Le skin popping
(skin : peau ; popping : éclater) est une pathologie secondaire à des injections intradermiques ou sous-cutanées de drogues variées (héroïne, cocaïne, ou opiacés divers), se manifestant par une destruction du revêtement cutané. Ce mode d’administration de substances psychoactives est choisi pour différentes raisons : état veineux altéré du fait des injections répétées, recherche d’un plaisir prolongé et plus rapide (entre 8 à 10 minutes après l’injection), méconnaissance ou manque de dextérité pour injecter en intraveineux.
Cliniquement, des lésions cicatricielles sont mises en évidence. Elles prennent l’aspect de cratères plus ou moins pigmentés. Ces formations sont surtout mises en évidence sur les membres supérieurs (bras, avant-bras), l’abdomen mais aussi les membres inférieurs (jambes et cuisses) et le cou.
De nombreuses complications peuvent survenir dans le cas d’une administration aiguë (infection, abcès, folliculite, fasciite nécrosante, dermohypodermite) ou chronique (troubles pigmentaires régionaux, granulome, insuffisance rénale, amylose, nécrose digitale, cicatrices).
La prise en charge est avant tout curative, notamment en cas de surinfection (germes anaérobies ou staphylococciques). Une surinfection est cinq fois plus fréquente en cas d’injections sous-cutanées et/ou intradermiques qu’en cas d’injections par voie intraveineuse.
Parallèlement, il est important de discuter de l’opportunité d’initier un sevrage.