Vous recevez une patiente de 70 ans en plein creux de l’hiver pour renouveler son traitement antihypertenseur. Vous remarquez l’aspect de ses mains. Elle vous dit que c’est habituel et que cela est dû à sa station dehors dans le froid.
Quel est votre diagnostic ?
Il s’agit d’un acrosyndrome appelé phénomène de Raynaud, vu à la phase rouge et hyperhémique de réchauffement. Ce phénomène touche environ une personne sur six en population générale ; il peut être isolé et bénin (on parle de « maladie de Raynaud »), ou bien révéler une pathologie vasculaire locale ou générale (« syndrome de Raynaud »). Les explorations ne sont pas systématiques lorsque les conditions suivantes sont réunies : survenue à l’adolescence (ou du moins avant l’âge de 40 ans) ; pouces épargnés ; répartition symétrique aux deux mains ; pas de phénomène ischémique local ; accalmie l’été ; examen clinique général normal ; phénomène isolé sur le plan sémiologique.
Par la Dr Jeanne De la Rochefoucauld, service de médecine interne, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.
Par la Dr Jeanne De la Rochefoucauld, service de médecine interne, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris.