Café, thé, boissons énergisantes… l’American Heart Association a passé au crible la littérature pour évaluer les effets de la caféine sur le risque et les maladies CV. Malgré des données surtout observationnelles, des tendances se dégagent, avec des effets qui varient selon les sources de caféine, les doses et le profil des consommateurs.

Présente dans plus de 60 plantes, la caféine est l’une des plus anciennes substances psychotropes. Si elle existe sous forme de compléments alimentaires, la plus grande source provient de notre alimentation (café, thé, chocolat, boissons énergisantes…). La caféine est intégralement absorbée par le tube digestif et atteint un pic de concentration une heure après ingestion.

Dans une prise de position , l’American Heart Association fait le point sur ses effets sur le cœur à partir d’une revue de la littérature. Mais les auteurs se sont heurtés à plusieurs limites : la plupart des études sont observationnelles et ne portent pas sur la caféine, mais surtout sur le café, boisson contenant aussi d’autres molécules bioactives. Les auteurs pointent également les disparités individuelles de réponse à la caféine, liées aux facteurs génétiques influençant le métabolisme de cette molécule (variants de l’isoenzyme CYP1A2) et aux habitudes de consommation.

Des effets globalement favorables

Comme l’EFSA en 2015, cette nouvelle publication ne relève pas de risque majeur lié à la consommation modérée de caféine (400 mg/j soit 3 - 4 tasses) dans la population générale (hors femmes enceintes).

Concernant la pression artérielle (PA), les études ne permettent pas d’établir un consensus sur ses effets à long terme, sauf pour deux matrices contenant de la caféine : les extraits de grains de café vert pourraient diminuer la PA, alors que les boissons énergisantes peuvent l’augmenter de façon significative, probablement en raison des fortes doses de caféine et des autres molécules présentes dans ces produits (taurine, etc.).

Pour le diabète de type II, les études observationnelles montrent une diminution du risque de développer cette maladie avec une consommation de café ou de décaféiné.

Concernant les lipides, une association avec une augmentation du taux de LDL-c est retrouvée uniquement pour le café non filtré (à piston, café turc…), à cause de sa teneur plus élevée en cafestol.

Quant aux maladies CV, les données suggèrent que la consommation modérée et régulière de café (voire de décaféiné pour certaines) est associée à un risque plus faible de maladie coronaire, d’insuffisance cardiaque et d’AVC. Les données sur les troubles du rythme sont hétérogènes. Contrairement à une idée répandue, boire du café ne semble pas augmenter le risque de fibrillation atriale (FA) : un essai randomisé récent, incluant des patients atteints de FA après cardioversion, montre une diminution de 39 % du risque de récidive chez les consommateurs quotidiens par rapport aux « abstinents ». En revanche, la consommation de café serait associée à une augmentation des extrasystoles ventriculaires.

Gare aux boissons énergisantes !

Si les auteurs concluent que « la consommation modérée et habituelle de café peut faire partie d’un mode de vie sain », ils mettent en garde contre les produits ajoutés au café noir, tels que le sucre, les sirops… ainsi que contre les boissons énergisantes. Les données sur ces dernières sont limitées, mais elles suggèrent une augmentation des risques CV (élévation de la PA et arythmies notamment). Ces résultats sont en accord avec l’avis de l’ANSES, qui recommande de limiter la prise de ces produits, voire de l’éviter chez les sujets sensibles (femmes enceintes, enfants) ou dans certains contextes (consommation d’alcool, activité physique).L’American Heart Association a passé au crible la littérature pour étudier les effets de la caféine sur le cœur. Malgré des données surtout observationnelles et centrées sur le café, des tendances se dégagent, avec des effets qui varient selon les sources de caféine (café, thé, boissons énergisantes…), les doses et les profils des consommateurs.

