Retrouvez ici les informations pratiques et les données épidémiologiques régulièrement mises à jour. 
Dernière mise à jour :  15 janvier 2021

 

Les dernières données de Santé publique France, actualisées le 14 janvier 2021 à 14h , font état de 21 228 cas confirmés dans les dernières 24h, ainsi que de 9 214 hospitalisations, dont 1 354 en réanimation, au cours des 7 derniers jours, et d'un taux de positivité des tests de 6,5 %.

Par ailleurs, selon les chiffres communiqués le 13 janvier par la Direction générale de la santé,  318 216 personnes ont été vaccinées (+ 71 049 en 24h) depuis le début de la campagne fin décembre, parmi les publics prioritaires (personnes âgées en Ehpad ou en unité de soins de longue durée, personnes handicapées vulnérables en foyer d’accueil médicalisé, professionnels de santé de plus de 50 ans ou avec comorbidités). La vaccination s’ouvrira à l’ensemble des personnes de plus de 75 ans et celles ayant des pathologies à haut risque dès le 18 janvier.

Ainsi, toujours selon Santé publique France : 

« En semaine 01 (du 04 au 10 janvier 2021), les indicateurs épidémiologiques de suivi de l’épidémie de Covid-19 montraient une progression de la circulation du SARS-CoV-2 à un niveau élevé en France, suite aux rassemblements festifs de fin d’année. 

De plus, l’émergence de variants pourrait conduire à une accélération de l’épidémie et nécessite une vigilance accrue et un renforcement du respect des mesures d’isolement en cas de symptômes ou de cas de Covid-19 dans l’entourage.  Soixante-six cas d’infection au variant émergent du SARS-CoV-2 détecté au Royaume-Uni et trois cas d’infection au variant émergent du SARS-CoV-2 détecté en Afrique du Sud ont été rapportés en France.

La campagne de vaccination a débuté le 27 décembre 2020, et s’est intensifiée depuis le 04 janvier 2021. L’accélération de la vaccination est primordiale pour faire face à l’augmentation de la circulation du SARS-CoV-2 et à la présence de variants émergents sur le territoire.»

Quelle prise en charge pour les patients sans critères de gravité ?

La Haute Autorité de santé a mis à jour début novembre les recommandations de prise en charge en ville des patients suspectés de Covid-19 :

1. La majorité des patients atteints du Covid-19 relève d’une prise en charge ambulatoire.

2. L’évaluation clinique initiale et de suivi est à effectuer préférentiellement en présentiel.

3. L’examen clinique incluant notamment la mesure de la saturation en O2 confirme ou infirme la décision de la prise en charge ambulatoire.

Pour rappel, les signes de gravité imposant une hospitalisation sont : FR > 30/min, Sp02 < 90 % en air ambiant, pouls > 120/min ; PAS < 90 mmHg ou marbrures ; troubles de la conscience ; altération de l’état général chez le sujet âgé. Il faut appeler le 15 dès qu’un seul de ces critères est rempli.

Les comorbidités et/ou facteurs de risque associés à une progression défavorable de la maladie sont principalement l’hypertension artérielle, les pathologies cardiaques et le diabète, mais aussi : âge > 65 ans, pathologie respiratoire chronique, insuffisance rénale, cardiaque, cirrhose, antécédents d’AVC ou coronaropathie, chirurgie cardiaque, complications secondaires à une pathologie, immunodépression médicamenteuse (chimiothérapie anticancéreuse, immunosuppresseur, biothérapie et/ou corticothérapie à dose immunosuppressive), infection par le VIH non contrôlée ou avec des CDA < 200/mm3, greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques, cancer métastasé, obésité morbide (IMC > 40), grossesse à partir du 3trimestre. Ces patients peuvent donc bénéficier du chômage partiel.

4. Chez un patient symptomatique sans signe de gravité :

– Entre J1 et J4 après le début des symptômes : prescrire un test RT-PCR sur prélèvement nasopharyngé si le résultat peut être obtenu dans les 48h ; dans le cas contraire, prescrire un test antigénique sur prélèvement nasopharyngé. 

