4 semaines après (avis de la HAS du 24/08/2021), pour les plus de 55 ans.

 

Pfizer ou Moderna :

2 doses séparées de 3-4 à 6-7 semaines maximum.

Toutefois, pour les personnes de plus de 70 ans et les personnes sévèrement immunodéprimées*, ce délai de 28 jours peut être maintenu. Pour ces dernières, une troisième injection de rappel doit leur être administrée 4 semaines au moins après la 2e dose, ou dès que possible pour les personnes qui auraient déjà dépassé ce délai (v. ci-dessous le protocole à respecter).

*à savoir : transplantés d’organes solides ou de cellules souches hématopoïétiques ; patients sous chimiothérapie lymphopéniante ; traités par des médicaments immunosuppresseurs forts, comme les antimétabolites (mycophénolate mofétil [Cellcept, Myfortic], azathioprine [Imurel]) et les anti-CD20 (rituximab [Mabthera, Rixathon, Truxima]) ; dialysés chroniques ; atteints de leucémie lymphoïde chronique ou de certains types de lymphomes traités par anti-CD20 ; et, au cas par cas, les personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas des catégories susmentionnées ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif.

 

AstraZeneca :

2 doses à 12 semaines d’intervalle, pour les plus de 55 ans.

 

Situations particulières nécessitant un schéma vaccinal différent :

1. Personnes ayant déjà eu une infection par le SARS-CoV-2 (symptomatique ou non) : une seule dose au minimum 2 mois après l’infection, de préférence 6 mois.

Depuis le 3 juin, la HAS recommande la réalisation, si possible, d’un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) sur prélèvement sanguin en parallèle de l’administration de la 1ère dose de vaccin. Cela permettrait de déceler des infections passées asymptomatiques afin de simplifier le schéma vaccinal des personnes concernées et libérer des doses pour accélérer la couverture vaccinale de la population.

NB : Dans l’état actuel des connaissances scientifiques, il n’y a pas de contre-indication à la vaccination des patients ayant des symptômes prolongés de Covid-19.

Cependant, ce schéma à une dose ne concerne ni les patients ayant une immunodépression avérée, en particulier ceux qui reçoivent un traitement immunosuppresseur, ni les personnes âgées hébergées en établissement (EHPAD, USLD) qui doivent recevoir une 2e dose après un délai de 3 mois suivant le début de l’infection par le SARS-CoV-2. 

2. Personnes qui ont une infection par le SARS-CoV-2 confirmée par PCR dans les jours qui suivent la première dose du vaccin : la seconde dose ne doit pas être administrée dans les délais habituels, mais dans un délai de 3 à 6 mois après l’infection.

3. Pour les personnes immunodéprimées, voici les schémas vaccinaux à respecter (selon leur âge) :

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Dose de rappel : pour qui ?

Depuis le 1er septembre, les populations ci-dessous sont éligibles à une dose de rappel de vaccin Pfizer, quel que soit le vaccin utilisé lors de la primovaccination (le 15 octobre, la HAS a conseillé d'écarter Moderna temporairement pour la dose de rappel, en attendant la validation par l’EMA d’une AMM avec un schéma de rappel en demi-dose).

Sont éligibles à une 3e dose, à partir de 6 mois après la 2e :

– Les résidents des EHPAD et des USLD ;

– Les plus de 65 ans ;

– Les sujets à très haut risque de forme grave : atteints de cancers et de maladies hématologiques malignes sous chimiothérapie ; de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ; transplantés d’organes solides ou par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ; ayant des polypathologies chroniques ou au moins deux insuffisances d’organes ; ayant certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection ; atteints de trisomie 21.

– Les personnes ayant des pathologies facteurs de risque de forme grave :
o pathologies cardio-vasculaires : HTA compliquée (complications cardiaques, rénales et vasculo-cérébrales…) ; antécédent d’AVC, de chirurgie cardiaque ou de coronaropathie ; insuffisance cardiaque ;
o diabète de types 1 et 2 ;
o pathologies respiratoires chroniques : BPCO, insuffisance respiratoire, asthme sévère, fibrose pulmonaire, syndrome d’apnées du sommeil ;
o insuffisance rénale chronique ;
o obésité avec IMC ≥ 30 ;
o cancer ou hémopathie maligne ;
o maladies hépatiques chroniques, en particulier la cirrhose ;
o immunodépression congénitale ou acquise ;
o syndrome drépanocytaire majeur ou antécédent de splénectomie ;
o pathologies neurologiques :  maladies du motoneurone, myasthénie grave, SEP, Parkinson, paralysie cérébrale, quadriplégie ou hémiplégie, tumeur maligne primitive cérébrale, maladie cérébelleuse progressive ;
o troubles psychiatriques ;
o démence.

Sont éligibles à une dose de rappel :

– Les personnes sévèrement immunodéprimées : 4e dose dans un délai < à 6 mois (mais d’au moins 3 mois) après la 3e.

– Les personnes ayant reçu le vaccin Janssen : 1 dose de vaccin à ARN 4 semaines après la primo-vaccination.

Attention : à ce jour, les patients ayant contracté le Covid après leur premier schéma vaccinal ne doivent pas se voir proposer de dose de rappel. 

 

Le 6 octobre, la HAS a élargi les indications de la dose de rappel aux professionnels de santé et du secteur médico-social (ainsi qu'à ceux du transport sanitaire) et aux adultes de l'entourage des patients immunodéprimés.

