La ministre chargée de la Santé Stéphanie Rist a annoncé l’ouverture des inclusions d’IMPULSION, le programme pilote de dépistage du cancer du poumon, ce lundi 18 mai 2026. Organisation et objectifs, régions concernées, modalités pratiques pour inclure vos patients… On vous dit tout !

Plus d’un an après l’annonce de sa mise en place, c’est enfin le top départ ! Le programme pilote de dépistage organisé du cancer du poumon, IMPULSION (Implémentation du dépistage du cancer pulmonaire par scanner en population), vient de démarrer ce lundi 18 mai 2026, a annoncé la ministre chargée de la Santé Stéphanie Rist dans un communiqué de l’Institut national du cancer (INCa). Copiloté par les professeurs Marie-Pierre Revel (radiologue à l’AP-HP) et Sébastien Couraud (pneumologue aux HCL), ce programme est financé par l’INCa à hauteur de 6 millions d’euros. Il débute dans 5 régions pilotes : Île-de-France, Hauts-de-France, Pays de la Loire, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.

Étape préalable d’un programme de dépistage organisé

Avec un diagnostic réalisé dans 73 % des cas à un stade avancé de la maladie, le cancer du poumon présente un taux de survie nette à 5 ans de seulement 20 %, et est la première cause de mortalité par cancer, chez l’homme comme chez la femme, avec 33 000 décès annuels. Sa détection précoce, grâce au dépistage, permettrait de réduire de 20 à 25 %la mortalité spécifique par ce cancer. Il fait de plus partie des cancers répondant aux 10 conditions proposées par l’Organisation mondiale de la santé pour mettre en place un dépistage organisé.

IMPULSION constitue l’étape préalable à l’éventuelle mise en place d’un tel programme. Ce projet pilote vise à évaluer les conditions optimales pour le déploiement d’un programme de dépistage organisé en France, en veillant à s’adapter aux spécificités du territoire et à proposer plusieurs modalités d’invitation, notamment auprès des plus précaires et isolés.

Concrètement, ce dépistage repose sur la réalisation d’un scanner thoracique à faible dose. Les participants sont appelés à réaliser deux scanners à un an d’intervalle puis tous les deux ans. En complément, le programme prévoit pour les fumeurs un accompagnement à l’arrêt du tabac. En effet, combiner dépistage et arrêt du tabac permet de réduire de 38 % le risque de décès par cancer du poumon, selon l’étude NLST.

IMPULSION rassemble 29 structures partenaires, et vise l’inclusion, sur une période de 18 à 24 mois, de 20 000 participants.

Quels patients peuvent en bénéficier ?

Peuvent être inclus des fumeurs et ex-fumeurs (sevrés depuis moins de 15 ans), âgés de 50 à 74 ans, asymptomatiques et affiliés à la Sécurité sociale, notamment ceux ayant une consommation tabagique cumulée d’au moins 20 paquets années (PA)*. Il sera possible de descendre à une consommation de 15 cigarettes/jour pendant 25 ans ou 10 cigarettes/jour sur 30 ans, pour tenir compte de la prédominance de la durée de consommation sur la quantité consommée dans le risque de cancer du poumon.

Les critères de non-inclusion temporaires sont un scanner thoracique réalisé dans les 12 derniers mois, et des symptômes évocateurs d’infection respiratoire dans les 4 derniers mois.

Les critères de non-inclusion définitifs sont : comorbidités sévères contre-indiquant les explorations ou la prise en charge d’un cancer du poumon ; état général altéré (indice de performance PS de 2 et plus) ; dyspnée de repos (stade 4 de l’échelle mMRC) ; antécédents de cancer en cours de surveillance active par scanner ou TEP-scan, ou de cancer du poumon ; retrait du consentement ; symptômes évocateurs de cancer du poumon (hémoptysie, perte de poids inexpliquée, apparition ou modification récente de symptômes respiratoires…).

Rôle du MG

Le rôle du MG est déterminant dans l‘identification des patients éligibles et leur orientation vers le programme. L’inclusion des personnes peut être réalisée selon plusieurs modalités :

  • par un médecin investigateur, habilité à vérifier l’éligibilité (les MG peuvent leur référer des patients) ;

  • dans certains centres d’examen de santé de l’Assurance maladie, notamment pour les personnes les plus éloignées du système de santé :

  • sur la plateforme digitale depistage-cancer-poumon.fr ;

  • ou par téléphone au 34 33.


Dans les deux derniers cas, elle est ensuite complétée par un rendez-vous d’inclusion avec un médecin, qui vise à vérifier l’éligibilité du patient, à l’informer du programme et à recueillir son consentement. L’ensemble des professionnels intervenant dans ce programme reçoit une formation dédiée. Le médecin traitant est informé de la participation de son patient.

Les médecins traitants peuvent donc orienter leurs patients vers un médecin participant ou les informer des autres modalités d’accès au programme de dépistage (cf ci-dessus). 

En complément, une boîte à outils regroupant les documents pour informer les praticiens et les patients est proposée en encadré.

Que dire aux patients ?

Que répondre à vos patients volontaires ?


Quels arguments pour convaincre vos patients concernés ?

  • Les cancers du poumon sont la première cause de mortalité par cancer en France. Leur mauvais pronostic (taux de survie nette à 5 ans de 20 %) s’explique notamment par leur détection tardive : 73 % des cas sont repérés à un stade avancé de la maladie, ce qui réduit beaucoup les chances de guérison par rapport à une détection précoce.

  • La gravité de ce cancer réside dans le fait qu’il n’entraîne de symptômes qu’à un stade avancé de la maladie. Par ailleurs, le tabagisme étant responsable de près de 80 % des cas diagnostiqués, il reste le principal facteur de risque. L’objectif du dépistage est donc de permettre une détection précoce du cancer en amont de tout symptôme en se basant sur le tabagisme des patients, afin de proposer un traitement ou une intervention efficace.

  • Les scanners sont pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, et les consultations (inclusion, sevrage tabagique) sont prises en charge dans les conditions habituelles des régimes d’Assurance maladie.

  • Le dépistage du cancer du poumon par scanner à faible dose, pour lequel l’exposition aux radiations est minimisée, a fait la preuve de son efficacité dans la littérature scientifique, ce qui a motivé l’engagement du programme pilote IMPULSION, recommandé par la Haute Autorité de santé, autorité publique française indépendante d’évaluation en santé.

  • Comme tout dépistage, il peut avoir des limites : faux positifs ou négatifs, surdiagnostic, cancer d’intervalle… Cependant, les bénéfices potentiels l’emportent largement pour les personnes à haut risque comme les fumeurs et ex-fumeurs.


Encadre

Boîte à outils pour les patients et les praticiens

* Quantité de paquets années = nombre de paquets (de 20 cigarettes manufacturées) consommés par jour, multiplié par le nombre d’années pendant lesquelles la personne a fumé cette quantité. Pour le tabagisme hors cigarettes manufacturées, l’INCa indique qu’un coefficient multiplicateur est pris en compte dans le calcul des PA : cigarettes roulées : 2 ; cigarillos : 3 ; cigares : 4 ; pipe : 2.5 ; chicha : 25. À noter, ces coefficients ne font pas consensus et d’autres propositions d’équivalences légèrement différentes existent (par exemple, ici et ).

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