Combien de temps dure une prothèse totale de hanche (PTH) ? Les dernières estimations consensuelles dataient de 2019, et reposaient sur des matériaux désormais obsolètes. Une mise à jour parue dans le Lancet revoit ces chiffres à la hausse, confirmant l’amélioration de la fiabilité et de la résistance des implants actuels.

Lorsqu’une prothèse totale de hanche (PTH) est envisagée, la question de sa survie, c’est-à-dire le délai sans nécessiter de reprise chirurgicale, est centrale pour une décision éclairée des patients. Or, les données dont disposent les praticiens à ce sujet reposent sur des études déjà anciennes, avec comme référence principale une revue systématique parue en 2019 dans le Lancet. Cette dernière évaluait la survie prothétique à 77,6 % (IC95 % = [76,0 %- 79,2 %]) à 25 ans, et 78,8 % ([77,8 - 79,9]) à 20 ans.

Cependant, les prothèses sur lesquelles sont basées ces estimations ont été implantées avant 2003, alors que la plupart des PTH utilisaient des céramiques de 1re et 2e générations ou des polyéthylènes conventionnel (UHMWPE), à la durée de vie limitée par l’usure. Depuis, de nouvelles PTH se sont imposées en pratique clinique, à base de matériaux plus durables et résistants : prothèses à couple de frottement céramique-céramique de 3e (alumine-alumine) ou 4e générations (alumine-zircone), prothèses à couple céramique/polyéthylène hautement réticulé (XLPE) ou à couple métal/XLPE.

Près de 2 millions d’arthroplasties considérées

Afin de déterminer la durée des PTH actuellement implantées, une équipe internationale de chirurgiens orthopédistes a réalisé une revue systématique avec méta-analyse. Ils se sont restreints aux études et registres référencés au 13 juin 2024 dans les bases de données Medline et Embase et ayant évalué la survie prothétique des PTH modernes (listées plus haut), avec au moins 10 ans de suivi. À partir des travaux inclus, ils ont extrapolé la survie des prothèses modernes à 30 ans (leur critère de jugement principal).

Leurs résultats sont parus le 28 février 2026 dans le Lancet. Les chercheurs ont basé leurs évaluations sur 1,9 millions d’arthroplasties totales de la hanche issues avant tout de 8 registres nationaux (Australie, Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Norvège, Royaume-Uni, Suède), mais aussi de 29 études cliniques (N = 5 203 personnes).

La survie des prothèses apparaît bien plus importante avec les matériaux utilisés aujourd’hui qu’auparavant. Tous types de PTH confondues, elle atteint 92,1 % ([90,1 - 93,7]) à 30 ans, 92,8 % ([91,2 - 94,2]) à 25 ans et 93,6 % ([92,3 - 94,7]) à 20 ans.

Les différences entre les 3 types de PTH modernes considérés (céramique-céramique, céramique/XLPE, métal/XLPE) n’étaient pas significatives, avec des intervalles de confiance se recoupant largement.

Pour les auteurs, ces taux de survie, bien supérieurs à ceux observés avec les générations antérieures de prothèses totales de hanche, montrent que la transition vers de nouveaux matériaux ces 20 dernières années a grandement diminué le taux d’usure des implants, ce qui explique probablement l’allongement de leur durée de vie.

Pour en savoir plus
Pentland V, Thompson Z, Dayimu A, et al. Survivorship of modern total hip replacement to 30 years: systematic review, meta-analysis, and extrapolation of global joint registry data.  Lancet 2026;407(10531):855-66.
Pour aller plus loin :
Flouzat Lachaniette CH. Surveillance à long terme d’une prothèse de hanche.  Rev Prat 2019;69(10):1147-50.
Housset V. Surveillance au cours des six premiers mois suivant la pose d’une prothèse totale de la hanche.  Rev Prat 2019;69(10):1143-4.
Dossier élaboré selon les conseils du Pr Philippe Hernigou. Prothèse de la hanche.  Rev Prat 2019;69(10):1121-51.
Favard L, Bacle G, Berhouet J. Item 363. Fractures fréquentes de l’adulte et du sujet âgé – Partie 1 : Extrémité supérieure du fémur.  Rev Prat 2021;71(3):e93-106.

Dans cet article

Ce contenu est exclusivement réservé aux abonnés

Une question, un commentaire ?