Le défi du « Janvier sec » (Dry January) réunit, pour son édition 2021, une trentaine d’organisations (sociétés savantes, fédérations, associations, groupes de patients et acteurs mutualistes). L’objectif ? Promouvoir une pause de la consommation d’alcool pendant 1 mois, dont les bénéfices sur la santé sont multiples : perte de poids, meilleur sommeil, regain d’énergie, meilleure concentration et, à terme, une consommation d’alcool mieux maîtrisée. Est-il besoin de rappeler que celle-ci est responsable de 45 000 morts par an en France ?

Si en 2020 l’opération du « Janvier sec » a buté contre des résistances institutionnelles à la suite des pressions du lobby alcoolier, cette année, elle fait face à d’autres difficultés, marquée par le sceau de la pandémie de Covid-19. Car, bien que notre sociabilité soit réduite par les mesures visant à endiguer l’épidémie, les confinements successifs ont entraîné, dans certains cas, une hausse de la consommation des substances addictives – alcool, tabac, cannabis… –, l’ambiance anxiogène y contribuant probablement.

Si, selon Santé publique France, près d’un quart des Français ont diminué leur consommation d’alcool lors du premier confinement, celle-ci est restée stable dans 65 % des cas et a augmenté chez 11 % des personnes interrogées. Une augmentation plus fréquemment rapportée chez les moins de 50 ans et les parents d’enfants de moins de 16 ans. Le défi est donc de taille ! 

Nouveauté, pour cette édition : l’application « Try Dry » est désormais disponibles en français. Pilotée en France par le réseau de la Fédération Addiction, elle permet aux usagers de suivre leur consommation et leurs jours sans alcool, et de se fixer des objectifs personnalisés.

Retrouvez nos articles récents sur les troubles de l’usage de l’alcool :

Batel P (dir.) Dossier – Trouble de l’usage de l’alcool. Rev Prat 2019;69(8);885-921.

Deleuze J. Alcool : le grand déni national. Rev Prat 2019;69(2);119.

Batel P. Alcool : 45 000 morts par an. Rev Prat Med Gen 2019;33(1026);575.

Bouvet de la Maisonneuve F, Laqueille X. Maladie alcoolique chez la femme, quelles spécificités ? Rev Prat 2019;69(2);179-81.

Figures et tableaux