Des cas récemment rapportés de surdosage de vitamine D chez de jeunes enfants ont conduit l’Ansm, l’Anses et les sociétés savantes de pédiatrie en collaboration avec le Collège des sages-femmes à rappeler la conduite à tenir pour éviter ce surdosage et les risques associés.

 

Se manifestant par une hypercalcémie qui peut avoir des conséquences graves, comme des atteintes rénales à type de lithiase ou néphrocalcinose, le surdosage en vitamine D survient en particulier à la suite d’une prise de compléments alimentaires enrichis. 

En effet, contrairement aux médicaments, ces compléments peuvent avoir une concentration de vitamine D par goutte parfois très élevée (jusqu’à 10 000 UI), avec en plus une absence de recommandation de doses en fonction de l’âge. Le risque de surdosage est accru par la confusion que crée la présence sur le marché d’un nombre élevé de produits avec des concentrations différentes, et par la coexistence dans un même complément alimentaire d’autres vitamines (par exemple, la vitamine K, pour laquelle il n’existe pas de recommandation pour une administration quotidienne à des enfants) ou de calcium à forte dose, qui aggrave le risque d’atteinte rénale. De plus, certains compléments achetés sur Internet peuvent être non conformes à la réglementation. 

Il est donc recommandé de privilégier les médicaments par rapport aux compléments alimentaires, de contrôler les doses administrées (vérifier la quantité en vitamine D par goutte) et de ne pas multiplier les produits contenant cette vitamine. Faisant suite à ce rappel, le Pr Patrick Tounian (chef du service de nutrition et gastroentérologie pédiatriques à l'hôpital Trousseau, Paris) a mis en garde dans une communication sur LinkedIn contre le principal argument utilisé par les personnes ne voulant pas utiliser les médicaments contenant de la vitamine D : la présence potentielle de perturbateurs endocriniens ; un argument dont il a rappelé l'absence de fondement.

Pour rappel, la supplémentation en vitamine D est préconisée en Francedès les premiers jours de vie afin de prévenir le rachitisme ; elle doit être poursuivie pendant toute la phase de croissance et de minéralisation osseuse, c’est-à-dire jusqu’à 18 ans. Une mise à jour des recommandations nationales concernant les doses de destinées aux enfants est actuellement en cours ; elles s’aligneront sur les recommandations européennes, à savoir 400 UI/j de 0 à 18 anschez l’enfant en bonne santé sans facteur de risque, et 800 UI/j chez celui ayant un facteur de risque.

Pour en savoir plus

Ansm. Vitamine D chez l’enfant : recourir aux médicaments et non aux compléments alimentaires pour prévenir le risque de surdosage. 27 janvier 2021.

L.M.A., La Revue du Praticien