Les mécanismes immunitaires à l’origine des allergies peuvent se mettre en place très tôt dans la vie. L’exposition aux allergènes in utero ou via le lait maternel semble être une piste prometteuse pour prévenir leur apparition. Un essai randomisé australien a évalué l’effet d’une alimentation riche en œufs et en arachides pendant la grossesse sur le risque d’allergies chez l’enfant.

30 % des Français sont allergiques et les projections de l’OMS suggèrent qu’une personne sur deux le sera en 2050. Les allergies alimentaires n’échappent pas à cette tendance et touchent particulièrement les enfants1. Les œufs et les arachides faisant partie des allergènes classés prioritaires par l’OMS2, des pistes de prévention sont imaginées. L’une d’elles repose sur l’exposition aux allergènes in utero et via le lait maternel.

Deux régimes œufs/cacahuètes

Cet essai randomisé paru dans le NEJM en septembre 2026 a inclus 2 137 femmes recrutées dans quatre villes australiennes. Elles ont été réparties aléatoirement en deux groupes : l’un devait suivre un régime riche en œufs et en arachides (au moins 6 œufs et 60 cacahuètes par semaine), l’autre conserver une consommation réduite de ces aliments (moins de 3 œufs et 30 cacahuètes par semaine). Au total, 1 070 femmes ont été assignées au groupe à forte consommation et 1 067 au groupe contrôle.

Les participantes devaient suivre ce protocole avant le début de leur 23e semaine de grossesse et jusqu’au 4e mois du bébé. Pour participer à l’étude, elles devaient allaiter leur enfant au moins jusqu’à cette date et avoir une grossesse monofœtale. Pour ailleurs, au moins deux membres de la famille biologique de l’enfant à naître (parents ou frères et sœurs) devaient présenter une maladie allergique diagnostiquée médicalement (eczéma, asthme, rhinite allergique ou allergie alimentaire).

L’adhésion au protocole était évaluée chaque mois à l’aide d’un questionnaire via téléphone portable.

Quand les bébés ont eu un an, des prick-tests avec le blanc d’œuf et l’arachide ont été réalisés. Les antécédents de réactions allergiques étaient également recueillis.

L’ensemble des participantes a reçu un guide de la diversification alimentaire conçu par Australasian Society of Clinical Immunology and Allergy. Comme pour celui de Santé publique France3, les parents sont invités à commencer la diversification dès le 4e mois, même avec les aliments susceptibles de provoquer des allergies4.

Pas de différence

Résultats : aucune différence significative entre les deux groupes. Plus précisément, les prick-tests ont été positifs pour 7,8 % des enfants du groupe dont les mères avaient suivi le régime riche en œufs et en cacahuètes contre 8,4 % dans le groupe témoin. En considérant les deux allergènes séparément, le constat était similaire : une allergie aux œufs était diagnostiquée chez 6,2 % des enfants du groupe intervention contre 7,2 % dans le groupe contrôle ; quant à l’allergie aux cacahuètes, les pourcentages étaient identiques dans les deux groupes (2,6 %). Concernant les diagnostics d’eczéma à 4 mois et à 12 mois, à nouveau, pas de différence significative (16,4 % contre 18,1 % à 4 mois ; 42,8 % contre 46,2 % à 12 mois).

En conclusion, l’alimentation de la mère pendant la grossesse et l’allaitement ne semble ni augmenter ni diminuer le risque d’allergie IgE médiée aux œufs ou aux cacahuètes chez le bébé.

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