Diapneusie

Jeanne, 32 ans, consulte pour une formation nodulaire de couleur chair apparue sur la face interne de l’une de ses joues (figure).
Indolore, cette lésion lui procure toutefois une gêne lors des mouvements de langue.

La diapneusie est une lésion fréquente secondaire à une prolifération fibro-épithéliale. Le nom de cette pathologie serait lié à son mode de développement : aspiration de la muqueuse à travers un orifice. Son apparition peut être favorisée par le port d’une prothèse dentaire mal adaptée, une malposition dentaire, une succion excessive avec importante pression, une perte de dent en regard.

Cliniquement, il s’agit d’un nodule de couleur chair, parfois de couleur blanche, sessile ou pédiculé de 1 à 2 cm de diamètre. Cette formation indolore est le plus souvent souple, et sa surface prend le même aspect que la muqueuse sous-jacente. Cependant, dans certains cas, une ulcération secondaire aux traumatismes itératifs et/ou une hyperkératose réactionnelle est possible.

Sur le plan histologique sont mises en évidence des plages de collagène dépourvues de vascularisation dans lesquelles sont enchâssées des fibres musculaires en disposition anarchique. La surface est composée d’un épithélium malpighien kératinisé avec une réaction inflammatoire marquée.

La prise en charge consiste en une exérèse chirurgicale totale au bistouri électrique. 

Pour en savoir plus
Samson J, Fricain JC. Essentiel. Lésions de la muqueuse buccale. Diagnostic différentiel. Ed. Information dentaire ; 2023.
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Onychogryphose

Maurice, 63 ans, sans domicile fixe, est vu en consultation car il a des difficultés à se chausser du fait d’ongles très longs et épaissis (figure).

L’onychogryphose correspond à une hypertrophie de la tablette unguéale, fréquente chez la personne âgée, souvent la conséquence d’une négligence dans le soin des ongles. Néanmoins, d’autres causes sont possibles :

  • pression excessive s’exerçant sur les orteils (port de chaussures trop compressives) ;
  • malformations du pied favorisant cette hypertrophie (exemple de l’hallux valgus) ;
  • anomalies vasculaires ou neurologiques localisées au niveau du pied (exemple du pied de Charcot de la personne diabétique).

Cliniquement, l’ongle prend l’aspect d’une coquille d’huître (lame unguéale épaissie et striations transversales) : c’est l’onychorrhexie. La tablette est épaisse, de couleur brune plus ou moins claire. Le plus souvent, cette hypertrophie se concentre sur le premier orteil.

Le traitement repose sur la coupe des ongles par un professionnel dans les cas les moins sévères, à titre aussi bien préventif que curatif. Dans les atteintes plus évoluées, une avulsion unguéale mécanique ou chimique (préparations à base d’urée ou d’acide salicylique) peut être proposée. 

Pour en savoir plus
Scher RK, Daniel CR. Onychologie. Diagnostic. Traitement. Chirurgie. Éd. Elsevier 2007. 
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