Pour des patients âgés de plus de 65 ans et/ou ayant un facteur de risque de forme grave, si le résultat du test antigénique est négatif, retester par RT-PCR.

– Entre J5 et J7 après le début des symptômes : prescrire un test RT-PCR qui doit être réalisé au plus vite.

– En cas de négativité ou non réalisation de la PCR, un test sérologique peut être prescrit après J14.

– Si le prélèvement nasopharyngé est difficile ou non réalisable (en raison d’une situation physiologique ou pathologique particulière – jeunes enfants, patients atteints d’hémophilie, entre autres –, prescrire un test RT-PCR sur prélèvement salivaire.

5. Si le résultat du test RT-PCR ou antigénique est positif, mettre en place le contact-tracing et la surveillance.

6. Chez une personne contact asymptomatique :

– si la personne a eu un contact étroit (par exemple, résident au sein du même foyer), réaliser le test RT-PCR ou antigénique par prélèvement nasopharyngé le plus tôt possible, pour réduire au maximum le risque d’exposition avec l’entourage (si test antigénique, répéter à 7 jours en raison de sa sensibilité moindre) ;

– si la personne n’a pas eu un contact étroit, réaliser le test RT-PCR ou antigénique par prélèvement nasopharyngé entre J5 et J7 après la date d’exposition.

Si le prélèvement nasopharyngé est impossible, réaliser un prélèvement oropharyngé.

[Concernant les tests, lire notre récapitulatif : « Covid-19 : tout ce qu’il faut savoir sur les tests »]

7. La prise en charge globale ambulatoire d’un patient est identique pour les patients en attente du résultat de la RT-PCR, les patients ayant une RT-PCR positive, et ceux à forte suspicion de Covid-19 ayant une RT-PCR négative.

8.L’isolement de la personne débute en attente du résultat de la RT-PCR, essentiel pour lutter contre la dissémination du virus. Un isolement de 7 jours – un compromis entre acceptabilité, effectivité et contagiosité – est indiqué :

– à partir du jour du début des symptômes pour les cas suspects, sans attendre les résultats du test ;

– à partir de la date du prélèvement dont le résultat revient positif pour les cas asymptomatiques ;

– à partir du jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes-contact, suivi d’un test RT-PCR réalisé au 5e/7e jour d’isolement : celui-ci sera poursuivi si le résultat du test est positif 

Cette durée est à adapter au cas par cas, selon la persistance ou non des symptômes au-delà des 7 jours : le ministère préconise, en effet, de poursuivre l’isolement du patient pendant 48h après la fin de la fièvre ; celui-ci doit par la suite porter le masque, tout en évitant le contact avec des personnes vulnérables pendant une semaine supplémentaire.

9. Chez un patient symptomatique, mettre en place un traitement symptomatique et une surveillance. Renforcer la surveillance entre J6 et J12 (notamment, chez les personnes de 65 ans et plus et/ou avec un facteur de risque connu).

Il n’y a pas d’indication à une antibiothérapie en dehors d’une infection bactérienne diagnostiquée.

En l’état actuel des connaissances, l’introduction de corticoïdes n’est pas indiquée chez les patients ayant une forme de Covid-19 non oxygéno-requérante : pour ces malades, cet usage des corticoïdes est délétère. Si le patient est traité par corticothérapie au long cours pour une autre pathologie, il faut contacter le médecin prescripteur, mais (sauf cas particulier) ne pas les arrêter.

Une anticoagulation préventive est indiquée chez des patients alités ou à risque thromboembolique (selon les recommandations). Il n’y a pas d’autre indication en l’état actuel des connaissances pour les patients non oxygéno-requérants.

10. Une RT-PCR en prévision d’une visite à une personne à risque de forme grave de Covid-19 n’a pas d’intérêt puisqu’un résultat négatif ne lève pas la nécessité des mesures barrières.