 

 

Télécharger sur ce lien le questionnaire « Vaccination anti-Covid » à remplir par le médecin (pour primovaccination et dose de rappel).

 

Au bout de combien de temps le vaccin protège-t-il ?

Les vaccins à ARNm (Pfizer-BioNTech et Moderna) confèrent une protection partielle 2 semaines après l’injection, et une protection maximale 10 jours après la deuxième dose.

Quant aux vaccins à vecteur viral : celui d’AstraZeneca accorde une protection partielle 3 semaines après la 1ère injection et maximale 10 jours après la seconde ; celui de Janssen, une protection maximale 2 semaines après l’unique dose.

 

Quel délai entre les vaccins Covid-19 et les autres vaccins ?

Si, pour des raisons de pharmacovigilance, il est préférable de respecter un délai de 15 jours entre un vaccin anti-Covid et un autre vaccin, selon le Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale l’administration simultanée avec d’autres vaccins est possible.

Pour le vaccin contre la grippe, une co-administration avec la 3e dose de vaccin à ARN (pour les populations éligibles) est préconisée pour éviter tout retard de la campagne et simplifier le parcours vaccinal. Pour en savoir plus, lire Vaccination Covid + grippe : comment faire en pratique ?

 

 

Quelles sont les contre-indications médicales « légales » à la vaccination Covid ?

 

Contre-indications à la première dose :

1) antécédent d’allergie grave documentée (avis allergologue) à l’un des composants du vaccin, en particulier polyéthylène-glycols, et par risque d’allergie croisée, aux polysorbates ;
2) antécédent de PIMS post-Covid ;
3) épisodes de syndrome de fuite capillaire (contre-indication commune au vaccin Vaxzevria (AstraZeneca) et au vaccin de Janssen) ;
4) myocardites ou péricardites survenues antérieurement à la vaccination et toujours évolutives (CI temporaire) ;
5) traitement par anticorps monoclonaux anti-SARS-CoV-2 (CI temporaire).

 

Contre-indications à une 2e dose :

1) réaction anaphylactique au moins de grade 2 (atteinte cutanée + signes respiratoires et/ou hémodynamiques) à une première injection d’un vaccin contre le Covid, posée après expertise allergologique (HAS) ;
2) syndrome thrombotique et thrombocytopénique (STT) suite à la vaccination par Vaxzevria ou Janssen ;
3) une recommandation établie après concertation médicale pluridisciplinaire de ne pas effectuer la seconde dose de vaccin suite à la survenue d’un effet indésirable d’intensité sévère ou grave attribué à la première dose de vaccin signalé au système de pharmacovigilance (par exemple : myocardite, de syndrome de Guillain-Barré…).

Les modalités de délivrance des certificats de contre-indication à la vaccination Covid sont disponibles sur ce lien. Ce certificat permet notamment aux personnes concernées d'engager les démarches en vue de la délivrance du passe sanitaire.

 

Obligation vaccinale : pour quels professionnels ?

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Un cas contact vacciné doit-il s’isoler ?

Suivant l’avis du 18 juin 2021 émis par le HCSP au sujet du contact-tracing pour les personnes totalement vaccinées, la DGS recommande :

– Une quarantaine de 10 jours pour les cas contact « à risque élevé », c’est-à-dire :

. les personnes n’ayant pas reçu un schéma complet de vaccination (v. ci-dessus pour les différents cas de figure), ou

. ayant reçu le schéma complet depuis moins de 7 jours (pour Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ou 4 semaines (pour Janssen), ou

atteintes d’une immunodépression (v. ci-dessus), même lorsqu’elles ont reçu la 3e dose.

Ces personnes doivent également réaliser un test immédiat et à J7 du dernier contact avec le cas (J17 si même domicile) et informer leurs contacts (contact-warning).

– Pas de quarantaine obligatoire pour les cas contact « à risque modéré », à savoir toutes les personnes sans immunodépression grave ayant reçu un schéma complet depuis au moins 7 jours (pour Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ou 4 semaines (pour Janssen). Ces sujets doivent cependant réaliser un test immédiat et un test à J7 du dernier contact avec le cas (J17 si même domicile), porter un masque dans l’espace public, informer leurs contacts (contact-warning) et limiter leurs interactions sociales.

 

 

 

Et les patients vaccinés à l'étranger ?

Lire [Covid] Patients vaccinés à l’étranger : que faire ?

 

 

Comment éviter de gaspiller des doses de vaccin ?

Certaines applications permettent de « recruter » des volontaires à proximité le plus vite possible, en cas d'annulation des rendez-vous de vaccination prévus : Covidliste, CovidTracker...

 

 

 

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

 

Les documents indispensables :

Sécurité des vaccins Covid, efficacité contre les variants : l’analyse de Catherine Hill. Rev Prat (en ligne), 12 juillet 2021.

Nobile C. « Bras Covid » après Moderna ?Rev Prat (en ligne) 18 mai 2021.

Nobile C. Faut-il prendre du paracétamol avant vaccination Covid ? Rev Prat (en ligne) 4 mai 2021.

Nobile C. Thromboses atypiques après vaccination : que faire en cas de symptômes évocateurs ?Rev Prat (en ligne) 30 avril 2021.

HAS. Covid-19 : quelle utilité aujourd'hui pour les tests sérologiques ? 23 juin 2021.

 

Figures et tableaux
Références

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