En France, une nouvelle loi instaure une stratégie nationale pluriannuelle de lutte contre les maladies cardio-neurovasculaires. Dépistage renforcé, sensibilisation lors des rendez-vous de prévention… Quels changements pour la médecine de ville ?

Deuxième cause de mortalité en France derrière les tumeurs, les maladies cardioneurovasculaires sont responsables de plus d’un décès sur cinq, notamment en raison des cardiopathies ischémiques, des AVC et de l’insuffisance cardiaque. Elles représentent un coût de 20 milliards d’euros/an, et touchent davantage les populations défavorisées. Or, ces pathologies sont liées à des facteurs de risque modifiables (HTA, hypercholestérolémie, surpoids, DT2, tabagisme), pour lesquels la prévention précoce s’avère efficace. Chez les patients de 50 ans ayant tous ces facteurs de risque, en supprimer un seul améliore ainsi l’espérance de vie de plusieurs années.

En plus d’être un enjeu de réduction des inégalités de santé, une stratégie nationale de prévention CV pourrait générer entre 800 millions et 1,2 milliard d’euros d’économies par an. Une proposition de loi portée par Yannick Neuder (cardiologue et ancien ministre de la Santé) et élaborée avec plusieurs sociétés savantes (Académie, SFC, SFNV) a été promulguée le 27 juillet 2026. Qu’en retenir en MG ?

Renforcer « Mon Bilan Prévention »

Lors des rendez-vous « Mon Bilan Prévention », les médecins sont explicitement tenus à proposer « un dépistage des maladies cardioneurovasculaires et des maladies cardiaques structurelles  ». Ce dernier doit comprendre « une évaluation clinique et biologique », et prendre en compte « les déterminants propres au risque cardioneurovasculaire des femmes », trop souvent négligés.

Ces rendez-vous préventifs sont l’occasion pour les médecins de sensibiliser aux facteurs de risques CV, « notamment le tabagisme, l’excès de consommation d’alcool, la sédentarité, l’obésité, le cholestérol, le diabète, la maladie rénale chronique et l’hypertension artérielle ».

Un nouveau rendez-vous spécifique à 6 ans

De plus, un rendez-vous spécifique au dépistage précoce des maladies CV est créé dans l’enfance, notamment pour détecter l’hypercholestérolémie familiale. Il doit être réalise dans l’année qui suit le 6e anniversaire de l’enfant.

Impliquer la médecine du travail

Les services de prévention et de santé au travail voient leurs missions élargies à des campagnes de dépistage et des actions de sensibilisation annuelles à ce sujet. Lors de la visite médicale de mi-carrière, le médecin du travail propose également un dépistage des maladies CV.

Le dépistage de l’HTA étendu aux paramédicaux

Outre les infirmiers, les pharmaciens et les masseurs-kinésithérapeutes peuvent dorénavant mesurer la PA. L’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes s’est félicité d’une disposition qui « sécurise cette pratique et conforte le rôle » des kinés dans le repérage précoce de l’HTA.

Éduquer les écoliers

Pour renforcer la connaissance des pathologies CV dans le grand public, « les élèves bénéficient, au cours de leur scolarité, d’actions de prévention et d’information, notamment sur les facteurs de risques CV », qui doivent être réalisées une fois par an dès l’école élémentaire

Évaluation dans 3 ans

Dans 3 ans, le gouvernement devra remettre au parlement un rapport évaluant le nombre de personnes en ayant bénéficié, son coût et les économies générées.

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