Consulter, pour plus de détails, la fiche « Réponses rapides » de la Haute Autorité de santé, Prise en charge de premier recours des patients suspectés de Covid-19 (mise à jour le 5 novembre 2020).

Pour la situation exceptionnelle des patients atteints de Covid pris en charge à domicile qui pourraient nécessiter d’une oxygénothérapie, consulter : « Oxygénothérapie à domicile : pour quels malades Covid ? »

La consultation de prévaccination contre la Covid-19 en soins de premier recours

Après le lancement de la campagne de vaccination, la HAS a élaboré une fiche « Réponses rapides » avec des recommandations destinées aux professionnels en soins de premiers recours, dont voici les aspects principaux :

1. La décision partagée de vaccination repose sur un colloque singulier du patient avec le médecin. Elle est fondée sur les éléments suivants :

– évaluation de la situation clinique du patient ;

– information du patient sur les bénéfices et les risques du vaccin ;

– préférences, questionnements et craintes du patient.

2. La vaccination n’est pas obligatoire. L’expression du consentement du patient doit être recueillie au préalable et tracée dans le dossier médical

3. Le vaccin est efficace sur la réduction du nombre de cas de Covid-19 symptomatiques.

Après deux doses, il permet une diminution de 95 % sur le risque relatif de survenue d’une Covid symptomatique.

La durée de protection apportée par le vaccin n’est pas établie à ce jour.

4. Selon la HAS, le vaccin est contre-indiqué chez les personnes ayant eu des manifestations allergiques graves telles des réactions anaphylactiques.

À noter, cependant, que la Société française d’allergologie a revu en janvier ses recommandations, et préconise désormais l’administration du vaccin Pfizer/BioNTech chez les patients ayant une allergie médicamenteuse ou alimentaire grave. Cependant, il doit rester contre-indiqué chez ceux qui ont une histoire clinique d’allergie vis-à-vis des ingrédients contenus dans le vaccin ou qui ont eu une réaction anaphylactique lors de la première dose du vaccin.

[Lire à ce propos notre récapitulatif : « Les vaccins à ARNm en 5 questions »]

5. Les effets indésirables incluent des réactions locales (des réactions systémiques légères ou modérées qui disparaissent rapidement après la vaccination. Quatre paralysies faciales a frigore ont été décrites chez les vaccinés avec une incidence comparable à celle de la population générale.

6. Il n’y a pas lieu de vacciner systématiquement les personnes ayant déjà développé une forme symptomatique de la Covid-19. Toutefois, ces personnes peuvent être vaccinées si elles le souhaitent, à l’issue d’une décision partagée avec le médecin. Dans ce cas il est recommandé de respecter un délai minimal de 3 mois à partir du début des symptômes et de ne pas vacciner en présence de symptômes persistants.

7. L’efficacité de la vaccination sur la transmission n’étant pas à ce jour connue, elle ne permet pas pour l’instant de s’affranchir des gestes barrières.

8. Dans les suites de la vaccination, le médecin est disponible pour le suivi du patient. L’un et l’autre contribuent au signalement des éventuels effets indésirables. 

Liens utiles

Vaccin Tracker : combien de de français vaccinés contre la Covid-19 - Covidtracker 

Ministère des Solidarités et de la Santé. Guide de la vaccination pour les médecins, infirmiers et pharmaciens.

Collège de la médecine générale. Coronaclic, toutes les informations utiles pour le médecin généraliste.

COREB mission nationale. Covid-19 – Procédures, avis et recommandations

Haute autorité de santé. Fiches « Réponses rapides Covid-19 » (prise en charge, téléconsultation, maladies chroniques, etc.)

Santé publique France. Coronavirus (Covid-19) (chiffres clés, outils de prévention, etc.)

Ministère des Solidarités et de la Santé. Coronavirus : informations aux professionnels de santé (recommandations de prise en charge, outils et fiches pour vos patients, aides logistiques et psychologiques aux professionnels de santé, etc.)