Nous sommes bombardés d’informations contradictoires sur les indications des vaccins selon l’âge, les comorbidités à risque, les contre-indications… Les messages institutionnels sont parfois ambigus et – urgence sanitaire oblige – en constante évolution. Nous avons concocté pour vous un document très synthétique et illustré, que nous mettons à jour régulièrement, pour vous aider à vous y retrouver en un clin d’œil !

 

Quel vaccin selon l’âge du patient et les comorbidités ?

Depuis le 1er juin, toutes les personnes de 18 ans et plus, quelle que soit leur situation, peuvent se faire vacciner.

À partir du 15 juinla vaccination est ouverte aux 12-17 ans avec Comirnaty en centre de vaccination (à l’exception des adolescents ayant développé un syndrome inflammatoire multisystémique pédiatrique (PIMS) à la suite d’une infection par le SARS-CoV-2, pour lesquels la vaccination n’est pas recommandée). Pour plus d'informations : DGS. Ouverture de la vaccination aux enfants de 12 ans et plus à partir du 15 juin 2021. 13/06/2021.

Nouveautés de la stratégie vaccinale face aux variants la HAS préconise depuis le 21 juin, et en raison de la circulation rapide du variant indien, une vaccination dite « réactive » pour faire barrage aux variants préoccupants et d’intérêt : la vaccination de l’ensemble de l’entourage des cas infectés par ceux-ci (individus éligibles à la vaccination dans le foyer du cas détecté, dans son lieu de travail et/ou à l’école ou université), avec un vaccin à ARN.

Les modalités de commande pour les vaccins disponibles en ville (AstraZeneca, Janssen, Moderna) pour le restant du mois de juillet et les informations complémentaires sur les commandes antérieures sont disponibles sur le lien suivant : DGS. Ouverture du portail pour la commande de vaccins les 12-13 et 19-20 juillet. 12/07/2021. Pendant cette période, le portail de télédéclaration ouvrira entre les lundis matin et les mardi midi.

Tableau

L’âge de la personne est le principal facteur de risque de développer une forme grave de Covid-19. La HAS a donc recommandé de prioriser les populations cibles vaccinales en fonction de différentes classes d’âge et selon les facteurs d’exposition au virus (ex. : vie en collectivité, professionnels du secteur de la santé, etc.). Par ailleurs, à tranche d’âge égale, les personnes polypathologiques et/ou souffrant de comorbidités associées à un risque de développer une forme grave de Covid-19 sont prioritaires.

Les personnes concernées par la vaccination sont donc les suivantes :

L’ensemble des personnes de 18 ans et plus.

Les personnes de 16 ans et plus souffrant d’une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 :

. atteintes de cancers et de maladies hématologiques malignes en cours de traitement par chimiothérapie ;

. atteintes de maladies rénales chroniques sévères, dont les patients dialysés ;

. transplantées d’organes solides ;

. transplantées par allogreffe de cellules souches hématopoïétiques ;

. atteintes de polypathologies chroniques et ayant au moins deux insuffisances d’organes ;

. atteintes de certaines maladies rares et particulièrement à risque en cas d’infection (voir la liste sur ce lien) ;

. atteintes de trisomie 21 ;

. atteintes de mucoviscidose.

Les proches (à savoir les personnes vivant sous le même toit ou apportant une aide dans la vie quotidienne) de 16 ans et plus de personnes sévèrement immunodéprimées (v. liste ci-dessous)*.

La vaccination est recommandée pour les femmes enceintes à partir du 2e trimestre de grossesse.

 

 

Combien de doses et à quel intervalle ?

Janssen :

Schéma à une seule dose.

 

Pfizer ou Moderna :

Deux doses séparées de 3-4 à 6 semaines (42 jours) maximum. Exceptionnellement, pour faciliter la vaccination pendant l'été, le délai entre la 1ère injection et la dose de rappel peut être d'entre 21 et 49 jours, selon les annonces d'Olivier Véran du 15 juin.

Toutefois, pour les personnes de plus de 70 ans et les personnes sévèrement immunodéprimées*, ce délai de 28 jours peut être maintenu. Pour ces dernières, une troisième injection de rappel doit leur être administrée 4 semaines au moins après la 2e dose, ou dès que possible pour les personnes qui auraient déjà dépassé ce délai (v. ci-dessous le protocole à respecter).

* à savoir : transplantés d’organes solides ou de cellules souches hématopoïétiques ; patients sous chimiothérapie lymphopéniante ; traités par des médicaments immunosuppresseurs forts, comme les antimétabolites (mycophénolate mofétil [Cellcept, Myfortic], azathioprine [Imurel]) et les anti-CD20 (rituximab [Mabthera, Rixathon, Truxima]) ; dialysés chroniques ; atteints de leucémie lymphoïde chronique ou de certains types de lymphomes traités par antiCD20 ; et, au cas par cas, les personnes sous immunosuppresseurs ne relevant pas des catégories susmentionnées ou porteuses d’un déficit immunitaire primitif.

 

AstraZeneca :

Deux doses à un intervalle de 9 à 12 semaines (cet intervalle est maintenu, selon les annonces de la HAS du 3 juin).

