Selon le profil des voyageurs (âge, antécédents…) et leur lieu de villégiature, les recommandations diffèrent. Les indispensables de la trousse à pharmacie et les conseils et outils pour prévenir les risques.

 

Des vaccins à jour !

Un départ en voyage est d’abord une belle occasion de procéder à la vérification du carnet de vaccination du patient (figure ci-dessous) :

– Vaccins obligatoires des nourrissons : vaccins hexavalent, antipneumococcique, antiménigococcique C, ROR.

– Pour les adultes : vaccin dT(c)P à 25, 45 et 65 ans puis tous les 10 ans.

– Autres vaccins autochtones : contre le Covid-19, la grippe, le papillomavirus, le zona, la tuberculose, le rotavirus, les méningocoques A, B, Y et W.

– Des vaccinations complémentaires peuvent être nécessaires selon les destinations de voyage et la durée du séjour : hépatite A, fièvre jaune (obligatoire dans certains pays et réalisée en centres de vaccination du voyage), rage, encéphalite à tiques ou japonaise, typhoïde, etc.

Une trousse remplie mais pas trop !

Outre le traitement habituel du patient en quantité suffisante (y compris la contraception), plusieurs médicaments sont conseillés :

– Le paracétamol, en galéniques et dosages adaptés à tous les membres de la famille, sans jamais en banaliser l’usage.

– Les solutés de réhydratation, indispensables lorsqu’on voyage avec des nourrissons.

– Un antiseptique local (par exemple, chlorhexidine aqueuse) car le lavage à l’eau et au savon d’une plaie (tout aussi efficace) n’est pas toujours possible.

– Un tube de trolamine, pour les brûlures de premier degré (refroidir à l’eau claire courante avant toute application d’émollient).

– Des dosettes de sérum physiologique.

– Un antihistaminique H1 non sédatif (desloratadine) est parfois conseillé.

– Le traitement prophylactique contre le paludisme est de moins en moins prescrit. Dans les zones où la chimioprophylaxie est indiquée, on recommande une prescription pour les 3 à 6 premiers mois, à réévaluer à l’issue sur place par un médecin référent. Il n’est pas recommandé de prescrire un traitement de réserve pour le voyageur, qui en cas de fièvre doit consulter en urgence un médecin sur place. Toutefois, en cas d’expatriation ou de voyage itinérant, la prescription d’un traitement curatif d’avance (pipéraquine tétraphosphate-arténimol [Eurartésim], artéméther-luméfantrine [Riamet] ou atovaquone-proguanil [Malarone]), si non pris en prophylaxie, permet d’éviter le risque d’acheter sur place un médicament contrefait. Ce traitement n’est à suivre qu’après confirmation biologique du paludisme.3

À mettre aussi dans la valise :

– Carnet de vaccination à jour.

– Crème de protection solaire.

– Tire-tique.

– Solution hydro-alcoolique.

– Selon la destination : moustiquaire imprégnée, pastilles pour stériliser l’eau…

Prévention des risques : beaucoup de conseils et quelques outils

– Contre le soleil

La première des précautions est de ne pas s’exposer. Chapeau, ombrelle, lunettes de soleil, vêtements légers couvrants (éventuellement anti-UV) sont évidemment conseillés. Les crèmes de protection solaire doivent être choisies en fonction de leur indice de protection (à adapter selon le phototype du sujet et des conditions d’ensoleillement) et de leur composition (octocrylène à proscrire). L’application, en quantité suffisante, doit être répétée pendant toute la durée de l’exposition. En cas de nécessité de se protéger à la fois contre les moustiques et contre le soleil, il est conseillé d’appliquer d’abord la crème solaire puis d’attendre 20 minutes avant d’appliquer le répulsif.

– Contre la chaleur

Le principal risque des fortes chaleurs est la déshydratation, à la fois dangereuse en elle-même chez le sujet fragile (nourrisson, personne âgée) et pouvant aussi induire des déséquilibres thérapeutiques et la décompensation de maladies chroniques. Il n’est pas inutile de rappeler aux parents qu’il ne faut jamais couvrir une poussette d’un lange, occasionnant ainsi un « effet de serre » qui peut faire monter la température sous la capote de plusieurs degrés pour l’enfant. Veiller à ce quel’hydratation soit suffisante car petit enfant et personne âgée ne ressentent que rarement la soif. Il s’agit donc de leur proposer régulièrement à boire, de les rafraîchir avec des tissus humides au niveau des plis, de leur proposer du repos en espace tempéré, etc.

