Endométriose du périnée

Une femme multipare de 32 ans consulte en raison d’une masse douloureuse située au niveau du périnée. L’examen clinique révèle une tuméfaction bleutée située le long d’une cicatrice d’épisiotomie (fig. 1).

La localisation anopérinéale est une atteinte rare de l’endométriose. Elle se définit par la présence de foyers ectopiques de muqueuse endométriale, fonctionnelle ou non, au niveau de l’anus et du périnée. Elle survient chez la femme en période d’activité génitale. Elle s’explique par une implantation de cellules endométriales viables dans une plaie du périnée.

Sur le plan clinique, elle se manifeste typiquement par des douleurs, une tuméfaction et/ou des saignements périnéaux rythmés par le cycle menstruel. À l’examen, elle se présente sous la forme d’un ou plusieurs nodules sous-cutanés et/ou sous-muqueux, de couleur bleue, de consistance dure, en général situés au niveau d’une cicatrice d’épisiotomie et/ou d’une déchirure obstétricale, et pouvant s’étendre à la vulve et au vagin, voire à la cloison ano-recto-vaginale. La taille est maximale en période menstruelle. En cas de doute, il est nécessaire de réexaminer les patientes à ce moment du cycle. 

Les principaux diagnostics différentiels sont le mélanome malin et diverses tumeurs anopérinéales à présentation atypique, plus rarement la thrombose hémorroïdaire externe.

L’IRM pelvipérinéale permet d’étayer le diagnostic (taille et rapports anatomiques) et de repérer d'éventuels implants endométriosiques à distance. Mais le diagnostic formel repose sur l’histologie (fig. 2). 

Le traitement est fonction de la gêne et de l’extension. Il repose notamment sur les analogues de la GnRH, les progestatifs, les œstroprogrestatifs et/ou l’exérèse chirurgicale. 

Pour en savoir plus
Odobasic A, Pasic A, Iljazovic-Latifagic E, et al. Perineal endometriosis: A case report and review of the literature. Tech Coloproctol 2010;14 Suppl 1:S25-7.
Li J, Shi Y, Zhou C, et al. Diagnosis and treatment of perineal endometriosis: Review of 17 cases. Arch Gynecol Obstet 2015;292:1295-9.
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Pityriasis rosé de Gibert

Un militaire de 24 ans est vu en consultation avant un départ en mission. Il s’agit de la visite réglementaire à effectuer dans le mois précédant un départ en opération extérieure,1 qui permet de rechercher d’éventuelles contre-indications au départ, de réaliser les vaccinations nécessaires et de délivrer des informations sanitaires sur la zone de mission.
Une éruption cutanée est constatée par l’infirmier. Il est alors orienté vers le médecin avant toute réalisation de vaccin.
Ce patient n’a ni allergie ni antécédent personnel particulier. Il ne prend aucun traitement. Sur le plan familial, on relève une maladie de Crohn chez son père ainsi qu’un psoriasis chez son frère. Il a récemment effectué un  voyage au Japon durant lequel il allègue une exposition sexuelle à risque.
Cliniquement, une éruption maculo-papuleuse centimétrique est mise en évidence au niveau des deux membres inférieurs. Elle évolue depuis un mois, et est apparue à la suite d’un exercice de six jours dans un camp militaire en Moselle. Sa progression a été ascendante, de manière symétrique, jusqu’au torse. Les lésions, non prurigineuses, sont légèrement squameuses. Aucun épisode infectieux n’a précédé l’éruption. Le patient est apyrétique et ne montre ni manifestation extracutanée, ni perte de poids, ni atteinte muqueuse ou adénopathie.
Une précédente consultation avait abouti à un traitement par kétoconazole gel en récipient unidose, sans amélioration de la symptomatologie. 
Compte tenu du tableau clinique, des éléments anamnestiques (exposition sexuelle à risque) et des antécédents familiaux (maladie de Crohn et psoriasis), le bilan biologique suivant est prescrit : hémogramme, ionogramme, urée, créatininémie, CRP, bilan hépatique, TSH, électrophorèse des protéines sériques, antigène p24, sérologies hépatites A, B, C, E, VIH 1 et 2, EBV, CMV, parvovirus B19, toxoplasmose, syphilis.2  Celui-ci ne met en évidence aucun syndrome inflammatoire biologique, de séropositivité VIH ou de séroconversion récente à EBV, syphilis ou hépatite virale. Le diagnostic de pityriasis rosé de Gibert3 est posé.

Le pityriasis rosé de Gibert est une dermatose bénigne de cause inconnue, souvent associée à une infection virale (herpèsvirus 6 et 7). Il touche principalement les jeunes adultes et se manifeste par une éruption cutanée érythémato-squameuse4 centimétrique évoluant en plusieurs phases. La maladie dure six à huit semaines, généralement sans autre symptôme, bien que des démangeaisons puissent survenir. Un traitement est rarement nécessaire, la guérison est spontanée.

Chez ce patient, les lésions ont ainsi été résolutives en quelques jours. Les vaccins initialement prévus ont pu être réalisés trois semaines plus tard, permettant un départ en mission. 

Références 
1. Décret n° 2023-736 du 8 août 2023 relatif aux compétences vaccinales des infirmiers, des pharmaciens d’officine, des infirmiers et des pharmaciens exerçant au sein des pharmacies à usage intérieur, des professionnels de santé exerçant au sein des laboratoires de biologie médicale et des étudiants en troisième cycle des études pharmaceutiques. 
2. Timsit FJ, Janier M, Vernay-Vaisse C, et al. Primary HIV infection. Ann Dermatol Venereol 2016;143(11):749-51. 
3. Villalon-Gomez JM. Pityriasis Rosea: Diagnosis and Treatment. Am Fam Physician 2018;97(1):38-44.
4. Urbina F, Das A, Sudy E. Clinical variants of pityriasis rosea. World J Clin Cases 2017;5(6):203-11. 
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