Les personnes de moins de 55 ans qui ont reçu une première dose de ce vaccin avant que la HAS ait restreint son utilisation au plus de 55 ans (le 19 mars) devront recevoir une seconde dose avec un vaccin à ARNm (Pfizer ou Moderna) dans les 12 semaines suivant la première injection d’AstraZeneca, selon un schéma de type « prime-boost hétérologue ». 

 

NB : Un intervalle minimal de 14 jours est recommandé entre un vaccin contre le SARS-CoV-2 et un autre vaccin. Cependant, si les vaccins Covid-19 sont administrés par inadvertance dans les 14 jours suivant l’administration d'un autre vaccin, il n’est pas nécessaire de faire de dose supplémentaire pour l’un ou l’autre vaccin par rapport au schéma prévu. 

 

Situations particulières nécessitant un schéma vaccinal différent :

1. Personnes ayant déjà eu une infection par le SARS-CoV-2 (symptomatique ou non) : une seule dose au minimum 2 mois après l’infection, de préférence 6 mois. Depuis le 3 juin, la HAS recommande la réalisation, si possible, d’un test rapide d’orientation diagnostique (TROD) sur prélèvement sanguin en parallèle de l’administration de la 1ère dose de vaccin. Cela permettrait de déceler des infections passées asymptomatiques afin de simplifier le schéma vaccinal des personnes concernées et libérer des doses pour accélérer la couverture vaccinale de la population.

Toutefois, cela ne concerne ni les patients ayant une immunodépression avérée, en particulier ceux qui reçoivent un traitement immunosuppresseur, ni les personnes âgées hébergées en établissement (EHPAD, USLD) qui doivent recevoir une deuxième dose après un délai de 3 mois suivant le début de l’infection par le SARS-CoV-2. 

2. Personnes qui ont une infection par le SARS-CoV-2 confirmée par PCR dans les jours qui suivent la première dose du vaccin : la seconde dose ne doit pas être administrée dans les délais habituels, mais dans un délai de 3 à 6 mois après l’infection.

3. Pour les personnes immunodéprimées, voici les schémas vaccinaux à respecter (selon leur âge) :

Figure

 

 

Au bout de combien de temps le vaccin protège-t-il ?

Les vaccins à ARNm (Pfizer-BioNTech et Moderna) confèrent une protection partielle 2 semaines après l’injection, et une protection maximale 10 jours après la deuxième dose.

Quant aux vaccins à vecteur viral : celui d’AstraZeneca accorde une protection partielle 3 semaines après la 1ère injection et maximale 10 jours après la seconde ; celui de Janssen, une protection maximale 2 semaines après l’unique dose.

 

 

Y a -t-il des contre-indications à ces vaccins ?

Personnes allergiques

Pour le vaccin AstraZeneca : pas de contre-indication.

Pour Pfizer/Moderna : la grande majorité des patients allergiques (allergie respiratoire, cutanée ou alimentaire, y compris sévère) peuvent se faire vacciner sans consulter leur allergologue au préalable. Toutefois, ces vaccins à ARN sont contre-indiqués chez les patients qui ont une histoire clinique d’allergie vis-à-vis d’un des ingrédients (en particulier le polyéthylène glycol (PEG) et/ou polysorbate) ou qui ont eu une réaction allergique sévère lors de la première dose du vaccin (figure ci-dessous). De plus, si un patient a déjà eu une réaction immédiate sévère à un médicament injectable ou un autre vaccin, ou à un médicament non identifié, il doit consulter un allergologue avant vaccination. 

Résumé des recommandations de la Fédération française d’allergologie :

Tableau

 

 

Et pour les professionnels de santé ?

Tableau

*Une liste détaillée des professionnels du secteur de la santé et du secteur médico-social est disponible sur ce lien). 

Un cas contact vacciné doit-il s’isoler ?

Suivant l’avis du 18 juin 2021 émis par le HCSP au sujet du contact-tracing pour les personnes totalement vaccinées, la DGS recommande :

– Une quarantaine de 10 jours pour les cas contact « à risque élevé », c’est-à-dire :

. les personnes n’ayant pas reçu un schéma complet de vaccination (v. ci-dessus pour les différens cas de figure), ou

. ayant reçu le schéma complet depuis moins de 7 jours (pour Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ou 4 semaines (pour Janssen), ou

atteintes d’une immunodépression (v. ci-dessus), même lorsqu’elles ont reçu la 3e dose.

Ces personnes doivent également réaliser un test immédiat et à J7 du dernier contact avec le cas (J17 si même domicile) et informer leurs contacts (contact-warning).

– Pas de quarantaine obligatoire pour les cas contact « à risque modéré », à savoir toutes les personnes sans immunodépression grave ayant reçu un schéma complet depuis au moins 7 jours (pour Pfizer, Moderna, AstraZeneca) ou 4 semaines (pour Janssen). Ces sujets doivent cependant réaliser un test immédiat et un test à J7 du dernier contact avec le cas (J17 si même domicile), porter un masque dans l’espace public, informer leurs contacts (contact-warning) et limiter leurs interactions sociales.

Comment éviter de gaspiller des doses de vaccin ?

 Certaines applications permettent de « recruter » des volontaires à proximité le plus vite possible, en cas d'annulation des rendez-vous de vaccination prévus : Covidliste, CovidTracker...

 

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

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Figures et tableaux
Références

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