Pseudokyste mucoïde digital

Anicet, 77 ans, a une tuméfaction en regard de la matrice du troisième doigt de la main droite, à l’origine d’une déformation de la tablette unguéale (figure).

Le pseudokyste articulaire mucoïde du doigt est une lésion isolée et peu fréquente. Il survient le plus souvent chez les femmes à un âge moyen de 60 ans. Dans 75 % des cas, son origine est articulaire (arthrose de l’articulation interphalangienne distale). En général, il se situe sur le repli proximal des doigts (notamment des trois premiers) et des orteils. 

Cliniquement, il excède rarement les 20 mm de diamètre et peut prendre plusieurs formes : ombiliquée, bombée, voire plane dans certains cas. La surface de cette tuméfaction est généralement translucide du fait de l’amincissement de la peau à ce niveau. Le pseudokyste mucoïde est asymptomatique mais la tablette unguéale peut se déformer sous sa pression. Parfois, il peut se fistuliser et engendrer une infection secondaire.  

Le diagnostic est le plus souvent clinique. En cas de doute, il est toutefois possible d’effectuer un examen anatomopathologique mettant en évidence une capsule fibreuse aux limites mal définies. Du matériel myxomateux et fibroblastique au sein de cavités kystiques peut être retrouvé. Sur le plan macroscopique, le contenu de ces cavités prend l’aspect d’une masse gélatineuse. 

La prise en charge n’est pas codifiée. Dans la majorité des cas, les spécialistes recommandent l’abstention thérapeutique. Cependant, l’excision chirurgicale est possible en cas de gêne physique ou esthétique ; elle doit être large tout en veillant à préserver l’extenseur du doigt. Après excision, les récidives concernent moins de 5 % des cas. 

Pour en savoir plus
Descamps T, Perier-Muzet M, Thomas L, Dalle S. Pseudo-kyste mucoïde. Ann Dermatol Venereol 2018;145(5):385-6.
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La Revue du Praticien Médecine Générale

Accroissement gingival sur mauvaise hygiène buccodentaire

Gabriel, 3 ans, se plaint de douleurs au niveau des gencives depuis quelques jours.
L’examen clinique révèle une hypertrophie gingivale (figure, flèches vertes) et une incisive partiellement cassée (figure, flèche bleue).
À l’interrogatoire, la mère explique que cette anomalie est apparue il y a quelques mois. Elle révèle également que son enfant refuse les soins dentaires.

L’accroissement gingival d’origine buccodentaire est une pathologie fréquente. Elle est le plus souvent due à une mauvaise hygiène buccodentaire, pouvant induire ou potentialiser ce phénomène. 

Cliniquement, on objective une plaque dentaire correspondant à l’accumulation de bactéries au niveau du sillon gingival et de la surface coronaire des dents. À cet endroit, une gingivite érythémateuse est mise en évidence, localisée le plus souvent sur une seule partie – celle où le tartre s’accumule. En l’absence de prise en charge, une hypertrophie gingivale se développe, avec inflammation. Un saignement au contact peut survenir. Le patient consulte alors pour des douleurs dentaires ou des paresthésies. Dans certains cas, il est possible d’objectiver une majoration des fibres de collagène gingivales ; dans ce contexte, il est fondamental de rechercher une pathologie odontologique (carie, kyste ou granulome) mais aussi une parodontite.

La prise en charge repose le plus souvent sur le respect des règles d’hygiène buccodentaire avec brossage pluriquotidien des dents. Une consultation chez un chirurgien-dentiste est nécessaire pour rechercher un facteur favorisant (malposition dentaire pouvant aggraver la pathologie gingivale, par exemple) et traiter les pathologies odontologiques associées. Il est possible, surtout chez les adultes peu observants, d’effectuer une gingivectomie dès lors que les lésions deviennent chroniques. 

Pour en savoir plus
Couly G. Atlas des pathologies oro-maxillo-faciales de l’enfant, du fœtus à l’adolescent. Éd. Arnette, 2013. 
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