Avec une prévalence de 25 %, la rhinite allergique (RA) s’invite très souvent au cabinet, notamment au printemps et en été. Depuis 2010, les préconisations médicamenteuses guidant la prise en charge de ses différentes formes (encadré) avaient peu évolué, en France comme à l’international. Leur actualisation par l’ARIA (Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma) et l’EAACI (European Academy of Allergy and Clinical Immunology) marque une évolution dans la stratégie thérapeutique.
Les traitements nasaux en 1re ligne
Dans la RA persistante modérée à sévère, les experts recommandent désormais en 1re intention une association d’antihistaminique – corticostéroïde intranasale, sans privilégier de combinaison spécifique. Dans la RA saisonnière modérée à sévère, la supériorité d’azélastine-fluticasone sur olopatadine-mométasone est maintenant établie. Dans la RA saisonnière légère, le corticostéroïde intranasal reste une option de première ligne.
En cas d’échec ou d’impossibilité d’utiliser une combinaison, les traitements intranasaux suivants sont recommandés en monothérapie (par ordre décroissant de préférence) : corticostéroïde (surtout fluticasone), antihistaminique, puis chromone.
L’usage d’un décongestionnant nasal (Aturgyl, Rhinofluimicil, Derinox, Pernazène…) n’est plus recommandé.
Les antihistaminiques intranasaux semblent légèrement plus efficaces que les oraux. Toutefois, ces derniers, mieux acceptés par les patients et plus largement disponibles, peuvent être privilégiés en cas d’indisponibilité des formes intranasales ou de préférence du patient pour la voie per os (il convient alors de choisir un antihistaminique oral de deuxième génération, cf. après).
Par rapport aux précédentes guidelines, un traitement médicamenteux est recommandé avec un plus haut niveau de preuves en comparaison de simples mesures prophylactiques : éviction + lavage nasal ou oculaire au sérum physiologique.
Quelle place pour les traitements oraux et oculaires ?
En deuxième intention, après échec des différentes options nasales, les traitements oraux sont proposés, avec en premier recours, les antihistaminiques de 2e génération. Le choix de la molécule doit tenir compte des priorités du patient et de sa tolérance.
Dans la RA saisonnière, les antileucotriènes sont utilisables en 2e ligne (à ne pas combiner avec les antihistaminiques oraux).
Enfin, le traitement des symptômes oculaires par des antihistaminiques en collyre est déconseillé dans la RA saisonnière (sauf pour soulagement rapide des symptômes, pendant maximum 7 jours ; sinon, antihistaminiques oraux), mais recommandé dans la RA persistante. Si échec : prescrire des stabilisateurs topiques des mastocytes.
Classification de la rhinite allergique
RA saisonnière (ou intermittente) : ≤ 4 j/semaine ou ≤ 4 semaines/an.
RA persistante (ou perannuelle) : > 4 j/semaine et > 4 semaines/an.
RA légère : symptômes peu gênants, RA sans impact sur le sommeil, les activités sociales, scolaires et professionnelles.
RA modérée à sévère (≥ 1 item) : symptômes gênants, perturbation sur le sommeil, les activités sociales, scolaires ou professionnelles.
RA : rhinite allergique.
D’après : Collège des enseignants de pneumologie. Item 188. Asthme, rhinite. 2023.
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Bhavsar P. Seasonal allergy guidelines 2026: what’s changed and what it means for you. TeleDirectMD 27 avril 2026.
Autegarden JÉ. Rhinite et conjonctivite allergiques. Rev Prat Med Gen 2023;37(1077);241-4.
Nobile C. Rhinite allergique : quel est le meilleur antihistaminique ? Rev Prat (en ligne) 18 mai 2026.
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SFORL. Recommandation pour la pratique clinique. Prise en charge diagnostique et thérapeutique des rhinites allergiques par l’ORL. Juillet 2020.