Mme V., 39 ans, consulte aux urgences pour vomissements incoercibles.
Elle a pour principal antécédent un cancer épidermoïde du col de l’utérus traité par radio-chimiothérapie en 2024, en surveillance actuellement. Elle n’a pas d’antécédents chirurgicaux ni d’allergie médicamenteuse connue.
Son traitement actuel comprend du macrogol (2 sachets le matin) et du paracétamol (1 000 mg si douleurs).
Mme V. travaille en tant que secrétaire. Elle est divorcée, vit avec sa fille de 8 ans, et n’a pas d’intoxication éthylo-tabagique.
Elle décrit une constipation inhabituelle depuis six mois, ainsi qu’un passage aux urgences il y a trois mois pour des douleurs abdominales hypogastriques. Les explorations réalisées ont montré un syndrome inflammatoire biologique sans documentation bactériologique (hémocultures, examen cytobactériologique des urines [ECBU] et PCR [polymare chain reaction] respiratoire négatifs) et un scanner abdomino-pelvien normal. L’évolution a été favorable sous traitement antibiotique probabiliste, sans récidive.
Elle revient ce jour pour des vomissements multiples depuis vingt-quatre heures, associés à des douleurs abdominales diffuses cotées à 9/10. Il y a une intolérance alimentaire complète avec échec de prise de paracétamol per os.
Ses constantes sont : pression artérielle (PA) = 128/94 mmHg ; fréquence cardiaque (FC) = 118/min ; température (T°) : 38 °C ; fréquence respiratoire (FR) = 22/min, saturation en oxygène = 98 % ; glycémie = 1,58 g/L.
Elle est nauséeuse. Vous remarquez un liquide marron malodorant dans le haricot. L’abdomen est distendu, tympanique, douloureux de manière diffuse à la palpation avec défense en fosse iliaque gauche. Elle a eu une selle moulée il y a six heures. Il n’y a pas de signe fonctionnel urinaire. Elle n’a pas constaté de baisse d’appétit ni de perte de poids les semaines précédentes.
Les résultats du bilan biologique sont : hémoglobine = 14,5 g/dL ; leucocytes = 14 G/L ; plaquettes = 460 G/L ; sodium = 143 mmol/L ; potassium = 2,9 mmol/L ; urée = 4,3 mmol/L ; créatinine = 115 µmol/L ; protéine C réactive = 52 mg/L ; aspartate aminotransférase (ASAT) = 31 UI/L ; alanine aminotransférase (ALAT) = 12 UI/L ; phosphatases alcalines = 92 UI/L ; gamma GT = 36 UI/L ; bilirubine totale = 9 µmol/L ; lipase = 50 UI/L, taux de prothrombine (TP) = 92 % ; temps de céphaline activée (TCA) = 1,12.
Elle a pour principal antécédent un cancer épidermoïde du col de l’utérus traité par radio-chimiothérapie en 2024, en surveillance actuellement. Elle n’a pas d’antécédents chirurgicaux ni d’allergie médicamenteuse connue.
Son traitement actuel comprend du macrogol (2 sachets le matin) et du paracétamol (1 000 mg si douleurs).
Mme V. travaille en tant que secrétaire. Elle est divorcée, vit avec sa fille de 8 ans, et n’a pas d’intoxication éthylo-tabagique.
Elle décrit une constipation inhabituelle depuis six mois, ainsi qu’un passage aux urgences il y a trois mois pour des douleurs abdominales hypogastriques. Les explorations réalisées ont montré un syndrome inflammatoire biologique sans documentation bactériologique (hémocultures, examen cytobactériologique des urines [ECBU] et PCR [polymare chain reaction] respiratoire négatifs) et un scanner abdomino-pelvien normal. L’évolution a été favorable sous traitement antibiotique probabiliste, sans récidive.
Elle revient ce jour pour des vomissements multiples depuis vingt-quatre heures, associés à des douleurs abdominales diffuses cotées à 9/10. Il y a une intolérance alimentaire complète avec échec de prise de paracétamol per os.
