Les kystes intraprostatiques sont des lésions bénignes le plus souvent d’origine congénitale, rarement acquise. Ils sont de découverte de plus en plus fréquente grâce au développement des moyens d’imagerie. Ces lésions sont souvent asymptomatiques.1
Classiquement, on distingue trois types de kyste : d’origine müllérienne (kyste de l’utricule prostatique, kystes des canaux de Müller), des canaux éjaculateurs et des vésicules séminales.1 Dans le cas présenté, le kyste était d’origine müllérienne.
Les kystes d’origine müllérienne se présentent comme des formations kystiques intraprostatiques médianes dont la caractéristique essentielle est de ne pas contenir de spermatozoïdes. Les deux autres types de kyste contiennent des spermatozoïdes. Tous ces kystes peuvent entraîner une infertilité, par différents mécanismes.2
Les circonstances et l’âge de découverte des kystes prostatiques sont très variables selon le type du kyste, son volume, sa localisation et ses éventuelles complications.3
La plupart des patients consultent pour des signes d’irritation vésicale, d’obstruction urétrale, d’infection génitale telle qu’une épididymite ou une infertilité. Parfois, ces kystes peuvent se compliquer par une hémorragie, une infection, une cancérisation ou une calcification.3
L’examen clinique repose essentiellement sur le toucher rectal, qui permet de mettre en évidence une masse médiane liquidienne intraprostatique, la palpation d’une masse abdomino-pelvienne est plus rare.L’examen physique est complété par un examen des organes génitaux externes, à la recherche de malformations associées.2
Le spermogramme peut montrer une hémospermie ou des signes d’hypofertilité. L’analyse cytologique et bactériologique du liquide intrakystique aide à en déterminer la nature.
Plusieurs moyens d’imagerie permettent le diagnostic de ces kystes.
L’échographie prostatique par voie sus-pubienne ou endorectale a un double intérêt diagnostique et thérapeutique, avec la ponction-aspiration du liquide intrakystique. Elle est un examen essentiel pour la classification des kystes prostatiques. En effet, les kystes d’origine müllérienne apparaissent comme une image liquidienne anéchogène à paroi régulière, de topographie médiane intraprostatique. Les kystes des canaux éjaculateurs sont de topographie médiane et légèrement latéralisée et se projettent sur le trajet du canal éjaculateur.4
L’imagerie par résonance magnétique (IRM) prend une place de plus en plus importante dans l’exploration de la prostate. L’exploration multiplan est un examen parfaitement adapté à l’étude de la pathologie kystique de la prostate. L’IRM visualise la masse liquidienne en précisant ses dimensions, ses rapports et ses limites. Les kystes à contenu purement liquidien, tels que les kystes des canaux éjaculateurs, ont un signal identique à l’urine, à savoir hyposignal en pondération T1 et hypersignal en T2 ; en cas de contenu hémorragique ou riche en protéines, ces lésions apparaissent en hypersignal T1 et T2.5
La tomodensitométrie donne les mêmes renseignements radiologiques que ceux de l’IRM, mais avec une moindre précision.
L’urétroscopie et l’urétrocystographie rétrograde peuvent être utilisées dans le diagnostic de ces kystes.
La prise en charge des kystes prostatiques n’est pas encore bien codifiée ; il existe une grande variété de traitements, comme les techniques percutanées par ponction-aspiration du kyste, les techniques endoscopiques et les techniques chirurgicales d’exérèse.3
Les kystes intraprostatiques restent une pathologie rare mais qui peut contribuer à l’infertilité masculine d’origine excrétoire. Le traitement est indiqué dans les cas symptomatiques compliqués ou en cas d’hypofertilité. Le traitement endoscopique, peu invasif, est toujours à privilégier en première intention.