Myriam, 52 ans, a une gonarthrose bilatérale. Elle consulte, inquiète, car depuis quelques semaines elle a noté l’apparition d’une dépression hypopigmentée après une infiltration de corticoïdes dans cette zone trois mois auparavant (photo).
La lipoatrophie involutive localisée idiopathique est une affection peu répertoriée, décrite pour la première fois seulement en 1986. Elle concerne le plus souvent le sujet jeune et de sexe féminin. Elle peut survenir dans les suites d’une injection de corticoïdes, d’antibiotiques ou d’insuline.
Son origine demeure encore obscure. Cependant, certains auteurs évoquent le rôle du système immunitaire : la production de cytokines par les lymphocytes T CD8 et les macrophages CD68+ conduirait à une action destructrice sur les cellules graisseuses.
Cliniquement, après l’injection d’un corticoïde, une dépression cutanée, souvent dépigmentée et à limites nettes, apparaît, dans un délai variant de quelques semaines à plusieurs mois. Cette lésion peut mesurer quelques centimètres ; elle est asymptomatique et le plus souvent unique, située surtout au niveau lombaire ou aux membres inférieurs.
Sur un plan histologique, on observe une réduction du nombre et de la taille des lobules graisseux. En parallèle, il existe une hyalinisation du tissu conjonctif à proximité.
Le traitement consiste à dédramatiser la situation et à expliquer que cette lipoatrophie disparaît spontanément au bout de quelques mois. L’utilisation d’une aiguille suffisamment longue lors du geste d’infiltration doit permettre d’en prévenir l’apparition.
Pour en savoir plus
Yamanoto T, Yokozeki H, Nishioka K. Localized involutional lipoatrophy: report of six cases. J Dermatol 2002;29(10):638-43.