Ses constantes sont : pression artérielle (PA) = 128/94 mmHg ; fréquence cardiaque (FC) = 118/min ; température (T°) : 38 °C ; fréquence respiratoire (FR) = 22/min, saturation en oxygène = 98 % ; glycémie = 1,58 g/L.
Elle est nauséeuse. Vous remarquez un liquide marron malodorant dans le haricot. L’abdomen est distendu, tympanique, douloureux de manière diffuse à la palpation avec défense en fosse iliaque gauche. Elle a eu une selle moulée il y a six heures. Il n’y a pas de signe fonctionnel urinaire. Elle n’a pas constaté de baisse d’appétit ni de perte de poids les semaines précédentes.
Les résultats du bilan biologique sont : hémoglobine = 14,5 g/dL ; leucocytes = 14 G/L ; plaquettes = 460 G/L ; sodium = 143 mmol/L ; potassium = 2,9 mmol/L ; urée = 4,3 mmol/L ; créatinine = 115 µmol/L ; protéine C réactive = 52 mg/L ; aspartate aminotransférase (ASAT) = 31 UI/L ; alanine aminotransférase (ALAT) = 12 UI/L ; phosphatases alcalines = 92 UI/L ; gamma GT = 36 UI/L ; bilirubine totale = 9 µmol/L ; lipase = 50 UI/L, taux de prothrombine (TP) = 92 % ; temps de céphaline activée (TCA) = 1,12.
Question 1 - Quelle est l’hypothèse diagnostique la plus probable ?
La défense en fosse iliaque gauche et le syndrome de réponse inflammatoire systémique (SIRS) peuvent orienter vers une diverticulite sigmoïdienne abcédée, mais les symptômes sont habituellement plus progressifs.
La défense en fosse iliaque gauche et le SIRS chez cette patiente ayant eu un épisode récent compatible avec une infection gynécologique peut orienter vers un abcès gynécologique, mais les symptômes sont habituellement plus progressifs.
Les vomissements d’apparition brutale, sans arrêt des matières, sont compatibles avec un obstacle mécanique de l’intestin grêle.
Une occlusion basse se manifeste généralement par un arrêt des matières précoce et des vomissements tardifs.
Il s’agit d’une occlusion fonctionnelle réactionnelle (chirurgie abdominale récente, processus infectieux/inflammatoire intra-abdominal...). Les symptômes sont généralement d’apparition progressive.





– constipation inhabituelle depuis six mois : signe d’alarme devant faire rechercher une obstruction digestive ;
– épisode de douleurs hypogastriques avec syndrome inflammatoire sans documentation bactériologique, sans anomalie scanographique d’évolution favorable sous antibiotique : tableau compatible avec une infection gynécologique. Le scanner n’est pas l’examen de choix pour l’exploration de l’appareil génital féminin, pour lequel l’échographie endovaginale ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM) sont privilégiés ;
– vomissements d’allure fécaloïde : syndrome occlusif jusqu’à preuve du contraire. La selle récente n’exclut pas le diagnostic, surtout s’il s’agit d’un obstacle haut où la symptomatologie sera marquée par des vomissements précoces et un arrêt des matières tardif. La persistance du transit est liée à l’évacuation du segment digestif en aval de l’occlusion ;
– fébricule, tachycardie, polypnée, syndrome inflammatoire biologique : ce sont des critères de SIRS qui peuvent orienter vers un sepsis, mais qui sont, dans le contexte, en lien avec une ischémie ou une translocation bactérienne ;
– défense en fosse iliaque gauche : signe d’irritation péritonéale, liée soit à une atteinte directe (péritonite localisée), soit en réaction à une atteinte d’un organe contigu du péritoine (comme le côlon sigmoïde ou l’ovaire gauche en fosse iliaque gauche).
Pour rappel, l’occlusion mécanique haute correspond à un obstacle de l’intestin grêle et l’occlusion basse à un obstacle colorectal.