Vos patients allergiques se posent des questions sur les risques liés aux vaccins à ARN. Dans quels cas faut-il les adresser à l’allergologue ? Quel bilan effectuer ? En cas de réaction allergique lors de la première injection, quelles recommandations vis-à-vis de la deuxième dose ?
La Fédération française d’allergologie vient d’élaborer des recommandations très claires pour les médecins, accompagnées de deux algorithmes pratiques sur la conduite à tenir vis-à-vis des patients allergiques éligibles à la vaccination contre le SARS-CoV-2, selon leur niveau de risque.

 

Quand adresser à l’allergologue ?

Les patients ayant une allergie respiratoire, cutanée ou alimentaire, y compris sévère – la grande majorité des patients allergiques – peuvent se faire vacciner sans consulter leur allergologue au préalable. En effet, ces vaccins ne demandent pas plus de précautions, et la fréquence de ces réactions allergiques est très faible, environ 1/100 000.

Toutefois, si un patient a déjà eu une réaction allergique sévère à un médicament injectable, un autre vaccin, ou à un médicament non identifié, il doit consulter un allergologue (figure 1). Ce dernier effectuera un bilan pour confirmer ou infirmer une éventuelle allergie au polyéthylène glycol (PEG) et/ou polysorbate, deux excipients potentiellement allergènes présents dans les vaccins à ARN de Pfizer et Moderna. 

Pour les patients dont l’allergie au PEG ou au polysorbate est avérée (figure 1), deux solutions sont à envisager : attendre l’arrivée de vaccins sans PEG/polysorbate dans les prochains mois, ou réaliser une vaccination selon un protocole d’induction de tolérance (vaccination en secteur hospitalier spécialisé en allergologie sous surveillance médicale rapprochée). 

Figure 1

Quelles précautions prendre lors de l’administration du vaccin ?  

Après injection, les personnes doivent rester sous la surveillance du professionnel de santé pendant 15 minutes, les réactions allergiques survenant majoritairement dans l’heure. Comme pour toute intervention de ce type, il est conseillé de disposer de doses d’adrénaline auto-injectable. Si le patient ne ressent aucun effet indésirable au bout de 15 minutes (difficultés respiratoires, gonflements, urticaire, douleurs abdominales etc.), il peut repartir chez lui. 

Que faire si le patient a une réaction allergique après la première dose (figure 2) ?

Si des effets indésirables surviennent, le patient doit en informer le centre de vaccination afin de déterminer si une seconde injection est possible. La conduite à tenir dépend de leur degré de sévérité. En cas d’effets indésirables graves après la première injection, une consultation allergologique est indispensable. Si un symptôme d’allure allergique (sans anaphylaxie) apparaît dans les 6 heures, un bilan chez l’allergologue est recommandé. Si l’apparition est plus tardive (> 6h), le rappel peut être effectué sous antihistaminiques. 

Figure 2

Comment informer au mieux mon patient avant la vaccination ? 

Pour avoir des réponses aux questions en lien avec la vaccination, les patients peuvent appeler le numéro vert de l’association Asthme et Allergies : 0 800 19 20 21.

La FFAL a également mis à disposition une FAQ à destination des patients.

Cinzia Nobile, La Revue du Praticien

FFAL. Vaccin contre le SARS-CoV-2 : quand est-il nécessaire de consulter un allergologue ? Communiqué de presse du 27 janvier 2021.

Figures et tableaux
Références

Image : Adobe Stock