Présente dans plus de 60 plantes, la caféine est l’une des plus anciennes substances psychotropes. Si elle existe sous forme de compléments alimentaires, la plus grande source provient de notre alimentation (café, thé, chocolat, boissons énergisantes…). La caféine est intégralement absorbée par le tube digestif et atteint un pic de concentration une heure après ingestion.

Dans une prise de position , l’American Heart Association fait le point sur ses effets sur le cœur à partir d’une revue de la littérature. Mais les auteurs se sont heurtés à plusieurs limites : la plupart des études sont observationnelles et ne portent pas sur la caféine, mais surtout sur le café, boisson contenant aussi d’autres molécules bioactives. Les auteurs pointent également les disparités individuelles de réponse à la caféine, liées aux facteurs génétiques influençant le métabolisme de cette molécule (variants de l’isoenzyme CYP1A2) et aux habitudes de consommation.

Des effets globalement favorables

Comme l’EFSA en 2015, cette nouvelle publication ne relève pas de risque majeur lié à la consommation modérée de caféine (400 mg/j soit 3 - 4 tasses) dans la population générale (hors femmes enceintes).

Concernant la pression artérielle (PA), les études ne permettent pas d’établir un consensus sur ses effets à long terme, sauf pour deux matrices contenant de la caféine : les extraits de grains de café vert pourraient diminuer la PA, alors que les boissons énergisantes peuvent l’augmenter de façon significative, probablement en raison des fortes doses de caféine et des autres molécules présentes dans ces produits (taurine, etc.).

Pour le diabète de type II, les études observationnelles montrent une diminution du risque de développer cette maladie avec une consommation de café ou de décaféiné.

Concernant les lipides, une association avec une augmentation du taux de LDL-c est retrouvée uniquement pour le café non filtré (à piston, café turc…), à cause de sa teneur plus élevée en cafestol.

Quant aux maladies CV, les données suggèrent que la consommation modérée et régulière de café (voire de décaféiné pour certaines) est associée à un risque plus faible de maladie coronaire, d’insuffisance cardiaque et d’AVC. Les données sur les troubles du rythme sont hétérogènes. Contrairement à une idée répandue, boire du café ne semble pas augmenter le risque de fibrillation atriale (FA) : un essai randomisé récent, incluant des patients atteints de FA après cardioversion, montre une diminution de 39 % du risque de récidive chez les consommateurs quotidiens par rapport aux « abstinents ». En revanche, la consommation de café serait associée à une augmentation des extrasystoles ventriculaires.

Gare aux boissons énergisantes !

Si les auteurs concluent que « la consommation modérée et habituelle de café peut faire partie d’un mode de vie sain », ils mettent en garde contre les produits ajoutés au café noir, tels que le sucre, les sirops… ainsi que contre les boissons énergisantes. Les données sur ces dernières sont limitées, mais elles suggèrent une augmentation des risques CV (élévation de la PA et arythmies notamment). Ces résultats sont en accord avec l’avis de l’ANSES, qui recommande de limiter la prise de ces produits, voire de l’éviter chez les sujets sensibles (femmes enceintes, enfants) ou dans certains contextes (consommation d’alcool, activité physique).

Encadre

Lien entre la consommation de caféine et les maladies cardiovasculaires

Facteurs de risque cardiovasculaire

  • La relation avec la PA suit une courbe en J inversé : légère augmentation pour les faibles niveaux de consommation, puis diminution lorsque la consommation augmente.

  • La consommation de café est associée à une diminution du risque de diabète.

  • Aucune relation claire entre la caféine et les lipides ; cependant, le café non filtré augmente le LDL-C.

Maladies cardiovasculaires

  • Réduction démontrée du risque de fibrillation auriculaire (principalement avec le café).

  • Augmentation du risque d'extrasystoles ventriculaires.

  • Effet neutre ou diminution du risque de maladie coronarienne.

  • Effet neutre ou réduction du risque d'insuffisance cardiaque.

  • Diminution du risque d'accident vasculaire cérébral (principalement avec le café).

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