– Contre les morsures

La plus grande prudence est à respecter en présence d’animaux sauvages : ne pas s’en approcher, ne pas les nourrir (chiens, singes, serpents, etc.). Ils peuvent en effet mordre et être porteurs de pathologies infectieuses (dont la rage). Il est sage d’expliquer au patient la conduite à tenir, si malgré ces mesures de précaution, une morsure devait arriver : rassurer la victime, l’allonger à distance de la zone à risque (mise en sécurité), enlever les habits serrés, désinfecter la plaie, ne pas faire de garrot, ne pas aspirer ni inciser la plaie, essayer d’identifier l’animal (si possible en prenant une photo). De façon concomitante, il faut alerter et consulter le plus rapidement possible un médecin qui évaluera l’envenimation et mettra en place les soins adaptés en fonction de l’animal identifié.

– Contre les piqûres

Il est indispensable de s’équiper d’une moustiquaire imprégnée pour dormir tranquille dans les pays où le paludisme est endémique (moustiques d’activité nocturne). En journée et pour éviter de se faire piquer par les moustiques à activité diurne transmetteurs de la dengue, du chikungunya ou du zika, porter des habits couvrants (pantalons, manches longues, pieds couverts), imprégnés d’insecticide.

Un répulsif à application cutanée est recommandé en complément sur les zones découvertes. Attention, ces produits sont contre-indiqués avant l’âge de 6 mois. Entre 6 mois et 2 ans, le PMD (paramenthane-3,8-diol) 20 %, le IR3535 (butylacétylaminopropionate d’éthyle) 20 % ou le DEET (N,N-diéthyl-3-méthylbenzamide) 20 % (avant l’âge de la marche) et 30-50 % (après la marche), peuvent être utilisés (à appliquer au maximum 1 fois/j avant l’âge de la marche et 2 fois/j après). Ne pas appliquer sur les mains et le visage du petit enfant, mais sur les mains de l’adulte puis étaler sur la peau de l’enfant. Au-delà de 2 ans, les répulsifs possibles sont le PMD 20-25 %, le IR3535 25-35 %, le DEET 30-50 % ou le KBR3023 (icaridine) 20-25 %. Appliquer au maximum 2 fois par jour avant 12 ans et 3 fois par jour après 12 ans. Il est conseillé de laver la peau avant le couchage.

Contre les infections courantes, des conseils de bon sens s’imposent : se laver les mains régulièrement à l’eau et au savon (ou avec un soluté hydroalcoolique), stériliser l’eau à l’aide de pastilles spécifiques ou en la faisant bouillir, toujours éplucher fruits et légumes, ne boire que de l’eau en bouteilles fermées et refuser les jus de fruits pressés à la sauvette. De même, les baignades en eau douce et la marche pieds nus sur sol humide doivent être prudentes.

Pathologies chroniques : attention au risque de décompensation

Les patients atteints de maladie chronique (HTA, asthme, diabète, drépanocytose, etc.) doivent bénéficier d’une consultation spécialisée avec éducation sanitaire préalablement à leur voyage. Il est raisonnable de les informer des facteurs de risque de décompensation (chaleur, altitude, modification de régimes, conduites à risque…). Et ils doivent être vigilants à emporter leur traitement en quantité suffisante.

N’oubliez pas les conseils universels

– Toute fièvre chez un enfant de moins de 3 mois doit amener à consulter rapidement un médecin.

– Toute fièvre sur place ou au retour de voyage en zone impaludée impose une consultation rapide.

– Les systèmes d’aspiration de venin sont à proscrire.

– Chez l’adolescent, la prévention des comportements à risque (sexualité, substances psychoactives, sports dangereux, etc.) est indispensable.

– Il est important de souscrire à une assistance médicale et à une assurance prenant en charge les soins sur place et un éventuel rapatriement.

Kristell Delarue, La Revue du Praticien

Pour en savoir plus :

1. Santé publique France. Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2021 (à l’attention des professionnels de santé)BEH Hors-série 1er juin 2021.

2. Outil pratique : Enfant voyageur. Recommandations. Groupe de pédiatrie tropicale, 2020.

3. Bouchaud O. Dossier Paludisme. Rev Prat 2019;69(2);145-71.

4. Barbat V. Comment bien choisir ses lunettes de soleil ?Rev Prat (en ligne) juillet 2021.

5. Béani JC. Protection solaire : le point.Rev Prat Med Gen 2018 ;32(1003) ;470-1.

Figures et tableaux
Références
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