Allergie aux acrylates des électrodes d’électrocardiogramme

Allergie aux acrylates des électrodes d’électrocardiogramme
Jérôme, 65 ans, diabétique bien équilibré, consulte suite à l’apparition de lésions érythémateuses et prurigineuses au niveau du thorax (figure). L’interrogatoire révèle qu’il a bénéficié d’un électrocardiogramme de dépistage la veille pour son suivi  cardiovasculaire.

Les acrylates et les méthacrylates sont des monomères pouvant faire partie de la composition des matières plastiques. Ces substances sont parfois à l’origine de dermites allergiques de contact, notamment chez les personnes qui travaillent dans l’onglerie ou la dentisterie. Les électrodes d’électrocardiogramme (ECG) peuvent aussi contenir des copolymères de polyacrylate. 

Cliniquement, un prurit est objectivé, voire des brûlures. Dans les cas extrêmes, des phlyctènes ou une urticaire sont possibles. Les manifestations cutanées sont centrées sur la zone de contact, mais, dans certains cas, ces substances sont manuportées, donnant des dermites plus étendues. Chez certains patients, les monomères en poudre ont un retentissement au niveau de la sphère ORL (rhinopharyngée) ou respiratoire.

La prise en charge repose sur l’éviction de l’allergène (il existe des électrodes d’ECG pour peaux sensibles, sans acrylates). En parallèle, le recours aux antihistaminiques et dermocorticoïdes peut réduire les manifestations cutanées. 

Pour en savoir plus
Gain M, Le Cam MT, Herve M, et al. Les acrylates et les méthacrylates : allergènes cutanés et respiratoires. Rev Fr Allergol 2018;58(3):233. 
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La Revue du Praticien Médecine Générale

Psoriasis génital

Jeanne, 60 ans, et Ludovic, 37 ans, sont deux patients distincts qui ont consulté pour une dermatose érythématosquameuse localisée aux niveaux génital et axillaire (fig. 1 et 2).
Pour chacun, les lésions évoluaient depuis plus de six mois et étaient peu prurigineuses. Les prélèvements infectieux étaient négatifs, dans les deux cas.

Le psoriasis est une affection cutanée inflammatoire chronique fréquente. Sa prévalence est de 1 à 3 % dans la population mondiale.

Le psoriasis génital peut prendre deux formes : le psoriasis inversé (fig. 1), très fréquent, et le psoriasis des muqueuses (fig. 1 et 2), qui touche près de 60 % des patients.

Cliniquement, le psoriasis génital se caractérise par des plaques peu ou non squameuses, rouges, brillantes, nettement démarquées de la peau saine avoisinante, volontiers fissurées au fond du pli et éventuellement macérées. La localisation sur le gland est plus rare et se caractérise par des papules-plaques érythémateuses, parfois légèrement squameuses.

Le diagnostic est clinique. Cependant, en cas de doute, une biopsie cutanée permet de le confirmer. Un examen cutané et unguéal rigoureux ainsi qu’une recherche d’arthralgies inflammatoires sont à réaliser.

Le traitement de première ligne des formes légères à modérées reste les dermocorticoïdes seuls ou associés à la vitamine D (calcipotriol-bétaméthasone). La durée maximale d’utilisation recommandée des dermocorticoïdes est d’environ quatre semaines. Dans les formes modérées à sévères, un traitement systémique (méthotrexate, ciclosporine, biothérapie…) peut être proposé ; il s’agit de traitements suspensifs nécessitant un suivi régulier en dermatologie. 

Pour en savoir plus 
Hong JJ, Mosca ML, Hadeler EK, et al. Genital and inverse/intertriginous Psoriasis : An update review of therapies and recommendations for practical management. Dermatol Ther 2021;11:833-44.
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