Des risques, des dommages, une dépendance
Naviguez en eaux troubles. Le champ nosographique de l’addiction à l’alcool s’est encore modifié mais, cette fois, en se simplifiant. Vous aurez ainsi deux siècles de retard à le désigner par « alcoolisme » et un léger décalage avec l’approche désormais unidimensionelle du DSM-5 si vous persistez à distinguer l’abus de la dépendance.

La terminologie « trouble de l’usage de l'alcool » n’est pas une pirouette sémantique. Elle recouvre une graduation continuelle d’un risque désormais plus clair, bien évalué, de développer des dommages à court ou long termes insoupçonnés depuis des quantités consommées faibles. Les enquêtes en population générale montrent la persistance d’un quart à la moitié (selon les enquêtes) des Français consommant au-delà des seuils de risques récemment redéfinis par Santé publique France. Si les grands espoirs de révolution pharmacothérapique ne sont pas encore au rendez-vous, il est admis désormais qu’il faut adapter le programme thérapeutique aux capacités cognitives du patient en l’engageant par un accompagnement psychosocial empathique dans un changement dont il choisira l’ampleur en concertation avec vous.

Au sommaire

Consommation d’alcool en France métropolitaine en 2017

La consommation d’alcool entraîne de nombreux problèmes sanitaires et sociaux à court et long terme.1-4 En France, l’alcool reste très fréquemment consommé et est responsable de plus de 40 000 décès par an.5 Les données d’enquêtes telles que le Baromètre de Santé publique France 2017 en population adulte (25 319 personnes âgées de…

Trouble de l’usage d’alcool : évolution de la nosographie

Si la 10e révision de la Classification internationale des maladies (CIM-10) est très utilisée en clinique pour le codage des troubles et des maladies, la 5e version du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) est surtout utilisée en recherche. Et, pourtant, cette dernière édition du DSM représente une…

Risques liés à l’alcool

La consommation d’alcool augmente le risque de très nombreuses maladies ainsi que le risque de mort violente : accident, suicide et homicide, sachant que les risques d’accident et d’homicide peuvent être encourus par un non-buveur exposé à la violence causée par une personne alcoolisée.

Consommer l’alcool avec modération : la jungle des recommandations et la réalité de la consommation en France

Sur toutes les publicités pour les boissons alcoolisées que la dégradation de la loi Evin a fait apparaître partout, on peut lire : « à consommer avec modération » ; cette périphrase est un ajout des alcooliers au texte règlementaire « l’abus d’alcool est dangereux ». Les alcooliers ont ainsi transformé un avertissement négatif en…

Repérage des troubles cognitifs liés à l’alcool

La France est un des pays les plus consommateurs d’alcool au monde. Près de 3,5 millions de personnes expérimentent une consommation à risque, mais moins de 10 % accèdent à des soins spécifiques, et les prises en charge sont marquées par un taux de rechutes important. Les profils de patients souffrant d’un trouble de l’usage de l…

Prise en charge médicamenteuse des troubles de l’usage de l’alcool

Le développement d’un trouble de l’usage de l’alcool repose sur des altérations de la régulation du système de récompense, centré sur la libération de dopamine et des circuits de la réponse au stress.1 Ces perturbations génèrent le craving ou envie irrépressible de consommer une substance pour en retrouver les effets. Le craving est…

Prise en charge non médicamenteuse des troubles de l’usage de l’alcool

Les interventions psychosociales sont historique­ment prééminentes dans l’arsenal thérapeutique. Elles se sont enrichies, au cours des années, de nombreuses approches : analytiques, sociales, systémiques, corporelles, méditatives, de soutien, cognitivo-comportementales et motivationnelles. Quel que soit le type d’intervention…

Trouble de l’usage de l’alcool : les 10 messages

1 L’introduction en 2013 de la catégorie diag­nostique du DSM-5 du trouble de l’usage de l’alcool a permis de rejoindre la CIM-10 dans une approche dimensionnelle de l’addiction à l’alcool. Elle fait disparaître dans un continuum gradué par le nombre de critères une distinction entre abus et dépendance, aux frontières souvent tenues…

Les messages clés

1 L’introduction en 2013 de la catégorie diag­nostique du DSM-5 du trouble de l’usage de l’alcool a permis de rejoindre la CIM-10 dans une approche dimensionnelle de l’addiction à l’alcool

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